Ukraine, on réserve déjà l’hôtel au Brésil?

22
octobre
2013

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Catégorie : Coupe du Monde 2014 / Équipe de France

Afin de se qualifier pour la coupe du Monde 2014, l'équipe de France va devoir passer par un match de barrage qui l'oppose à l'Ukraine. Portrait.

On sait à présent qui sera l’adversaire des bleus pour le barrage à la Coupe du Monde. Et apparemment on est tombé sur des branques si on se fie aux médias français. Ou à une équipe qui sent bon la naphtaline, les moufles, l’enclume et le marteau si l’on se fie aux clichés qui abondent ces dernières heures. Bref, personne ne sait trop rien de cette équipe donc on pavoise un peu de partout. Avant de déchanter ?

L’ethnocentrisme ouest européen en matière de foot fait des ravages dans l’hexagone depuis l’annonce du tirage au sort pour les barrages. Personne ne connait vraiment l’équipe nationale ukrainienne donc, baigné dans un optimisme béat provoqué par les raclés infligées aux foudres de guerre australiens et finlandais, on se répand en cliché en se disant que « bon, après tout ça devrait passer contre les sous russkofs si on tient dans leur bourbier glacial au match aller ».

Alors, on commence par où ?  

Les conditions de jeu

Le 15 Novembre c’est pas le 15 Janvier. Non il ne fera pas moins 15 degrés à Kiev ! On ne jouera pas non plus sur un champ de patate puisque le Stade Olympiski devrait accueillir les débats. Vous vous souvenez l’enceinte flambant neuve qui a accueilli la finale de l’Euro ? Après entre les avions et les téléphones portables qui détractent le ciel et le nuage chimique de Tchernobyl, on peut plus rien prévoir….

Le niveau de l’équipe ?

L’Ukraine était dans un groupe autrement plus relevé que celui de la France. Angleterre, Monténégro, Pologne, Moldavie et pour s’amuser Saint Marin. Le Monténégro de Vucinic, Basa ou Jovetic a longtemps fait figure d’épouvantail avant de se faire déculotter à Afin de se qualifier pour la coupe du Monde 2014, l'équipe de France va devoir passer par un match de barrage qui l'oppose à l'Ukraine. Portrait.domicile (0/4) par les hommes de Fomenko. Ce match marque le vrai tournant du groupe et la naissance d’une équipe. A la fin de l’année civile dernière, plus grand monde croyait en la qualif’ du coté ukrainien. Deux nuls et une défaite à domicile en trois matchs semblaient avoir déjà scellées le sort de cette campagne pour eux. Une victoire en Pologne dans un climat tendu et surtout donc une grosse victoire en Monténégro les auront ressuscités. Ou plutôt les auront vus éclore. Car après l’Euro 2012 et le départ en retraite des glorieux anciens (Blokhine en coach, Sheva, Voronine…), il a fallu rebâtir une équipe. Et si on a toujours du mal vu de Madrid, Paris ou Londres à comprendre qu’il y a de la qualité dans les riches championnats russes ou ukrainiens, les équipes nationales sont en train de le démontrer sur la scène internationale.

C’est simple, depuis la victoire polonaise, seuls les anglais leur ont arrachés un point. Sur leurs 7 derniers matchs officiels c’est 6 victoires et 1 nul. Un vrai collectif est né et il va falloir se le coltiner !

Les forces en présence ?

Tout d’abord une grosse défense, 4 buts encaissés seulement durant tout les éliminatoires. Le back four titulaire Fedetskiy / Kucher / Khacheridi / Shevchuk est costaud et expérimenté. Au niveau physique, une charnière centrale Khacheridi / Kucher, c’est pas rien !

