Un “Champions project” pragmatique

21
juillet
2017

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Catégorie : Ligue 1

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Après des années de disette, le « Champions project » initié par le nouveau propriétaire olympien, Franck McCourt, entend redonner à l’Olympique de Marseille ses lettres de noblesse et une place de premier ordre dans le football européen. Alors que le mercato bat son plein, les quelques arrivées sur la Canebière n’ont pourtant rien de bling-bling. Même si aucune grande star n’a pour le moment décidé de rejoindre l’OM, il y a néanmoins de bonnes raisons de croire en la crédibilité et la cohérence du projet défendu par ses propriétaires.

Davantage de certitudes

Quand L’OM fera sa grande rentrée au Vélodrome, le 6 Août prochain contre Dijon, il y a fort à parier que cet OM là ne sera pas complètement new look et transfiguré par des transferts opérés à grands coups de millions d’euros. Pour permettre au club d’évoluer, il lui faut d’abord une certaine stabilité et ça tombe bien, il a davantage de certitudes que par le passé. Rudi Garcia a pris les commandes d’un navire à la dérive en octobre 2016. L’OM qui venait de terminer la saison précédente à une piètre treizième place s’enfonce un peu plus dans les profondeurs de la ligue 1 sous les ordres de Franck Passi. Contre vents et marée, Rudi Garcia est parvenu à remettre de l’ordre dans son équipage et son bateau à flots.

En terminant cinquième de l’exercice 2016-2017, on peut penser que son bilan est plutôt réussi. Le club de la cité phocéenne talonne Lyon et le trio intouchable constitué de Monaco, du PSG et de l’OGC Nice, rien de déshonorant donc. Plus encore, il a su reconquérir le cœur des supporters marseillais venus plus nombreux assister aux rencontres de leurs protégés à domicile après de longues semaines où les travées du Vélodrome ne vibraient plus. Il y a eu du mieux du côté de Marseille, des performances positives et des certitudes aussi.

Le regain de forme des marseillais l’an passé a été permis grâce à l’émergence de joueurs clés sur lesquels il serait bon de s’appuyer pour aller de l’avant. Florian Thauvin  a passé un cap en devenant régulier dans la performance, ce qui lui a permis de pousser les portes de Clairefontaine en fin de saison. Auteur de 15 buts et 9 passes décisives, il est l’un des tout meilleurs joueurs de notre championnat. Sa prolongation de contrat jusqu’en 2021, officialisée il y a peu, est donc logique. L’OM possède aussi dans ses rangs le meilleur passeur de ligue 1 puisque Morgan Sanson a envoyé ses coéquipiers sur orbite à 12 reprises la saison dernière. Même si toutes ses passes décisives n’ont pas été effectuées en direction de ses équipiers marseillais (puis qu’arrivé au club en février), nous sommes en droit de penser que le “Champions project” se fera avec lui.

Un recrutement cohérent

Et quand bien même les dirigeants phocéens sortent le chéquier, le pragmatisme demeure le maître mot. Avant de faire chauffer la carte bleu, les olympiens ont enrôlé dans leurs troupes des valeurs sûres. Beaucoup de talents quittent l’hexagone et c’est regrettable, c’est vrai, mais à l’inverse, combien de bons joueurs de ligue 1 mériteraient qu’on s’y intéresse davantage? Marseille l’a bien compris, Morgan Sanson et Valère Germain ont fait leurs preuves dans notre championnat, leur qualité n’est pas à remettre en question, des bons coups pour pas cher. Et quant aux venues de Mandanda et Rami, elles sont aussi intelligentes et viendront renforcer l’effectif olympien à moindre coût afin de se permettre davantage de folies ailleurs.

De plus, ces joueurs possèdent une connexion avec le club qu’ils viennent de rejoindre. Rami a fait ses gammes à Fréjus, Germain père a fait le bonheur de l’OM et Mandada connaît la maison comme sa poche. Nous pourrions presque dire qu’ils ont « le sang bleu et blanc » pour reprendre les propos prononcés par Dédé Gignac après sa signature au club, en 2010. Quand on connaît la responsabilité qu’il incombe de revêtir la tunique marseillaise, une telle stratégie vise notamment à constituer une équipe à laquelle le peuple phocéen peut facilement s’identifier, à l’inverse du cosmopolitisme parisien qu’il est le premier à railler. Si les marseillais, très attachés à leur identité, veulent de nouveaux visages, il n’est pas certain non plus qu’ils se réjouiraient de supporter une équipe ex-nihilo.

Si le recrutement de l’OM est cohérent sur le papier, on peut aussi dire qu’il apporte une véritable plus-value sur le terrain. Morgan Sanson s’est rapidement imposé comme un pion central du 11 de départ de l’OM la saison passée. De plus, même si les matchs de pré-saison ne sont pas un indicateur parfait pour rendre compte de la saison d’un club, il est évident que les recrues olympiennes se sont déjà montrées à leur avantage. Germain a scoré à trois reprises (contre le FC Sion, l’Etoile du Sahel et Fenerbahçe) et engrange de la confiance. Quant à lui, Luiz Gustavo affiche un niveau de jeu intéressant et commence à trouver ses marques dans l’entre-jeu marseillais.

Une vision à long terme

Si le seul nom ronflant à mettre du côté des « arrivées » est justement celui de l’ancien du Bayern, on peut là encore penser qu’il s’agit d’une bonne affaire au regard du montant relativement modeste de son transfert. Frank McCourt a du pif pour flairer les bons coups et il est plutôt bien épaulé pour cela. En posant ses valises à Marseille, l’homme d’affaires américain ramène aussi dans ses bagages Andoni Zubizarreta, faisant ainsi de l’ancien directeur sportif du Barça la pierre angulaire de son projet. L’OM a des ressources désormais plus abondantes, mais ces moyens financiers se voudront dictés par un fin connaisseur du terrain; il n’est plus question de jeter l’argent par les fenêtres.

Enfin, comme il n’est pas possible, dans l’immédiat, de faire venir les plus grands joueurs de la planète football sur les bords de la Méditerranée, il faut néanmoins créer une équipe compétitive quitte à remettre les très grosses dépenses à plus tard. Le « Champions project » est un projet de longue haleine. C’est dans cette optique que le club accorde une plus grande importance à la formation, en témoigne la vingtaine de partenariats signés avec des clubs locaux afin de mieux exploiter une région gorgée de talents, des jeunes prometteurs auxquels l’OM a souvent tourné le dos et qui s’apprêtent désormais à occuper le devant de la scène. L’exemple le plus frappant est celui de Maxime Lopez, auteur d’une première saison chez les pros de grande qualité.

Rappelons que ce n’est que le début du « Champions project » et qu’il faudra un peu de temps pour qu’il atteigne son but. Le club cherche à se donner une certaine stabilité en ayant une vision à long terme, en somme, il bosse là où il était défaillant ces dernières saisons.

Auteur : Victor Fuseau

Aime tout autant les tacles appuyés d'Iniesta que la finesse technique de Gattuso.

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