Vincenzo Ciuro (Belgacom 11) : “Marc Wilmots est l’homme le plus populaire de Belgique en ce moment”

21
octobre
2013

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Catégorie : Interview

BELGACOM 11 / PRESS CONFERENCE

L’enthousiasme qui règne en Belgique autour des Diables Rouges est contagieux. L’opérateur privé Belgacom a en effet récupéré les droits de diffusion de la Ligue des Champions & des Espoirs belges. Il a décidé d’en faire des produits phares de ses chaînes de foot, Belgacom 11 et Belgacom 11+.Vincenzo Ciuro, journaliste de la chaîne a accepté de répondre aux questions d’Au Premier Poteau. Véritable exclusivité transnationale.

“La saison dernière a été riche sur Belgacom 11 et 11 +.

Elle a été très riche, on a eu un paquet de matches ! Je les ai comptés pour tout dire, et entre  le 1er août 2012 et le 7 juin 2013, j’en ai commenté personnellement 107. Entre la Liga espagnole, la Champions League, la Pro League, la Belgacom League… On a eu droit à plein de belles rencontres, et de beaux buts. Très belle saison.

En parlant de C1, C’est un peu un retour aux « sources » pour toi : tu faisais les résumés de Ligue des Champions sur Club RTL, en 2005…

// //

Cela reste une découverte quand même, car je débutais ma carrière et c’était en cabine. C’était plutôt un premier contact avec le métier. Là avec 11, cela a une autre envergure : je commente des affiches sur place, ou alors je présente en plateau avec d’excellents consultants. Tu vis de très grandes émotions quand tu as l’occasion de découvrir le Camp Nou, Celtic Park, San Siro, Santiago Bernabeu. Pouvoir commenter ces matches et ces joueurs sur site et le faire en cabine, ce sont définitivement deux choses différentes.

Je me souviens qu’il y a presque deux ans, j’ai été très étonné d’apprendre que vous aviez raflé la C1. A partir de quand as-tu été mis au courant que vous alliez y postuler?

En fait, cela s’inscrivait dans une certaine logique, c’était un peu dans l’air du temps. On avait perdu le championnat belge un an auparavant, Belgacom se devait donc de réagir. On nous en a parlé un peu en début de saison, on sentait en quelque sorte que l’offre était en bonne voie. On a dû l’apprendre dix jours avant l’annonce officielle. Par contre, concernant tout ce qui est budget et stratégie de promotion autour de ces droits, nous journalistes nous n’intervenons bien sûr pas. Ce sont des éléments qui sont travaillés et finalisés dans les derniers étages des tours Belgacom.

Tu as déjà une expérience marquante de tes périples de Ligue des Champions ?

Le match Celtic-Barcelone. Déjà c’était une journée très spéciale d’un point de vue personnel. Figure-toi que le matin dans l’avion, je me rends compte que j’ai oublié ma valise avec mon équipement électronique de commentateur à l’aéroport. Et finalement la production m’explique que ma valise a été retrouvée, et qu’in extremis a été trouvé un poste commentateur où je pourrai tout juste brancher mon casque ! Donc j’ai vraiment eu peur de ne pas pouvoir le commenter ! Cela aurait été une grosse frustration… Car c’était un énorme match ! Le Celtic qui s’impose 2-1, avec un but dans les dernières minutes, les chants, le stade qui tremblait… Un moment tout bonnement exceptionnel. Quand Khalilou Fadiga (qui commentait le match avec Vincenzo, ndlr) t’explique qu’il n’avait jamais vécu cela dans sa carrière, tu commences à comprendre que tu as vécu un moment quasiment historique.

Et ton meilleur moment à toi, quand tu t’es dit « j’ai une chance énorme, colossale ».

Les deux-demi finales aller de LDC la saison dernière: la première au Bayern, et l’autre à Dortmund. Vu les ambiances de stade, les résultats assez inattendus, quand je suis rentré chez moi, je me suis dit : « quelle chance d’y avoir été ». C’était assez énorme. Je ne pense pas que je sois prêt de revivre une semaine pareille (rires).

Vincenzo CIURO & Marc DELIRE

En plus bon nombre de vos consultants ont confirmé sur cette compétition : Khalilou Fadiga, Nordin Jbari, Thomas Chatelle et Alexandre Teklak, excellent dans ce rôle.

On a vraiment une belle équipe de consultants, avec chacun sa façon de préparer son match, de le vivre, de le commenter. Les retours qu’on a avec Marc Delire (journaliste Belgacom 11 & responsable éditorial francophone, à droite sur la photo), confirment nos impressions. Si il y a quelques saisons la grosse révélation c’était Nordin Jbari (ancien joueur de l’AS Troyes notamment, ndlr), on peut dire effectivement qu’en 2012-2013 c’était Alexandre Teklak.

Comment se font les répartitions de commentaires de matches?

