TFC : Un exploit synonyme de tournant ?

27
mai
2016

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Catégorie : Ligue 1

L'exploit réalisé par Dupraz et sa bande en fin de saison n'aura de sens que s'il marque un véritable tournant pour le club toulousain.

Il y a à peine quinze jours, le TFC validait son maintien au terme d’une rencontre spectaculaire à Angers, à l’image de la « remontada » effectuée par le club. Alors qu’ils accusaient 10 points de retard à 10 journées de la fin (date de l’arrivée de Pascal Dupraz sur le banc), les Violets accompagnés de leur nouveau coach ont réussi l’impensable. Par la même occasion, ils ont renoué un fort lien avec le public de la ville rose, ce même public qui les raillait à la fin de l’hiver.

Maintenant, une question se pose : comment conserver cette belle dynamique de fin de saison lors du prochain exercice ?

> En changeant de politique de recrutement

Si le Téfécé vient de vivre deux ans de galère, il le doit d’abord à ses récents mercatos, catastrophiques pour la plupart des observateurs, pas si désastreux que ça pour Olivier Sadran. Et c’est bien là que le bât blesse : président et supporters ne font pas la même analyse de la politique de recrutement. Pourtant, force est de constater qu’OS et son staff ont tenté beaucoup de coups de poker ces dernières années, sans jamais rafler le jackpot, comme ils y étaient parvenus avec Serge Aurier et Aymen Abdennour dans le passé. En effet, la liste des « fausses bonnes idées » des dirigeants toulousains est longue :

William Matheus, espoir brésilien qui n’a jamais réussi à s’imposer au sein du onze type et s’apprête à repartir en prêt à Fluminense.

Aleksandar Pesic, transfuge du FK Jagodina à l’été 2014 et qui, malgré des débuts corrects, a effectué une longue traversée du désert cette saison.

– On peut aussi ajouter Mauro Goicoechea (le nouvel Ahamada ?), Dusan Veskovac (prêté à Troyes où il a ciré le banc de la plus mauvaise défense de L1), voire même Wergiton Somalia alias le fantôme de Ferencvaros (son club d’origine en Hongrie).

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L'exploit réalisé par Dupraz et sa bande en fin de saison n'aura de sens que s'il marque un véritable tournant pour le club toulousain.

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Au milieu de toutes ces erreurs de casting, seul Martin Braithwaite s’avère être la bonne pioche des trois dernières années. Avec le recul, on s’aperçoit que recruter dans des championnats dits « exotiques » est plus souvent source de désillusion qu’autre chose. Car si le niveau de jeu de la Ligue 1 est souvent décrié, il reste un cran élevé pour des joueurs de troisième zone, dont le Tèf s’est fait une spécialité lors des derniers mercatos.

Les émissaires toulousains doivent impérativement changer l’orientation de leur compas, qu’ils n’ont visiblement pas dans l’oeil. Espérons que l’arrivée de Pascal Dupraz fera renaître un soupçon d’ambition dans le recrutement. A ce propos, le technicien savoyard a déjà déclaré « vouloir des pointures » en vue de la saison prochaine. On a senti Olivier Sadran sursauter d’ici…

> En conservant l’ossature du onze type de Dupraz

Lors de sa prise de fonctions, Pascal Dupraz a tout de suite mis en place un 4-3-3 basé sur une récupération haute et une projection rapide vers l’avant. Au cœur de ce schéma, Étienne Didot a endossé le costume de meneur de jeu, un rôle qu’il a su jouer à merveille de par sa hargne et sa vision intelligente des espaces. Celui qui avait été mis au placard par Dominique Arribagé et que certains pensaient proche de la retraite, a donc su guider les jeunes pousses dans la bonne direction. Oui, car la colonne vertébrale de ce 4-3-3, constituée par la sentinelle Alexis Blin, le défenseur Issa Diop et le portier précoce Alban Lafont ne dépasse pas les 18 ans de moyenne d’âge. Inutile de vous dire que ces « Pitchouns » artisans du maintien font des envieux – prestigieux – à travers toute l’Europe.

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L'exploit réalisé par Dupraz et sa bande en fin de saison n'aura de sens que s'il marque un véritable tournant pour le club toulousain.

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Le FC Séville et le Barça (rien que ça !) se sont déjà renseignés sur le troisième cité, quant au second, il intéresse notamment le FC Porto et le Borussia Dortmund. Il sera donc difficile pour Olivier Sadran de conserver ses prodiges issus de la formation, bien que ceux-ci aient tous déclaré vouloir rester au club une saison de plus.

Des paroles que l’ensemble des supporters aimeraient voir se réaliser, eux qui vont déjà assister aux départs d’Adrien Regattin (en fin de contrat) et du serial buteur Wissam Ben Yedder. Ce dernier a en effet signé un accord avec le président pour obtenir un bon de sortie dès cet été. Seule condition : le transfert devra avoisiner, au moins, les 12 millions d’euros. Enfin, le staff devra se montrer très séduisant pour prolonger Martin Braithwaite, qui attise les convoitises en Premier League. Et connaissant la facilité qu’ont les clubs anglais à poser les billets sur la table, on pourrait ne jamais revoir le charismatique Danois fouler la pelouse du Stadium.

> En se rapprochant du public

On a pu le constater tout au long de l’ère Arribagé : le public toulousain n’aime pas qu’on le néglige.
En effet, l’absence totale de communication de l’ex-coach des Violets, conjuguée aux mauvais résultats sportifs a participé à la désertification massive du Stadium, qui a connu des records de non-fréquentation cette saison. Pour la première fois depuis la remontée du Tèf en Ligue 1, la barre des 10 000 spectateurs n’a pas été atteinte au sein de la quatrième ville de France (à deux reprises contre Montpellier et Nice). Fort heureusement, l’arrivée de Pascal Dupraz a radicalement changé les choses.

En ouvrant l’intégralité des entraînements au public et en demandant à celui-ci de se déplacer au stade plutôt que de regarder les matchs à la télé, le nouveau coach a ramené une certaine ferveur sur l’île du Ramier. Mieux, la bonne dynamique de fin de saison a occasionné un déplacement historique lors de l’ultime journée à Angers : 1500 supporters toulousains ont envahi la cité du SCO, créant même un cortège dans les rues de la ville. Du jamais vu.

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Maintenant, il faut espérer que cet engouement naissant ne restera pas au stade de feu de paille et embrasera la Ville Rose – qui ne demande que ça – tout au long de l’exercice 2016-2017. Dans cette optique, il serait bienvenu que le club mette (enfin) en place une vraie campagne de communication pour ses abonnements, qui ne seront disponibles à la vente qu’à partir de début juin…

Pour conclure, on peut dire que le TFC a entamé un virage sportif important, dont il faudra bien négocier la corde, incarnée par le mercato estival. Le club de la Ville Rose devra conserver ses jeunes pépites, tout en prenant soin de se renforcer pour combler les départs déjà actés de certains cadres.

Auteur : Boris Daube

Supporter inconditionnel du TFC, je consomme le foot sans modération. In Paul Pogba I trust.

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