Si près, si loin

21
décembre
2017

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Catégorie : Editos

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Dans la litanie des expressions bateau du football, la formule,« ça se joue sur des détails » occupe, à coup sûr, une place d’honneur. Derrière cette expression aux allures d’excuse maladroite se cache pourtant un questionnement légitime : peut-on perdre trois points sur un détail ?

Tout d’abord, il me semble nécessaire de définir ce qu’est un détail. Si ce dernier peut prendre plusieurs aspects, nous pouvons néanmoins en distinguer trois principaux : l’erreur d’arbitrage annihilant une occasion de but, le but non marqué en raison d’une imprécision minime (arrêts du bout des gants, poteau intérieur), ou bien le décalage infime entre le ballon et le joueur en position de marquer. Si ces trois caractères n’ont absolument rien d’objectifs, ils permettent cependant de matérialiser ces fameux détails.

Ce constat étant fait, pouvons-nous être certain que  la présence de ces critères, ou a minima d’un de ces critères, dans un match où le score serait nul ou étriqué (un but d’écart) permet de conclure que le « match s’est joué sur des détails » ?

Oui, car comme nous venons de le démontrer, la présence, a fortiori quand elle rassemble l’opinion, de critères correspondant à des détails dans le cadre d’une situation où le but est proche nous amène à penser que l’issue du match en aurait été modifiée. Dès lors, la perception d’un arbitre, son interprétation et son appréciation détermineront le résultat du match, à l’instar de la précision des joueurs, de leur positionnement au moment d’une occasion franche et d’une multitude d’autres facteurs qui ne seront pas comptabilisés comme des détails en raison de leur distance par rapport à l’occasion de but.

Cela étant, nous pouvons très vite remarquer que ce n’est pas le résultat qui se jouera sur un ou plusieurs détails, mais bien plus le scénario du match en tant que processus continu. De plus, sans en faire un théorème mathématique, il est indéniable que l’accroissement du nombre et de l’importance de ces détails dans un match aura comme conséquence de noyer le temps court du détail dans la multiplication des situations.

Toutefois, le débat n’est pas clos, car il ne me paraît pas absurde de s’intéresser au premier des détails pour conclure une fois de plus de l’importance de ce « détail ». Mais là encore, il semblerait plus judicieux d’en finir avec la formule connue affirmant que le match s’est joué sur des détails, en appréhendant le match non pas uniquement sous la forme de son résultat final, mais bien comme un scénario particulier dans lequel détails et faits de jeu participent au charme du football et aux débats inhérents à celui-ci.

 

Auteur : Evan Risch

Marseillais d'adoption, amoureux de Bielsa et du QI foot de Valère Germain

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