Tour de France des stades de la Ligue 1 Conforama – Partie 2

24
novembre
2017

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Catégorie : Ligue 1

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Seulement cinq stades de Ligue 1 ont une capacité inférieure à 20 000 places. Ils sont regroupés ici, dans le deuxième volet de notre série. Partez donc à la découverte de ces stades miniatures, à l’histoire chargée.

Amiens, Stade de la Licorne, 1997


Capacité actuelle de 12 097 places.
Record d’affluence : 11 837 spectateurs
Amiens-PSG, Demi-finale de Coupe de France, 2008

Situé dans le quartier de Renancourt, le Stade de la Licorne (plus petit stade de Ligue 1) est avec le Zénith d’Amiens, l’Hippodrome et la Mégacité, au cœur de la zone dynamique de la ville. Construit en 1997 en remplacement du stade Moulonguet devenu trop étroit (1700 places), le stade de la Licorne, qui doit son nom au blason du club local, découvre pour la seconde fois l’élite du football français.

En effet, lors des travaux dans son stade Bollaert en 2015, le Racing Club de Lens est contraint de délocaliser ses matchs à domicile, à Amiens. Le RC Lens- En Avant de Guingamp du 16 août 2015 est donc le premier match de ligue 1 disputé dans l’antre amiénois.

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Grace à un but d’Emmanuel Bourgaud à la 96e minute lors de la 38e journée de Ligue 2, Amiens a composté son billet pour la première division. Aux termes d’un parcours héroïque, les hommes de Christophe Pélissier ont gagné le droit de se mesurer au gratin du football français. A ce titre, le début de saison, marqué il est vrai par les incidents lors de la réception du LOSC, est louable. Avec 15 points en treize journées, le petit poucet du championnat fait mieux que résister. En témoigne, les dernières victoires en date face aux Girondins de Bordeaux et au LOSC.

Le match :

Amiens SC- Lille, 8e journée de Ligue 1, 30 septembre 2017

Impossible de parler du stade de la Licorne sans évoquer l’effroyable accident survenu lors de cet Amiens-Lille du 30 septembre dernier. A la 16e minute, sur une belle action conclut par Ballo-Touré, le LOSC de Marcelo Bielsa ouvre le score. Le joueur s’empresse aussitôt de célébrer le but avec ses supporters venus en nombre en Picardie.

La barrière de sécurité du stade ne supporte pas la joie des fans lillois appuyés sur elle. En cédant, la barrière emporte avec elle l’ensemble du parcage nordiste. Les images font froid dans le dos. Le match est aussitôt interrompu par l’arbitre de la rencontre, M. Thomas Leonard, qui renvoie les deux formations aux vestiaires. La confusion est totale. Soigneurs de la Croix-Rouge et pompiers portent les premiers soins entourés par les CRS situés devant la pelouse. Le bilan est de 29 blessés dont 5 graves.

L’affaire prend vite une tournure politique après la réaction du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et une tournure judiciaire avec l’ouverture d’une enquête en flagrance pour « blessures involontaires ». De plus, les déclarations douteuses du président amiénois Bernard Joannin à l’encontre des supporters des Dogues, ne font qu’alimenter la polémique.  Après plus d’un mois de travaux, le stade a rouvert ses portes le 17 novembre dernier. Ce lundi, amiénois et lillois se sont retrouvés pour le replay de cette rencontre. En accord avec le règlement, le match repris en totalité et à 0-0, et vit s’imposer les picards 3-0. Une défaite dure à avaler pour le LOSC…

Angers, Stade Raymond Kopa (Jean Bouin de 1968/2017), 1912


Capacité actuelle de 17 835 places
Record d’affluence : 22 989 spectateurs
Angers-Marseille, Demi-finale de Coupe de France, 1969

Le stade Jean Bouin, récemment renommé au nom de l’ancienne gloire du SCO, Raymond Kopa, entame sa vingt-cinquième saison au plus haut niveau national. A la tête de l’équipe depuis 2011, Stéphane Moulin réalise un travail remarquable. Si bien qu’aujourd’hui, voir le SCO en Ligue 1 est une habitude.

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Les grandes heures de l’Angers Sporting Club de l’Ouest, sont avant tout situées après guerre. De 1956 à 1981, les noirs et blancs disputent vingt saisons en première division, et brillent souvent en Coupe de France, comme lors de la saison 1957 où ils atteignent la finale. Mais Angers, c’est surtout le club des débuts de Napoléon, surnom donné par un journaliste anglais à Raymond Kopa. De 1949 à 1951, Kopa fait le bonheur du SCO avant de devenir la première star du football français, et l’un des meilleurs joueurs du monde (Ballon d’Or 1958).

