Touloose FC : à la croisée des chemins

28
août
2013

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Catégorie : Ligue 1

toulouse-sirieix

Aaaah… le Toulouse FC. Ce bon vieux club qui sentait la naphtaline jusque dans le début des années 2000 et duquel, pour d’autres raisons, semble de nouveau émaner cet arôme délicat depuis deux ou trois saisons.

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Il est à la mode de se foutre ouvertement de la gueule du Téfécé. Jeu défensif, manque d’ambition général, stagnation des résultats et de la politique sportive… On leur a reproché tous les maux de la planète foot. Il n’y a pas un seul journaliste qui n’a pas craché son venin sur les Violets ! Au sein d’une Ligue 1 qui s’embourbe depuis trop longtemps dans sa médiocrité, la question mérite d’être posée : est-ce que le club toulousain mérite tout ça ?

Je pourrai répondre tout bêtement oui et faire comme 99.99 % du paysage journalistique français : me marrer un bon coup, dire que parler de ce club est useless pour l’audience, et relayer comme un con la rumeur Iniesta au PSG. Oui mais non en fait. D’une part parce APP est un site sérieux sur lequel il faut pondre des articles de qualité (si si, sans déconner), et d’autre part parce que l’histoire de ce club est plus profonde que ça.

Le miracle toulousain

Mais avant toute chose, il faut savoir ce qu’est le TFC. Un club relégué administrativement en National en 2001, qui est remonté en L2 par le bout du slip, qui a remporté cette L2 immédiatement après, qui a eu Predrag Ocokoljic en arrière droit ou Pavel Fort en buteur… Bref, c’est un club miraculé. A la base de ce miracle, un homme : Olivier Sadran qui en a rameuté un second : Erick Mombaerts. Voilà le duo de choc qui a permis la remontée en L1 avec quelques joueurs cadres d’expérience. Et c’est ce qu’il fallait pour combler en un temps record le traumatisme de la double relégation. Voilà le fondement du Téfécé : avancer pour ne plus jamais revivre l’horreur. Une horreur amenée par un repli sur soi et donc une régression obligatoire et presque mortelle.

Une fois le premier exploit accompli, on peut comprendre que le mot d’ordre du monstre Sadrombaerts était la PERENISATION DU CLUB EN LIGUE 1 ! Et c’est là que le problème toulousain actuel trouve sa cause. Qu’un promu s’accroche comme un morpion à chaque point pour survivre n’a rien de choquant, quitte à balancer de longues saucisses vers Fauré ou Moreira sans construire la moindre esquisse de jeu. Mais quand ce promu est enfin devenu bon au fil des saisons, c’est là que le tournant de son existence arrive. Soit il s’en rend compte et il s’envole, soit il laisse passer le train et s’écroule.

En l’occurrence, le TFC a laissé passer une première chance à cause de sa vision du foot. Une vision gagne-petit, étriquée, façon épicier du sport. Souvenez-vous d’un certain TFC-Liverpool… Fessée il y a eu, mais on a tutoyé les étoiles avec un jeu loin d’être dégueu. Douchez, Arribagé, Emana, Elmander… Dieu que c’était bon. Tout ça pour être ridicule en Ligue Europa et finir 17ème la saison suivante. Puis 4ème l’année d’après ! Encore une Europa Ligue moyenne ponctuée d’une 14ème place… Et après encore ? 8ème et 10ème, avec à chaque fois des fins de saison catastrophiques, des parcours en Coupe médiocres et un jeu maison Bananova : 4-1-4-1 solide. Une vision gagne-petit comme dit plus haut.

Et maintenant ! Que vais-je faiiiiirreeeeuh ?

Au final : oui, le TFC mérite d’être moqué. Même si la vision de Sadran est compréhensible, tant ce fut dur d’oublier l’horreur des débuts. Le souci c’est que tout ça met aujourd’hui nos Violets à la croisée des chemins. Une ère s’est achevée avec le départ des Sissoko, Tabanou et Capoue, sans avoir amenée le moindre titre ou motif de réjouissance. Toulouse se retrouve orphelin de ses meilleurs joueurs et prisonnier de sa façon de concevoir le foot : former des jeunes, viser entre 5 et 15, dépenser le moins possible et ne pas s’occuper du spectacle fourni. La locomotive du succès est passée après Liverpool, Sadran l’a regardé sans y monter, et il va falloir l’attendre une seconde fois.

Mais que faire en attendant ? Le recrutement de cette saison cible du court terme avec le prêt de Chantôme, dans l’espoir de voir les jeunes talents éclater au grand jour : les recrues Spahic et Braithwaite et quelques Pitchouns. Rajoutez un soupçon de joueurs réputés pas mauvais : Didot, Aguilar, Abdennour, Aurier, Ben Basat et Ben Yedder, et vous obtenez un groupe « moyen plus » qui comme d’habitude visera le Top 12. Encore un Top pas si top que ça, la stagnation absolue quoi. Faudrait faire gaffe à ce qu’un jour le Téfécé ne puisse plus viser que le Top 20… c’est ça que de faire les mauvais choix quand on est à la croisée des chemins.

Auteur : Kévin Boucard

Travailleur social et médiateur familial, APP me permet de renouer avec ma passion la plus ancienne: décortiquer et partager toute l'actu du foot ! C'est une "addiction" qui m'a frappé dès mes 10 ans !

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