Thauvin, l’heure du choix

16
juin
2019

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Catégorie : Équipe de France

Florian_Thauvin_EDF

Certes, Andorre n’est que la 134ème nation mondiale au classement FIFA, certes l’évènement s’est déroulé dans une ambiance champêtre, sur une pelouse synthétique digne des hautes luttes de DHR, mais le fait marquant de la rencontre disputée mardi dernier est sans conteste le 1er but en bleu marqué par Florian Thauvin pour sa 10ème sélection.

Et quel but ! Pogba qui lance MBappé d’un exter pied droit à moitié raté, le prodige parisien qui a tout le temps de contrôler et pivoter, puis centre pour son pote marseillais, lequel s’offre une frappe retournée pour le 3-0, juste avant la mi-temps.

Son rêve bleu

Pour l’intéressé « … c’est un rêve qui se réalise : marquer mon premier but avec l’équipe de France, c’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé … », ajoutant que cela lui permettra de « se lâcher » en bleus, de quoi promettre des lendemains heureux. Au-delà de ce but, la performance d’ensemble de Thauvin a été remarquable, son entente avec Dubois impeccable sur le côté droit, et son apport offensif indéniable (1 passe décisive pour Ben Yedder par ailleurs). Elle fait suite à une autre prestation, contre la Bolivie, qui a pleinement rassuré Didier Deschamps (« Florian restait sur des performances plutôt mitigées avec nous, […] c’est bien meilleur que ce qu’il avait fait avec nous pour le moment. ») et lui donne du crédit quant à son avenir en équipe de France.

Pour autant, le marseillais n’est pas devenu un homme-clé du dispositif de DD, il n’a d’ailleurs pas joué en Turquie, mais il commence à être crédible comme membre à part entière du groupe France, notamment envers ceux qui critiquaient sa présence en coupe du monde où il n’a joué que quelques minutes. Loin d’avoir la faculté d’accélération de Dembélé, ni l’acuité technique de Lemar, le natif d’Orleans se distingue par un positionnement très précis et une participation sans faille aux tâches défensives, ce qui ne manque pas de plaire au sélectionneur. Sa contribution offensive est souvent marquée par des changements d’aile, des centres après crochet extérieur ou sa « spéciale » frappe enroulée qui n’a pas encore fait mouche en bleus.

L’heure du choix

Auteur d’une saison 2018-2019 très convenable avec l’OM (16 buts et 8 passes en championnat), Florian se trouve à un tournant de sa carrière. Agé de 26 ans, il n’est plus un espoir et pourrait prétendre à des ambitions internationales dans un club plus huppé que Marseille et surtout qualifié en Ligue des Champions, la direction olympienne ne semblerait d’ailleurs pas opposée à réaliser une plus-value substantielle.

Toutefois, quelques obstacles rendent ce départ incertain, tout d’abord son passage à Newcastle en 2015 s’est soldé par un échec cuisant (1 but, 16 matches), l’ex-idole du club Alan Shearer n’hésitant pas à dire de l’orléannais  qu’« Il s’est contenté de trottiner un peu lorsque le jeu arrivait à côté de lui », après une défaite contre Watford. Nanti d’une réputation de loser, la Premier League lui semble donc compromise. Revenu en prêt, puis acquis par le club phocéen, Thauvin s’est depuis installé comme un cadre sur le terrain, inscrivant 59 buts toutes compétitions confondues en 3 saisons sous le maillot olympien, ce qui a d’ailleurs fait évoluer ses émoluments en conséquence (420 K€/mois), un montant en décalage avec l’obligation du club de dégraisser la masse salariale.

 

Florian_Thauvin_OMvsOL

 

Là est le 2ème obstacle, quel club s’alignera sur ce montant pour un joueur, et cela est le 3ème handicap, dont la capacité à se sublimer contre les gros clubs est fortement remise en cause ? Il a en effet, à l’image du club phocéen, régulièrement baissé pavillon contre les clubs du top 3, ses performances face à Lyon, au PSG ou Monaco notamment, sont faméliques, sa réputation de « fort contre les faibles et faible contre les forts » fait hésiter les clubs de haut niveau à investir sur un tel joueur.

Enfin, l’intéressé lui-même, a toujours déclaré sa flamme à l’OM, il a d’ailleurs envisagé en 2016 terminer sa carrière sous le maillot blanc « C’est une chose que j’ai en tête et que je n’exclus pas ». Plus récemment, Flotov a également perçu la présence du nouvel entraineur André Villas-Boas comme un signe « Travailler avec lui, ça m’intéresse fortement. Il est passé par de grands clubs, c’est un très grand entraîneur. »

Alors, stop ou encore ? L’Atletico de Madrid semble intéressé, de même que Naples ou Milan AC, mais aucune offre ne semble encore être parvenue sur le bureau de Jacques-Henri Eyraud. Repartir avec Marseille en 2019 serait certes une bonne nouvelle pour nombre de supporters olympiens, mais fermerait la porte à une carrière de plus grande envergure à laquelle l’ex-bastiais pourrait prétendre, wait and see …

 

Crédits photos : Pacophotographie pour Footpack.fr

Auteur : Gilmon

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