Le milieu de terrain est homogène et compact. Là encore on nous parle beaucoup de jeunesse dans cette équipe mais entre Edmar, Afin de se qualifier pour la coupe du Monde 2014, l'équipe de France va devoir passer par un match de barrage qui l'oppose à l'Ukraine. Portrait.Rotan ou Tymoschuk, on est loin d’avoir à faire au bal des débutants. D’ailleurs vu qu’apparemment ce matin dans les rédactions du pays on s’est dit : « Ben ouais, Shevchenko, y’a plus. Voronin idem… Ha tiens, Tymoschuk, il était au Bayern, non ? Allez hop, patron de l’équipe et on peut lui coller un ou deux tsars par ci par là », il est bon de préciser que l’équipe est loin d’être dépendante du désormais pétersbourgeois. S’il était le capitaine et patron de l’équipe en début d’éliminatoire, son influence a peu à peu diminué au fil de ses blessures et de l’affirmation d’un collectif fort. Il reste important mais pas déterminant.

Ceux qui sont déterminants dans cette équipe, ce sont les ailiers : Konoplyanka et Yarmolenko. Le second est capable de prouesses comme de passer complètement à coté de son match. Le premier est relativement inconnu dans nos contrées pourtant il pourrait bien se révéler le danger no1. Petit modèle, rapide et technique, il a notamment désossé la très solide défense du Chaktior cette année à lui seul. Les latéraux français vont être décisifs sur cette double confrontation. Et on est pas sûr que ce soit une bonne nouvelle.

On résume ? Des bulldogs affamés derrière, de l’expérience au milieu et des possibles acteurs pornos sur les cotés.

Les failles

L’historique tout d’abord. L’Ukraine n’a jamais battue la France et ne s’est jamais sortie de barrages éliminatoires. Des données qui ne poussent pas à l’optimisme à l’Est mais qui dans le même temps atténuent la pression sur leurs épaules et la transporte sur celles de nos chers bleus.

Notre sélectionneur aime à répéter qu’une grande équipe c’est avant tout « un grand gardien et un grand avant centre ». Deux postes ultra décisifs qui peuvent vous faire perdre ou gagner un match à eux seuls. Et qui ne sont pas occupés du mieux que ce soit au pays aux 3 ballons d’or. Pyatov, le gardien du Chaktior qui occupe également les cages de la sélection souffre toujours de la comparaison avec le légendaire Shovkovski. Pas vraiment l’assurance tout risque alors qu’il a la confiance de Lucescu en club et de Fomenko en équipe nationale. On a, par exemple, tous en mémoire sa prestation plus que moyenne en 8ème retour de Champion’s l’an dernier à Dortmund.

Zozulya, le 9 ukrainien, à l’autre extrémité  n’est pas non plus une terreur. S’il a connu une bonne période en ce début de championnat avec son club du Dnipro, il fait plus figure d’éternel espoir qu’autre chose alors qu’il facture déjà 24 ans. Un peu léger pour le niveau international mais y’a pas grand chose de mieux en stock donc il joue.

La France, vue d’Ukraine

On craint clairement les bleus à Kiev. Il y a quelques jours, avant le tirage au sort, Tymoschuk expliquait qu ‘il « ne voulait pas tomber sur la France (…) Je pense qu’excepté la France, nous pouvons battre tout les autres opposants mais si on tombe sur la France, on ne va pas paniquer, on se battra contre eux aussi ! »

Voilà, en France, l’Ukraine était le meilleur tirage et en Ukraine, la France, le pire.

Il ne faut pas croîre qu’ils s’avouent vaincus malgré tout. Fomenko, après le tirage : « Celui qui est effrayé, habituellement ne gagne rien, aussi bien dans le sport que dans le vie. Je pense qu’on ne doit pas avoir peur de la France.(…) On va rassembler des informations à propos de l’équipe de Deschamps, examiner leurs forces et faiblesses et nous verrons bien. »

Les tricolores sont favoris mais encore loin du Brésil. Surtout vu leur année passée qu’il ne faut pas occulter si rapidement. Il faudra être à 110% et ne surtout pas faire preuve de condescendance parce que les ukrainiens, eux, n’ont rien à perdre. Les réactions de Giroud, Cabaye, Le Graët sans parler de la presse qui fête presque déjà la qualif’ sont pas loin d’être indécentes. Si on toise assez régulièrement les « jeunes cons footeux français »  pour leur arrogance, il serait bien qu’on fasse, nous aussi, preuve d’un peu de modestie. On ne va pas non plus jouer Saint Marin, hein ?

Remember Knysna, Eire, 1220 minutes….  

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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