Yohann Pelé, le Phénix

08
mai
2018

Auteur :

Catégorie : Ligue 1

Pele-OM-gardiens

Quand on évoque le nom de Pelé dans le monde du football, on pense plutôt à un joueur trapu au maillot auriverde floqué du numéro 10, à des accélérations surpuissantes, des dribbles déroutants ou des frappes en lucarne.

En France, cependant, depuis une dizaine d’années, celui qui s’illustre avec ce patronyme est plutôt un grand échalas aux bras immenses qui déploie son presque double mètre pour aller chercher un ballon qui prenait la direction des filets.

Yohann Pelé, puisqu’il s’agit de lui, après avoir été le héros de la ½ finale de ligue Europa contre Salzbourg se retrouve, avec le retour de Mandanda, sur le banc de touche de l’OM, sans mot dire. Une discrétion qui aura été le leitmotiv d’une carrière que l’Albatros a su relancer après avoir failli raccrocher les gants, tel le Phénix, oiseau légendaire capable de renaître éternellement.

Juin 2010, Yohann Pelé, 27 ans à l’époque, voit son avenir s’assombrir avec une phlébite (caillot circulant dans le sang et qui va obstruer une veine) qui se déclare. 3 mois plus tard, alors que le toulousain avait repris la compétition (match de coupe de la ligue contre Boulogne), il apprend que le caillot menace à présent ses poumons, le diagnostic est sans appel : embolie pulmonaire.

4 ans de galères

A ce stade, le ciel semble s’effondrer sur le natif de Brou-sur-Chantereine, qui non seulement doit faire une croix sur la saison en cours, mais se pose également la question d’une guérison complète et de son avenir (« Si je dois m’arrêter, je serai forcément déçu parce que je ne pourrai plus faire ce que j’aime. En même temps, je dois d’abord penser à ma santé. Je ne suis pas fataliste » déclare t-il alors à l’Equipe).

Ce qu’il ne sait pas encore c’est que le chemin sera semé d’embuches et pas uniquement sur le plan médical. En effet, une fois guéri et déclaré apte, en 2012, le Téfécé refuse de lui signer sa licence et lui conseille de repartir dans sa région d’île-de-France, il faut dire qu’après avoir été pris en charge par les assurances et la sécurité sociale, les toulousains devaient s’acquitter du salaire de son joueur désormais valide…

Les relations avec le club garonnais n’allaient pas s’arranger puisque qu’après un imbroglio juridico-médical (le docteur de la sécu est revenu sur l’aptitude à rejouer en pro de l’ex-manceau sur la foi des recommandations de son confrère….en poste au TFC !), les dirigeants de la ville rose ne décident de rompre le contrat qu’en Avril 2012 (Pelé obtiendra gain de cause aux prud’hommes pour licenciement abusif et 1,425 M€ de dommages et intérêts à la clé).

Malgré tout l’Albatros devra encore attendre pour pouvoir jouer, il est certes recueilli par Dijon pour s’entraîner et retrouver quelques sensations en Janvier 2013 mais rien n’indique encore que sa carrière repartira un jour, les mois sans compétition s’enchaînent et en Juin, 3 ans après sa phlébite, Yohann est même sans contrat professionnel.

L’embellie après l’embolie

Loin d’abdiquer («Il avait un principe : il considérait que ce n’était pas à un autre de dire que sa carrière devait s’arrêter mais plutôt à lui de le décider, explique Jean-Jacques Bertrand, son avocat), Pelé finit par retrouva les terrains en Janvier 2014, sous le maillot du FC Sochaux-Montbeliard, qui jugea que, dernier de ligue 1 détaché, le risque était mesuré.

Aligné 9 jours après sa signature et 1227 jours après son dernier match en pro, le néo-sochalien perdit pour son retour (2-0), mais apprécia ce come-back à sa juste mesure (« je suis quand même content de revenir. J’étais un peu perdu sur les ballons aériens au début, mais c’est revenu au fur et à mesure.”).

En dépit de la descente en ligue 2, les joueurs d’Hervé Renard réalisèrent une remontée étonnante, seulement 2 points les éloignaient du maintien au final après avoir compté 8 unités de retard sur le 19ème en Février, et leur dernier rempart n’y était pas étranger.

Reconnaissant, Yohann Pelé accompagna son nouveau club en ligue 2, fut nominé pour le trophée UNFP de meilleur gardien, mais les sochaliens échouèrent dans la course à la montée. A l’inter-saison la collaboration prit fin entre les deux partis (un an avant la fin du contrat) et la famille Pelé fit à nouveau ses valises, direction le Sud pour devenir le numéro 2 derrière Mandanda à L’OM, d’après les précieux conseils de Stéphane Cassard, l’entraineur des gardiens olympiens.

La suite, on la connaît, la découverte d’un club en perdition, une première saison à cirer le banc (4 matches joués), avant de récupérer le poste de titulaire la saison suivante après le départ du « Fénomeno « à Crystal Palace. Quelques hésitations marquèrent ses premières rencontres (un but casquette synonyme de défaite à Nice), mais l’Albatros retrouva ses ailes de géant après la trêve hivernale pour offrir des prestations de grande qualité, les “clean sheets” (matches sans but encaissé) se succédant, qui permirent aux marseillais du président Eyraud et du nouveau coach Rudi Garcia de finir à la 5ème place.

Le jour de Gloire, enfin !

Avec le retour de Mandanda dans son « club » à l’été 2017, on se dit que Pelé allait tranquillement, à 35 ans, terminer sa carrière au soleil, mais la blessure de l’international survenue à Dijon début Avril propulsa l’inusable « grand » au premier plan pour quelques matches.

Des débuts difficiles à Leipzig, une passivité coupable sur le but de Werner (défaite 1-0) et des commentaires acerbes le lendemain lui reprochant sa (prétendue) lenteur et son jeu au pied défaillant, certains prédisant même la titularisation du gardien numéro 3 pour les matches suivants. Mais, en interne, chacun lui a apporté le réconfort dont il avait besoin et dès le déplacement à Montpellier, une nouvelle “clean sheet” vint ramener plus de sérénité.

En 8 matches consécutifs le bilan est nettement positif sur l’apport du francilien, en championnat 2 victoires et 2 nuls, et en ligue Europa une qualification pour la finale à l’issue d’une partie héroïque disputée à Salzbourg où la défaite (1-2) sonne comme une victoire de l’Albatros, auteur de parades décisives dont cet arrêt sur sa ligne en fin de prolongation.

Cette finale, il risque de la suivre du banc de touche, tout comme la fin du championnat, mais au moment du bilan tout le monde saura quelle importance aura pris l’intérim assuré par celui dont les performances étonnent même son entraineur-formateur au Mans, Olivier Pedemas.

Auteur : Gilmon

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Ligue 1

Plus dans Ligue 1
Benjamin_Nivet
Benjamin Nivet, la quarantaine rugissante

Auteur du 2ème but troyen face à Caen (3-1) qui permettra peut-être à l’ESTAC de se maintenir, Benjamin Nivet, l’un...

psg-om-2006
Il était une fois, la finale PSG-OM 2006

Il y a 12 ans jour pour jour, le PSG a remporté sa 7ème Coupe de France en battant l’OM...

om-el
La fin de saison rêvée de l’OM

Samedi 28 avril, 35ème journée de L1. Lyon reçoit Nantes avant que l’OM ne se déplace à Angers le lendemain. Forts...

Fermer