Avec seulement deux titres de champion de deuxième division en 1969 et 1976 à son palmarès, le SCO d’Angers est évidemment l’un des plus petits clubs de notre championnat. Pourtant, son amour historique avec la Coupe de France reprend de plus belle depuis 2011. Ainsi, les protégés de Stéphane Moulin ont atteint à trois reprises les demi-finales de la compétition entre 2011 et 2017 avec, à la clé, une finale perdue cruellement l’an passé, face au PSG, après un but contre son camp d’Issa Cissokho à la 90e minute.

Le match :

SCO d’Angers-En Avant Guingamp, Demi-finale de Coupe de France, 25 avril 2017 (2-0)

Jamais deux sans trois. Ce célèbre adage, les angevins ne veulent pas en entendre parler en ce soir d’avril 2017. Après deux échecs consécutifs au même stade de la compétition (1-3 face au PSG en 2011 et 3-2 face au Stade Rennais en 2013) les Angevins de Cheikh Ndoye comptent bien cette fois-ci découvrir, avec leurs supporters, le Stade de France.

La tension est maximale en début de match. Les guingampais, habitués aux épopées en Coupe de France sont sereins. Pourtant, c’est bel et bien Angers par l’intermédiaire de Thomas Mangani qui frappe le premier à la 38e minute. Le plus dur semble fait pour les angevins. Mais atteindre pour la seconde fois la finale de la compétition, 60 ans après la première n’est pas chose aisée. Il était écrit que les angevins souffriraient jusqu’au bout. Sur une main totalement imaginaire d’Ndoye, l’EAG se voit attribuer un pénalty à la 89e minute. C’est l’expérimenté Jimmy Briand qui est chargé d’envoyer les bretons vers la prolongation. Celui-ci échoue face à Letellier et le banc angevin peut exulter. Sur le contre suivant, Toko Ekambi scelle définitivement la victoire angevine en allant battre Johnsson de près. Le stade peut alors exploser, conscient d’avoir vécu l’une des plus belles soirées de l’histoire du SCO d’Angers.

Guingamp, Stade de Roudourou, 1989


Capacité actuelle 18 378 places
Record d’affluence: 18 378 spectateurs
EA Guingamp- PSG, 2e journée de Ligue 1, 2017

Le Roudourou possède une particularité étonnante par rapport aux autres stades de notre championnat. En effet, la capacité du stade guingampais est deux fois supérieure au nombre d’habitants dans la ville. Pourtant, Guingamp petite bourgade bretonne, est un club historique de notre football. Au fil du temps, tout comme le club, le stade s’est agrandi pour devenir aujourd’hui un lieu où règne une des belles ambiances de Ligue 1.

A la création du stade en 1989, l’EA Guingamp est un pensionnaire de deuxième division, niveau atteint sous l’impulsion de son emblématique président, Noël Le Graët. Après une première montée dans l’élite en 1995, le club redescend en D2 trois ans plus tard. C’est alors qu’arrive Guy Lacombe sur le banc breton. On lui doit notamment la remontée en première division, et la constitution du duo historique de l’En Avant : Florent Malouda et Didier Drogba. A eux deux ils portent le club et font chavirer le Roudourou.

Mais Guingamp a avant tout écrit les plus belles pages de son histoire en Coupe de France. Les deux victoires historiques du club en 2009 et 2014, toutes deux acquises aux dépens de l’ennemi rennais, permettent au club de découvrir l’Europa League en 2010 et 2015. Cette première victoire en coupe est difficile à digérer pour les bretons qui descendent en national la même année. Sur le point de lâcher le navire, Le Graët nomme Jocelyn Gourvennec comme entraineur. Bien lui en a pris. Après un passage express en national, le club retrouve la Ligue 2 puis la Ligue 1 à l’issue de la saison 2012-2013. Depuis Guingamp n’a plus quitté l’élite, et reste une équipe plaisante à voir jouer dans notre championnat.

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Le match :

EA Guingamp-PSG, 28e journée de Ligue 1, 22 février 2003 (3-2)

Cette saison 2002-2003 reste à ce jour comme la plus belle pour l’En Avant Guingamp. Avec une septième place historique, le club échoue à seulement six points du champion lyonnais et à trois points de la Ligue des Champions.

