Un football en manque d’identité

04
mars
2017

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Catégorie : Editos

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Les histoires que l’on raconte du football sont souvent le fruit d’oppositions qui se caractérisent par les identités propres de chaque camps. Aujourd’hui le nombre de matchs télévisés a explosé. On constate souvent que les matchs se suivent et se ressemblent. C’est comme si le produit qu’on nous proposait aujourd’hui était stéréotypé.

La diversité en grand danger

L’identité que s’approprie une équipe dépend souvent du style de jeu qu’elle propose. Ainsi découle des expressions tel que le jeu à nantaise ou bien le totaalvoetbal de l’Ajax pour ne citer qu’eux. Des séquences de jeu peuvent être propre à une équipe également et mettre en avant l’identité du club comme l’a été le corner à la rémoise pour le Stade de Reims. Depuis sa création le football a été en perpétuelle évolution avec des influences diverses. Arrigo Sacchi, Marcelo Bielsa, Helenio Herrera, Johan Cruyff … La liste n’est pas exhaustive évidemment. Ses philosophes du football ont amené des idées qui ont forgé le caractère des clubs qu’ils ont côtoyé. Un club ne naît pas avec ses principes.

Les joueurs sont également fondateurs de l’identité du club. En effet ils sont les premiers à la retranscrire à travers leurs performances, leurs caractères, leurs styles de vie. Des équipes, comme Arsenal par exemple avec ses Baby Gunners, ont su donner une véritable identité à leur club en mettant en avant une génération précise de joueurs. Le Crazy Gang du Wimbledon FC des années 80′ est également un parfait exemple d’une équipe qui forge son caractère par le biais de ses joueurs. Les présidents charismatique influencent fortement aussi l’identité d’un club. L’Olympique Lyonnais est celui de Jean Michel Aulas, le Milan AC est quant à lui celui de Silvio Berlusconi … Ces dirigeants tentent d’établir leurs valeurs aux clubs qu’ils dirigent afin qu’on raconte leur histoire dans les livres du football plus tard, à l’image des personnalités historiques qui ont marqué l’histoire de leur pays.

La perte d’identification

Le sentiment d’identification à un club est aussi beaucoup dû à la classe social au quelle appartenait sa tranche majoritaire de supporter. Ainsi des clubs comme le RC Lens, le Liverpool FC ou l’AS Saint-Étienne ont vu leur identité être rattachée aux bassins industriels dont ils faisaient partis. Le club, au sens large du terme, reconnaît qu’il a un devoir envers la ville qu’il représente et doit être en accord avec les principes de la population qui la constitue. On retrouvait ce même système d’identification dans la sélection nationale où l’équipe est sensée représenter les valeurs nationales afin de réunir l’ensemble du peuple derrière ses couleurs.

Comme on a pu le constater lors de Euro 2016, les nations ont du mal à dégager aujourd’hui une identité propre à leur jeu comme c’était le cas tout au long du XXème siècle. Même constat pour les clubs dont les supporters ont de plus en plus de mal à s’identifier. Les joueurs possèdent un très haut niveau de vie et la fracture avec la population des villes se fait ressentir. Plus inquiétant encore, les joueurs ne reconnaissent parfois plus les valeurs du clubs dont ils portent les couleurs. La dérégulation du marché des transferts avec l’arrêt Bosman est en partie responsable de la perte de reconnaissance des supporters envers leur club. Bien que la formation locale de jeunes soit à nouveau une tendance depuis que la génération dorée du FC Barcelone, sous les ordre de Guardiola, aient imposé son omnipotence, les clubs sont dépendant du système transactionnel créer par ses protagonistes.

Cette perte d’identification du football est une conséquence à la globalisation du football. Il n’y a plus vraiment d’appartenance à une « école de football » aujourd’hui même si la tendance Bielsa se dégage chez beaucoup d’entraîneur sud américain et européen. Certains persistent à dire qu’il n’y a plus rien à inventer dans le football et qu’on se dirige vers une uniformisation du football. En effet l’idéologie dans le football fait face à un problème structurel cependant on ne peut pas se résigner lorsqu’on voit aujourd’hui une nouvelle génération de coachs prometteurs au plus haut niveau qui ont sans doute l’avenir du football entre leurs mains.

Auteur : Leo Dellier

La passion a débuté au stade Léon Bollée, elle demeure intacte aujourd'hui.

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