#WomenInFIFA : la pétition d’Athlete Ally

25
novembre
2015

Auteur :

Catégorie : Football féminin

Athlele Ally est une organisation américaine à but non lucratif qui lutte contre l'homophobie et la transphobie dans le sport. #WomenInFIFA

Athlele Ally est une organisation américaine à but non lucratif qui lutte contre l’homophobie et la transphobie dans le sport. Athlete Ally a été fondée en 2011 par le coach de lutte Hudson Taylor. En novembre, l’organisation a lancé une pétition exigeant de la FIFA la réforme de son comité exécutif en faveur d’un plus grand nombre de femmes dans les prises de décision. 

En bref

Les signataires demandent à la FIFA d’ouvrir davantage son Comité Exécutif aux femmes afin d’optimiser les prises de décision et de développer le football féminin à tous les niveaux, que ce soit dans les organes de décision ou dans les clubs. 30% de femmes au Com-Exet une répartition des ressources financières juste, ce sont les solutions proposées, avec l’espoir de voir un jour la parité s’installer dans toutes les instances de la FIFA. Il est intéressant de noter que la Commission des Réformes interpellée dans cette pétition ne compte dans ses rangs qu’une femme (pour 13 membres au total) en la personne de Sarai Bareman.

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Athlele Ally est une organisation américaine à but non lucratif qui lutte contre l'homophobie et la transphobie dans le sport. #WomenInFIFA

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#WomenInFIFA : la pétition

Chère Commission des Réformes de la FIFA,

Nous, soussignés, en appelons à la Commission des Réformes de la FIFA pour réparer le tort institutionnel que représentent la sous-représentation et le manque de présence des femmes dans le football.

En 111 ans d’existence, la femmes sont toujours largement sous-représentées à tous les niveaux du sport le plus apprécié au monde. Même si la FIFA proscrit la discrimination fondée sur le sexe et est une récente signataire de la déclaration de Brighton-Helsinki, seuls 3 des 26 membres du Comité exécutif de la FIFA sont des femmes. Seuls 2 des 209 présidents des associations de membres sont des femmes, et les femmes représentent moins de 1% des votants au congrès de la FIFA. Ça n’est pas du Fair Play.

Nous demandons ainsi respectueusement à la Commission des Réformes de recommander un taux immédiat de 30% de femmes au Comité exécutif de la FIFA, taux qui devrait aussi être appliqué à tous les niveaux du sport dans un laps de temps raisonnable. Il n’est pas seulement question de ce qui est bien ou mal, il s’agit aussi de faire ce qu’il y a de mieux pour ce sport qui a cruellement besoin d’être réformé.

De nombreuses études ont montré que la diversité engendre de meilleures décisions : les organisation paritaires fournissent de meilleures performances et les fraudes en leur sein se révèlent être d’ampleur et de fréquence moindres. Mais pour atteindre ces objectifs, la masse critique est nécessaire. Les partisans de la parité des conseils d’administration recommandent l’inclusion d’au moins 30% de femmes, et une fois cet équilibre atteint, la culture change. À 30%, les femmes cessent d’être perçues comme un groupe d’intérêt spécial et sont comme “normalisées” dans le courant général. Il n’est pas étonnant que tant de gouvernements visent les 30% de femmes ou plus. La France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas en font partie.

En outre, aujourd’hui encore, de nombreuses filles grandissent sans avoir l’opportunité de goûter au plaisir de jouer. L’insuffisance des ressources renforce l’idée que le football est un sport d’hommes, marginalisant ainsi les femmes et créant un environnement propice aux discriminations. Au symposium 2015 de la FIFA, un sondage a été fait auprès des déléguées de 171 pays. De celles qui ont répondu, 63% disent avoir observé des discriminations fondées sur le sexe, et 43% disent y avoir été confrontées. Enfin, 82% pensent que les discriminations fondées sur le sexe empêchent au foot féminin de développer son potentiel.

Nous demandons respectueusement à la Commission des Réformes de recommander que toutes les parties prenantes dans le football, y compris les corps gouvernants et les clubs, soient tenues de financer des opportunités de participation des femmes et des filles à tous les niveaux, sans discrimination fondée sur le sexe et dans une proportion financière juste vis-à-vis de la participation et du potentiel féminin. Faire face à l’inégalité entre les sexes est un moyen visible et convaincant pour montrer que cette Commission des Réformes, la FIFA et le football sont prêts à agir en leaders et être un vecteur de progrès aux yeux du monde.

Le football ne peut attendre et il ne devrait pas être demandé aux femmes d’attendre plus longtemps. La Commission des Réformes doit entendre cet appel à l’action et travailler à accélérer la participation des femmes en recommandant ces propositions pour une mise en application immédiate.

Sincèrement

Parmi les signataires, on retrouve les grands noms du foot féminin d’hier et d’aujourd’hui auxquels se sont joints des athlètes d’autres disciplines. Aux côtés de Kristine Lilly, d’Abby Wambach, de Michelle Ackers, de Carli Lloyd, d’Alex Morgan ou encore de Caroline Seger (Suède), on retrouve des joueurs de football américain, de hockey, des snowboarders, des nageurs, la Women’s Sports Foundation ou l’Asociación Espanola Jugadoras Fútbol.

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Athlele Ally est une organisation américaine à but non lucratif qui lutte contre l'homophobie et la transphobie dans le sport. #WomenInFIFA

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Moya Dodd en campagne

La voix de la campagne #WomenIn FIFA, c’est Moya Dodd. Ex-internationale, l’Australienne a connu les galères du foot féminin il y a vingt-cinq ans, que ce soit pour les entraînements, les équipements ou les déplacements. Le développement du football féminin passe par la réforme du système de la FIFA pour une meilleure prise en compte des problématiques du sport et l’apport des solutions adéquates. Le quota de femmes et le financement juste permettraient de changer à tous les niveaux le jeu et son organisation.

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“Le jeu sera infusé d’un équilibre des sexes de bas en haut. Ce virage culturel ferait du football le sport féminin n°1, capturant ainsi de nouveaux fans, de nouveaux marchés et l’imagination de millions de petites filles.”

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Son combat pour l’égalité est parvenu jusqu’à la Commission des Réformes. Cette dernière a (plus ou moins) inscrit les propositions de Dodd dans ses recommandations le 20 octobre 2015.

Si aujourd’hui la campagne est lancée, elle doit cependant durer et gagner en importance. Le chemin reste encore long : la Commission des réformes emmenée par le Suisse François Carrard présentera ses propositions au Comité Exécutif en décembre, et le 26 février prochain, le Congrès électoral extraordinaire de la FIFA se prononcera sur les propositions de la CdR.

Mais quand le rapport de la Commission des Réformes parle d’une “plus grande reconnaissance du rôle et de la promotion des femmes dans le football“, on a quand même envie de se demander si la reconnaissance sera accompagnée d’une véritable prise de décision.

Auteur : Julia Tefit

Tombée dans le foot féminin grâce à la NWSL, je suis avec attention l'équipe de France féminine et l'USWNT.

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