Le duo Malouda-Drogba est inarrêtable cette année là. Le PSG de Paul Le Guen vous le confirmera. Cette confrontation est aussi l’occasion pour le public breton de découvrir le génie de Ronaldinho, la nouvelle pépite brésilienne du club francilien. Son ouverture du score à la 20e minute de jeu est encore gravée dans toutes les mémoires. Après une chevauchée fantastique, Ronnie trompe Ronan Le Crom d’un petit piqué. Guingamp est alors en plein doute. Troisième à la trêve, les protégés de Bertrand Marchand son désormais douzième après six défaites consécutives en championnat. Après le deuxième but de Jérôme Leroy, la septième défaite d’affilée se profile.

Seulement voilà, l’En Avant réagit tout d’abord grâce à son défenseur Auriol Guillaume à l’heure de jeu. C’est le moment choisi par Didier Drogba pour sortir de sa boîte. Muet depuis près de deux mois, l’ivoirien claque un doublé (69e et 89e) et fait rugir le Roudourou. Cette victoire, aux termes d’un match spectaculaire, permet à Guingamp de reprendre sa marche en avant, et d’effacer la défaite fleuve lors du match aller au Parc des Princes (5-0).

Dijon, Stade Gaston Gérard, 1934


Capacité actuelle de 18 376 places
Record d’affluence: 15 160 spectateurs
Dijon FCO- PSG, 9e journée de Ligue 1, 2017

Résidence officielle du Dijon FCO depuis 1998, le stade Gaston Gérard, du nom du principal artisan de sa construction, a d’abord abrité des évènements extérieurs au football. Le site accueille notamment Bob Marley pour un concert mémorable en 1980. Surtout, il fut le théâtre d’un des nombreux records du monde du perchiste Sergueï Bubka. Lors du meeting de Dijon en 1992, ce dernier franchit la barre des 6m11.

Après la fusion entre le Dijon FC et le Cercle, le DFCO voit le jour en 1998. Le stade Gaston Gérard découvre la Ligue 2 en 2004 après une saison formidable ponctuée par une demi-finale de Coupe de France perdue face à Châteauroux. Le travail de Rudi Garcia porte ses fruits, et le club, malgré le départ de ce dernier en 2007, fait bonne figure en deuxième division. A cette date le stade est rénové, en vue d’une future accession en Ligue 1, nouvel objectif du club.

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C’est chose faite en 2011 après une troisième place obtenue en ligue 2, le club valide son ticket pour la division supérieure. Malgré une bonne première partie de saison et une victoire de prestige au Vélodrome, le DFCO finit bon dernier du championnat et retrouve la Ligue 2 avec son rival historique auxerrois. Il faudra quatre ans aux troupes d’Olivier Dall’Oglio pour retrouver le parfum de la Ligue 1, en 2016.

Le match :

Dijon FCO- Stade Rennais, 1e journée de Ligue 1, 7 août 2011 (1-5)

Cruel apprentissage de la Ligue 1 pour Patrice Carteron et son équipe. A l’occasion de la réception de Rennes en cette fin d’été 2011, le stade Gaston Gérard et le DFCO découvrent pour la première fois la Ligue 1.

Malgré l’enthousiasme des locaux, Rennes prend très vite le dessus en menant 2-0. Le but de Jovial juste avant la mi-temps redonne le sourire aux dijonnais. Hélas, la deuxième période ne fait que confirmer la suprématie rennaise. Avec trois nouveaux buts, le club breton s’impose largement à Gaston Gérard. Néanmoins, cette défaite ne plombe pas le moral du DFCO, qui s’imposera dès la troisième journée à domicile face à Lorient. Avec une seizième place à la trêve, Dijon avait encore toutes ses chances pour se sauver. L’absence de victoire pour le club entre mars et mai lui sera fatale.

Monaco, Stade Louis II, 1985

Capacité actuelle de 18 523 places
Record d’affluence: 18 523 spectateurs
AS Monaco-Juventus Turin, Demi-finale aller de Ligue des Champions, 2017

Le stade de la principauté du Rocher, est un complexe englobant de nombreuses activités sportives de la ville. Mais il est surtout connu pour être l’écrin qui accueille les matchs de l’AS Monaco.

