Un seul être vous manque et tout est dépeuplé

18
mars
2018

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Catégorie : Ligue 1

Leonardo

Nommé directeur sportif à l’arrivée des Qataris au PSG, Leonardo est la personne idéale pour poser les premières pierres du projet parisien. Sa connaissance du club, son réseau et sa vision globale du projet permettent au club de la capitale de se faire rapidement une place en Europe. Il est la pièce maîtresse du Paris SG et, depuis son départ en 2013, personne n’a su incarner le projet, lui donner un cap et continuer à le faire avancer.

Lorsqu’en 2011, le Qatar rachète le Paris Saint-Germain, le Cheikh Tamim Bin Hamad al-Thani cherche l’homme capable de gérer le club au quotidien. Proposé par Franck Henouda, un agent implanté au Brésil et au Qatar, le nom de Leonardo fait l’unanimité et les propriétaires lui proposent de prendre la présidence du club, selon Henouda. Leonardo préfère être au contact des joueurs et souhaite avoir un qatari à la tête du club. Toujours selon Henouda, c’est Leonardo qui a soumis l’idée de nommer Nasser al-Khelaifi comme président, le brésilien prenant le rôle de directeur sportif.
Son arrivée au PSG reflète parfaitement le travail qu’accomplira Leonardo à Paris. Il connaît parfaitement le milieu du foot, le club et le fonctionnement des grands clubs européens, ce que souhaite devenir le Paris SG. Il est l’homme qui a construit le PSG actuel et semble être le seul capable de comprendre le fonctionnement du club et d’avoir la vision globale nécessaire à l’avancée d’un projet dont l’ambition n’a d’égale que sa fragilité depuis son départ. Son projet ne s’arrêtait d’ailleurs pas au seul PSG mais aussi à tout le football français, souhaitant par exemple rendre les arbitres professionnels, fustigeant le manque de travail des joueurs français ou le niveau des entraîneurs. Les instances du football français lui feront d’ailleurs payer ses critiques au moment de l’affaire de la bousculade de l’arbitre, lui infligeant 9 mois de suspension de toute activité liée au football puis 12 mois en appel, une suspension qui sera par la suite totalement annulée par le Tribunal Arbitral du Sport…

Il a donné une âme à ce PSG

Comme à chaque changement de propriétaire, les supporters ont eu peur de perdre l’âme de leur club, qui plus est dans un projet aussi ambitieux où les stars mondiales ne viendront pas pour l’amour du maillot. Soucieux de conserver une âme au Paris SG, Leonardo créera un organigramme aux accents italiens avec la nomination de Jean-Claude Blanc (ex-Juventus) comme directeur financier et Carlo Ancelotti au poste d’entraîneur. Seulement six mois après l’arrivée de QSI, Paris semble être mieux organisé que jamais avec Nasser président, Leonardo directeur sportif, J-C Blanc directeur financier et Ancelotti entraîneur. Une organisation complémentaire, avec une vision globale et commune, où tout le monde tire dans le même sens et qui permet à Paris d’accéder aux quarts de LdC dès sa première campagne européenne sous QSI.

Profitant du coup de mou du football italien, Leonardo constitue également un effectif made in Calcio, où il va chercher Menez, Pastore, Momo Sissoko, Zlatan, T.Silva, Lavezzi, Cavani, Sirigu, Verratti, Motta ou Marquinhos. Il profite de son réseau en Italie mais aussi auprès des brésiliens pour compléter son effectif avec Alex et Maxwell. Le lien existant entre chacun des nouveaux venus au club permet de donner une âme à ce PSG version qatari. Son réseau lui permet aussi de ne pas manquer les pépites susceptibles de jouer au PSG comme Verratti ou Marquinhos où il avait su devancer la concurrence là où Paris semble aujourd’hui manquer d’idées, pour preuve la difficulté pour les dirigeants actuels de trouver un successeur à Thiago Motta ou un arrière gauche de haut niveau. Sans idées, rien ne sert d’avoir un budget illimité.

Il avait commencé à créer un esprit club

C’est le gros débat actuel, la redondante institution PSG. Si tout n’est pas à refaire à ce niveau et que le fond du problème n’est pas ici, il faut malgré tout reconnaître que le laxisme et la liberté laissée aux joueurs peuvent être un frein pour le club. Que l’on chouchoute ses stars est une chose, qu’on leur cède tout sans la moindre légitimité en est une autre. Le cas Rabiot est à ce niveau un exemple. Comme révélé par Romain Molina, Rabiot a demandé à Nasser de ne plus jouer en six sinon il demandera un transfert. Le n°25 parisien est coutumier de ce genre de caprice surréaliste, mais le plus dérangeant reste le fait que l’on accède à ses demandes. Depuis cela, Rabiot n’a plus joué en sentinelle et c’est Lo Celso qui a donc occupé le poste à Bernabeu, sans broncher, lui. C’est sur ces cas-là que Paris manque aujourd’hui de poigne, ce caprice affaiblissant sportivement et directement le club. Si Nasser ne devrait pas accéder à ces caprices, Antero Henrique et Unai Emery ne devraient pas permettre aux joueurs de se comporter ainsi. Sous Leonardo, le PSG possédait le directeur sportif ayant le tempérament suffisant pour savoir remettre en place quiconque, comme, lorsque le soir du premier titre de champion remporté sous QSI, Zlatan, appelé au contrôle antidopage et énervé de ne pas participer à la fête, avait jeté un froid dans le vestiaire en s’énervant contre à peu près tout le monde, Leonardo l’avait alors immédiatement repris, devant les caméras et tout le vestiaire, en lui demandant de se taire et d’arrêter de gâcher la fête.
Leonardo était également un grand communicant, connaissant bon nombre de journalistes et s’attirant la sympathie de tous afin de gérer au mieux les petites crises passagères. Bien loin du mutisme actuel d’Antero Henrique et des stratégies de communication calamiteuses de Jean-Martial Ribes (directeur de la communication du PSG), il passait après chaque match en zone mixte et accordait régulièrement des interviews avec plusieurs journalistes, qu’il prenait soin de bien choisir au préalable.

Ancien du club, grand connaisseur du football, bon communicant, une image correspondant parfaitement à celle de Paris et une vision globale du projet, Leonardo a été, est et sera toujours le directeur sportif rêvé au Paris Saint-Germain. Aujourd’hui, plus personne dans le secteur sportif ne semble incarner le projet comme il le faisait, Laurent Blanc parvenant, malgré tout, à cacher les limites du club depuis son départ. Arrivé l’été dernier au club, c’est à Antero Henrique et/ou au futur entraîneur d’incarner le futur du Paris SG. La prochaine intersaison nous dira s’il est capable, ou pas, de faire oublier Leo…

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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