Téléfoot, la fin d’un mythe

04
novembre
2013

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Catégorie : Editos

On passerait presque pour les vieux cons, " c'était mieux avant ". Nostalgique et triste de l'évolution de Téléfoot, APP analyse un triste naufrage.

Normalement à 37 ans on se porte comme un charme. L’expérience, une telle longévité et l’héritage de ses illustres présentateurs auraient du faire de l’actuelle formule de Téléfoot l’émission phare du dimanche matin. Mais bien que vénérée dans le passé, le rendez-vous des amoureux du ballon perd de son prestige jusqu’à exaspérer au plus haut point les puristes. Autopsie d’un naufrage.

La coupure pub au bout de 3 minutes montre en main. La voix agaçante dans le «Fast-foot» qui rappelle que (sur)jouer une émotion, c’est aussi un métier. Les mêmes images des centres d’entraînement du PSG ou de l’OM, à qui l’on consacre un sujet par semaine. Le côté VRP un peu véreux de Christian Jeanpierre qui nous vend un reportage toujours «exceptionnel». Et les éternelles comparaisons, dernière victime Ozil aka le Zidane Allemand, qui rappellent qu’il n’y a pas que «But !» ou «Foot Mercato» qui nous prennent pour des buses, ou des incultes. Additionnés, tout ces petits défauts rendent de moins en moins crédible une émission qui était pourtant la référence en la matière il y a quelques années.

Quand on pense à Téléfoot, on pense à ces équipes amateurs invités auparavant chaque semaine comme pour rappeler que le football professionnel ne serait rien sans celui pratiqué le week-end grâce à la passion des bénévoles. L’émission fait le lien entre deux mondes pour mieux les concilier, les faire s’aimer. Et ça marche. Véritable messe (sans mauvais jeu de mots pour le «Jour du Seigneur» diffusé en face sur le service public), on découvre un magazine riche en images, en plein essor de la télévision couleur, et des analyses abordables, même pour les non-initiés. Mais passer des grands Thierry (Roland et Gilardi) à CJP, on se dit qu’on s’est un peu foutu de nous. Je n’ai rien contre ce dernier, mais ses anecdotes, sa maladresse à certains moments font tâche dans cette liste d’animateurs, déifiés à juste titre par toute une partie de la France du foot. Prendre le relais après de telles légendes, ce n’est un cadeau pour personne. Bad timing.

Si cette année, le magazine a fait l’effort de payer BeIn Sport pour diffuser des buts de la Ligue 1 et pas mal à l’étranger, il ne faut pas oublier ce passage à vide monumental où Téléfoot n’avait aucun droit, aucune image, se contentant de magnétos déjà vus, et de vidéos gags trouvés sur le net. Un comble quand on se souvient que le dimanche matin à 11h était le moment où l’on voyait justement les buts de la veille en L1. Une période délicate où on perdait l’âme du magazine, son intérêt, celui pourquoi il avait été crée !

La concurrence n’aide pas non plus. Canal a dégainé une émission d’un rare professionnalisme, le Canal Football Club, où les intervenants chevronnés contrastent avec un Fred Calenge, l’homme qui annonce si le terrain est praticable les soirs de matchs. La L1 étant en exclusivité sur Canal, c’est donc logiquement que le CFC compte plus de téléspectateurs. La fin d’une époque. Et ce n’est pas en copiant les méthodes des journaux people pour faire du bruit qui améliorera l’image d’un des piliers du PAF français. Cf l’interview «gossip» et limite racoleuse de Patrice Evra. A bon entendeur.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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