On décide avec Marc, avec une équipe de journalistes indépendants pour les commentaires : Bernard Bolly, Philippe Bughin, Sébastien Capette, Silvio Gueli, Mathieu Istace, Jérémie Ulens, Olivier Vincent ou encore Quentin Volvert. La présentation revenant plutôt à moi ou Marc Delire. On fait généralement tourner pour permettre à tout le monde de profiter de notre large catalogue de droits.

Tu as définitivement quitté la RTBF, alors que tu cumulais depuis un moment. Tu ne regrettes pas ?

Pas tellement. J’y ai été pigiste pendant sept ans, puis Belgacom m’a proposé un CDI l’année dernière. Avec un rôle important dans la rédaction de 11. J’ai réfléchi, mais comme il n’y avait pas forcément d’ouverture pour un contrat fixe avenue Reyers (ce qui se comprend, vu la conjoncture actuelle), j’ai assez rapidement accepté.

Est-il possible que Belgacom 11 se positionne sur certains lots de l’Europa League détenus par RTL Belgium par exemple ? RTL n’a pas le volume d’antenne nécessaire pour diffuser tous les matches. De plus, tu connais très bien cette compétition, pour l’avoir commentée sur AB3…

Belgacom devrait essayer d’étoffer son offre, la chaîne s’intéresse constamment à de nouveaux droits. Mais je ne pense pas que l’Europa League sera cependant une priorité. En termes financiers, techniques et humains la Champions League est un investissement déjà très lourd et très conséquent.

Et là aussi, grande première en Belgique, vous diffusiez les matches des adversaires des Diables dans les qualifications à la Coupe du Monde.

Vu l’engouement autour de l’équipe nationale à l’heure actuelle, c’était une bonne opportunité pour Belgacom d’en profiter. Les gens avaient bien évidemment un œil là-dessus. C’était tout de même plus intéressant quand les horaires étaient différents de ceux des Diables, mais cela permettait aussi aux chaînes concurrentes de récupérer quelques images (rires).

Vous aviez aussi diffusé le Tournoi de Toulon, malheureusement les Diablotins n’ont pas été à la fête…

Oui, et ce qui reste super, c’est que beaucoup de gens ont regardé quand même, grâce à l’engouement autour des A. Ils ont été assez bons face au Brésil, mais assez malheureusement dépassés par les événements face au Nigéria et le Portugal. Après,  le sélectionneur des Espoirs Belges Johan Walem  a surtout essayé de tester de nouveaux joueurs et de les laisser prendre de l’expérience. On a quand même beaucoup de bons jeunes joueurs : Yannick Ferreira-Carrasco, Massimo Bruno, Dennis Praet, le Lyonnais Théo Defourny … Le public belge a notamment vu Zakaria Bakkali à l’œuvre pour la première fois sur 11+.

BELGACOM 11

Justement, la stratégie à terme de Belgacom c’est quoi ? Se positionner sur les Euros de catégories de jeunes, la Coupe du Monde U-20, la Coupe du monde des Clubs,  des événements moins suivis mais tout aussi porteurs que les compétitions les plus regardées ?

On reste à l’affût de belles choses à diffuser encore une fois. Si les Diablotins vont à l’Euro, pourquoi pas ? Tout est possible. Mais devenir un Eurosport à la belge n’est pas vraiment l’objectif.  Nous sommes une jeune société au niveau de la diffusion de droits, donc nous y allons pas à pas.

J’ai lu dans une interview antérieure que tu détestais les négociations de droits. Le contrat en cours avec la Pro League prend fin en 2013-2014, et on parle d’une arrivée de Fox Sports en Belgique…

C’est vraiment pas une période gaie, je trouve (rires). Tu n’as pas d’impact sur ce qui se passe, ni de pouvoir décisionnel. Tu ne sais pas si ça va bouger, si tu auras assez de boulot. Maintenant que j’ai un confort de travail et de contrat, j’ai plus de recul par rapport à cela. Pour Fox Sports, on verra bien.

Pour finir, un mot sur la qualification de l’équipe nationale A en Coupe du Monde  après douze ans d’attente?

C’est une génération exceptionnelle. Des mecs doués, sympas et qui possèdent l’indispensable envie de se dépasser. En plus, vu qu’ils jouent (presque) tous au plus haut niveau, ils savent ce que cela exige. Ils ont donc la culture de la victoire qui avec. Et puis, il y a Marc Wilmots : the right man at the right place. Sans doute l’homme le plus populaire de Belgique à l’heure actuelle! Pour la Coupe du Monde, s’ils sortent de la phase de poules tout est ouvert.”

Crédit photos : P. Havrenne & Ph. Buissin pour IMAGELLAN

Propos recueillis en exclusivité pour Au Premier Poteau par Bruno AHOYO

Auteur : Bruno Ahoyo

Journaliste. Belge. J'adore le sport, l'histoire, la culture et les médias.

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