Si le football m’était conté : L’OM retourne le Vel’

02
juillet
2013

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Catégorie : Ligue 1

velodrome

La rubrique «Si le football m’était conté» devrait satisfaire les plus nostalgiques d’entre vous en cette période de rumeurs incessantes concernant le mercato. Deuxième volet de notre série : l’époustouflant Marseille-Montpellier d’août 1998.

C’est l’histoire d’un de ces matchs de championnat qui aurait dû rester anodin. Un match entre deux équipes en rodage comme il s’en déroule tant à chaque début de championnat. Mais ce samedi 22 août 1998, les acteurs en ont décidé autrement. Ils nous ont proposé un match comme la Ligue 1 n’en a vu que très peu depuis. Le football total poussé à son paroxysme.

En ce début de saison post-Coupe du Monde, pour la troisième journée de championnat, le Montpellier Hérault se déplace au Vélodrome. Pas favori pour cette rencontre, les hommes du président Nicollin vont déjouer les pronostics. Dans un premier temps… Lors de ce premier acte, les vagues montpelliéraines déferlent sur la cage des Marseillais. Porato, le gardien marseillais, qui fête sa première titularisation au Vélodrome, va vivre un cauchemar. Bakayoko, Robert et Sauzée trouvent la faille. À la vingt-deuxième minute de jeu, Marseille est déjà mené 3-0. Puis quatre quand Bakayoko inscrit un second but, synonyme de doublé. Surréaliste ! À la mi-temps, l’OM est submergé. La bronca du Vélodrome est à la hauteur de la non-performance marseillaise… Le réalisme montpelliérain reflète avec le ridicule des olympiens.

«Mon salaire du mois qu’on gagne 5-4» 

courbis omOn se dirige donc vers une volée historique à domicile. Laurent Blanc n’ose même plus parler d’équipe: «En première mi-temps, nous ne formions pas une équipe. Il y avait seulement onze joueurs qui semblaient perdus sur le terrain. Sans aucun liant. Presque perdus». Plus personne ne croit a un retour marseillais tant l’équipe est amorphe. Enfin si, une personne : Rolland Courbis, l’entraineur de l’époque. En rentrant au vestiaire, dans les coursives du Vel’, Coach Courbis lance à Loulou Nicollin un culotté «Mon salaire du mois qu’on gagne 5-4». La suite va lui donner raison. À la plus grande stupéfaction de tout le monde.

Même s’il n’est pas sur le terrain, Courbis sera le grand bonhomme de cette seconde période. Tout d’abord en n’enfonçant pas plus ses joueurs qu’ils ne le sont. À la pause, au lieu de pousser un coup de gueule, il a su trouver les mots pour redonner le moral à ses troupes : “Il a dit que le match n’était pas terminé et qu’on avait encore nos chances”. Explique Eric Roy, auteur du quatrième but de son équipe. “Il ne nous a pas mis minable. Au contraire, il a dédramatisé les choses. Et au fil de la seconde période, on s’est mis à y croire”. Son coaching s’avèrera également payant. Perdu pour perdu, à l’heure de jeu, voyant que la situation qui n’évoluait pas, il décide de faire entrer Christophe Dugarry à la place de Daniel Bravo. Un attaquant à la place d’un défenseur. Changement payant: pour son premier ballon, le champion du monde adresse un magnifique centre pour la tête de Florian Maurice. La révolte est en marche.

Un privilège de jouer une telle rencontre

Sur un nuage, le nouvel entrant inscrira également un doublé dans les dix minutes qui suivent. Le stade Vélodrome se met à y croire. Les Montpelliérains, si sereins pendant les quarante-cinq premières minutes, sont devenus très fébriles. Sentant la catastrophe venir, ils sont acculés devant la cage de Bruno Martini.  Mais cela ne suffira pas. Eric Roy égalise. La performance olympienne est déjà magnifique. Mais ils ne s’arrêtent pas en si bon chemin. Dans les arrêts de jeu, l’arbitre leur accorde un pénalty pour une faute sur Pirès. Laurent Blanc a l’exploit au bout du pied. «Le président» ne tremble pas. Il envoie une mine sous la barre. 5-4, coup de sifflet final. Courbis exulte, il est possédé. Comme tout le monde, il sait que c’est avant tout SA victoire.  Son OM vient de réussir une des plus grandes remontées de l’histoire du Championnat de France.

Personne n’ose y croire! Loulou Nicollin, au micro de Canal Plus ne parait même pas abattu. Il est comme tout le

monde déboussolé : «mener 4-0 à la mi-temps, je n’y croyais déjà pas, alors s’en prendre cinq en quarante-cinq minutes, je n’y crois pas non plus. C’est le football, c’est comme ça.» Même son de cloche pour Xavier Gravelaine, joueur de Montpellier ce jour-là : «Notre début de rencontre a été carrément exceptionnel ! Nous nous trouvions parfaitement et le ballon circulait sans aucun problème. Moi, je me suis vraiment bien amusé au sein de cette équipe. Malheureusement, et on s’en doutait un peu, cela n’a pas duré». Les Montpelliérains ne paraissent même pas déçus.  Ils se sentent un peu comme privilégiés. Après tout, à leur manière, ils viennent d’écrire l’histoire…

Par son dénouement époustouflant, ce match restera encore longtemps dans les annales. Aujourd’hui encore, on en entend souvent parler. Il est même devenu un exemple. Quel éducateur d’équipe de foot n’a pas expliqué la situation des Marseillais ce jour-là à son équipe, largement menée à la pause ? Sans doute aucun…

Aussi magnifique soit-il, personne n’a su expliquer ce retournement de situation. Personne ne sait non plus si Rolland Courbis a donné son salaire à Loulou Nicollin …

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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