Signé la Desch’ !

20
novembre
2013

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Catégorie : Coupe du Monde 2014 / Équipe de France

Choix tactiques bien pensés, changements de joueurs importants, cette qualification au mondial porte avant tout le sceau d'un homme: Didier Deschamps.

Critiqué après le barrage aller face à l’Ukraine suite à cause de choix tactiques contestables, Didier Deschamps s’est parfaitement repris lors du match retour en effectuant des changements payants.

«Le mérite revient aux joueurs, ils ont fait quelque chose de grand. Ce sont eux qui mettent ce qu’il faut sur le terrain». Après le match, Didier Deschamps n’a de cesse de féliciter ses joueurs. Rien de plus normal. Ce sont eux qui, quatre-vingt-dix minutes durant, ont surclassé une équipe d’Ukraine qui n’a pas su profiter de sa situation favorable au coup d’envoi. Ce sont eux  qui ont renversé une tendance bien mal embarquée pour réaliser la plus belle performance du football français depuis 2006. Mais, comme à son habitude, humble et ne voulant pas tirer la couverture sur lui ou son staff technique suite à cette remontada historique, le sélectionneur français n’en est pas moins le principal investigateur.

Dans le monde du football, et plus particulièrement celui de l’équipe de France, on peut très rapidement passer de héros à zéro. Et vice versa. C’est ce qu’il est arrivé à l’entraîneur des Bleus. Car avant de sortir de son chapeau un onze de départ qui a laminé les ukrainiens, il faut avouer qu’il s’était complètement planté lors du premier match de cette double confrontation. Au final, une fessé et des incertitudes qui refont surface. L’impression d’un éternel recommencement. Car encore une fois, après deux bonnes performances face à l’Australie (6-0) et la Finlande (3-0)  courant octobre, les Bleus trébuchent.

4-3-3, sérénité et agressivité

Choix tactiques bien pensés, changements de joueurs importants, cette qualification au mondial porte avant tout le sceau d'un homme: Didier Deschamps.Vendredi dernier, en Ukraine, l’équipe de France n’était pas à la hauteur. Dans un 4-2-3-1 inadéquat pour bon nombre d’entre eux, les français perdent le combat physique et le match qui va avec. Et encore plus que les joueurs, DD se fait taper sur les doigts. Pêle-mêle,  on lui reproche d’avoir fait confiance à Abidal, en dedans avec Monaco et tout autant avec la sélection, d’avoir écarté Valbuena, toujours irréprochable sous la liquette bleue au profit de Nasri, d’utiliser Pogba et Matuidi, rayonnants avec la Juventus et au PSG dans un rôle trop défensif qui ne leur convient pas et clou du spectacle, de ne pas avoir su réagir alors que son équipe s’enlisait. L’entrée de Moussa Sissoko, pour «bétonner» le milieu de terrain à la place de Loïc Rémy, alors que la France est menée 1-0 aura fait bondir plus d’un supporter dans son fauteuil. Qu’importe… Le mal est fait et l’équipe de France est dans de beaux draps. Les statistiques sont formelles : que ce soit pour une coupe du Monde ou un Euro, aucune équipe européenne ayant perdu un barrage aller par deux buts d’écart n’a réussi à se qualifier en phase finale. Alors, avec une équipe de France aussi triste que celle-ci, on n’en parle même pas.

Mais, la principale qualité de Deschamps est de ne rien lâcher, coûte que coûte. Alors, dès le retour de Kiev, il se remet au boulot pour trouver le schéma qui permettra de venir à bout de ces coriaces soldats jaunes. Très vite, et c’est tout à son honneur, il se rend compte qu’il est le principal fautif lors de la débâcle ukrainienne. Joueurs, système de jeu, il décide de tout change et ses intentions sont claires. Exit le 4-2-3-1, place à un 4-3-3 égal à celui du PSG, bien plus équilibré pour les forces en présences. Ce schéma permet à Matuidi et Pogba de retrouver un poste qui est le leur en club. Au contraire de Cabaye, utilisé en pointe basse de ce milieu à trois. Un choix risqué qui s’est avéré payant tant le Magpies a excellé à la récupération et à la relance dans un rôle qui lui sied à merveille.

Tel un joueur de Loto qui tire les bons numéros, ou simplement un grand coach qui s’extirpe de n’importe quelle situation délicate et sent parfaitement les coups, les choix de Deschamps ont tous eu une incidence positive sur l’issue du match. Hormis le trio du milieu de terrain qui a remporté la bataille technique de l’entrejeu, Valbuena a souvent quitté son couloir droit pour organisé le jeu comme il sait si bien le faire, c’est-à-dire bien mieux que Nasri. Varane, malgré son jeune âge a apporté calme et sérénité à l’arrière garde tricolore, au contraire de Koscielny, bêtement expulsé quatre jours plus tôt. Benzema, lui, a enfin saisi la énième chance donnée par Deschamps en inscrivant le second des trois buts, celui qui a remis les deux équipes à égalité.  Et que dire de Sakho. Titularisé à la place d’Abidal, l’ancien parisien a joint les actes à ses paroles de dimanche en conférence de presse et apporté ce qu’il manquait à la défense centrale française : de l’agressivité. Preuve que cette soirée n’était pas comme les autres et que Didier Deschamps était béni par les Dieux du football, Mamad’ s’est même permis de claquer un doublé, ses deux premiers buts en sélections qui nous rappelle Lilian Thuram et un joli soir de juillet 1998.

Face à l’Ukraine, l’enjeu était moindre mais le dénouement aussi beau. Et parce qu’il revient de très loin, La Desch’ s’en contentera.

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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