Inauguré le 25 janvier 1985 par le Prince Rainier III, le stade s’inscrit dans un projet politique développant les infrastructures sportives au sein de la Principauté. Très vite, le club princier va réussir ses premiers exploits à l’intérieur de ce complexe. Dès 1987, les joueurs d’Arsène Wenger deviennent champions de France. Un an plus tard, pour la première fois (et l’unique jusqu’à aujourd’hui), Louis II est choisi pour accueillir un match de l’équipe de France. Devant quelques dix mille spectateurs, la France du sélectionneur Henri Michel dispose du Maroc (2-1). Le succès modéré de cette initiative de la FFF n’aura logiquement pas de suite. Néanmoins, Monaco est le lieu privilégié, entre 1998 et 2012, de la Supercoupe d’Europe. Cette compétition voit s’affronter lors d’un match, le vainqueur de la Coupe UEFA (Europa League) et le vainqueur de la Ligue des Champions. L’occasion pour les monégasques de voir le gratin du football européen évoluer en Principauté. Le Prince Albert II de Monaco, grand amateur de football, a même organisé en ce lieu un concert, lors de son mariage avec Charlène Wittstock en 2011.

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Du côté sportif, le stade est à jamais associé aux exploits des Rouges et Blancs, comme lors de l’édition 2003-2004 de la Ligue des Champions, où le club monégasque élimine tour à tour le Real Madrid de Zidane et le Chelsea de Marcel Desailly. Depuis 2011, et le rachat du club par l’homme d’affaires russe Dmitri Rybolovlev, l’AS Monaco tutoie de nouveau les sommets européens. Entre 2014 et 2017, l’ASM a atteint les quarts et les demi-finales en éliminant des clubs prestigieux comme Arsenal, Dortmund ou encore Manchester City.

Le match :

AS Monaco- Real Madrid, ¼ de finale retour de la Ligue des Champions, 6 avril 2004

Quand on pense exploit du football français, on pense forcément à ce match fantastique d’avril 2004. Aux termes d’une soirée historique qui aura fait perdre son latin à Thierry Roland, les Galactiques madrilènes quittent la compétition à la surprise générale.

Au coup d’envoi de ce match retour, les Merengue sont dans une situation très confortable. Grâce à leur victoire 4-2 au match aller à Santiago Bernabéu, les coéquipiers de Zidane peuvent voir venir. Monaco n’est qu’une étape dans la course à la victoire finale. Il faut dire que l’équipe madrilène est impressionnante sur le papier. Outre Zidane, le Real compte dans ses rangs Raúl, Ronaldo, Figo, Beckham pour ne citer qu’eux. Autant dire l’Everest pour des monégasques novices dans cette compétition.

Articulé autour de son duo d’attaque vedette, Giuly-Morientes, les hommes de Didier Deschamps proposent un football chatoyant depuis le début du tournoi. En témoigne cette formidable victoire 8 buts à 3, lors de la phase de poule face aux espagnols du Deportivo La Corogne. Néanmoins, la défense est le point faible de l’équipe et face au Real Madrid cela ne pardonne pas.

Dès la 37e minute de jeu c’est bien Madrid qui prend les devants, après le but de Raúl sur une action collective splendide. L’ASM doit désormais inscrire trois buts sans en encaisser pour pouvoir accéder aux demi-finales. A cet instant, seul onze hommes semblent croire à ce miracle. Cela tombe bien, ils sont sur la pelouse de Louis II. Juste avant la mi-temps, Ludovic Giuly d’une reprise de volée superbe égalise à 1 partout. L’exploit est en marche. Dès le retour des vestiaires, Morientes donne l’avantage aux siens sur une tête exceptionnelle qui laisse Iker Casillas pantois. Que le football va vite ! Les madrilènes, sonnés, sont incapables de réagir, et encaissent même un troisième but sur une madjer génialissime de Giuly. Incroyable mais vrai, Monaco mène trois buts à un à trente minutes de la fin de la partie. Cette demi-heure est interminable pour les 18 000 spectateurs de Louis II. Les madrilènes font le siège du but de Flavio Roma mais les monégasques résistent arc-boutés autour de leur 16 mètres 50.

Le coup de sifflet final de l’arbitre italien de la rencontre Pierluigi Collina, délivre l’ASM. Ils l’ont fait ! Après un scénario incroyable, c’est bien Monaco qui élimine le grand Real Madrid, dans ce qui reste aujourd’hui comme le plus bel exploit de l’histoire du club.

Auteur : Fabien Albert

Supporter depuis tout petit du FCN, fan de José Mourinho et Fabien Barthez. Ancien gardien de but. Mais aussi arbitre de foot convaincu que Tony Chaperon est un bon arbitre ! Amateur d'MPG et de Julien Cazarre

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