Seleçao : Ordem e Progresso

17
juin
2018

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Catégorie : Coupe du Monde 2018

Seleçao

Grand favori de cette Coupe du Monde, le Brésil semble ne manquer de rien pour aller au bout. Bien loin du 7-1 subie face à l’Allemagne durant son mondial, la Seleçao possède aujourd’hui un groupe d’une qualité rare, bien emmener par un sélectionneur enfin à la hauteur du poste, Tite. Les planètes semblent alignées pour ces agitateurs d’étoiles…

Il y a à peine quatre ans, le Brésil recevait le monde entier pour ce qui devait être SA Coupe du Monde. Au lieu de ça, on aura droit à la plus grande catastrophe du football brésilien depuis le Maracanaço de 1950. La sélection brésilienne sort de son mondial par la (toute) petite porte et le football auriverde est au bord du gouffre. Le traumatisme est énorme, mais comme dans les années 1950, la Seleçao semble sortir encore plus fort de cette crise. Après la finale perdue au Maracanã face à l’Uruguay (2-1) en 1950, les brésiliens s’étaient relevés grâce à l’éclosion du duo Pelé-Garrincha et avait remporté deux Coupe du Monde consécutives en 1958 et 1962. Aujourd’hui, le parallèle est tentant, avec une génération de jeunes brésiliens au talent hors norme succédant aux joueurs limités de 2014. Adieu Julio César, Dante, Luiz Gustavo, Fred ou Jô et place à Alisson, Marquinhos, Casemiro, Gabriel Jesus ou Coutinho, sans oublier les cadres et l’expérience déjà présents en 2014 mais laissés trop seul il y a quatre ans, les Marcelo, Neymar, Thiago Silva ou Paulinho.

Un entraîneur, enfin !

Sur le bord du terrain aussi, la gifle de 2014 semble avoir créé un électrochoc où Scolari et Dunga, qui se sont succéder durant tant d’années à la tête de la sélection, ont été mis dehors, Scolari après 2014 et Dunga après la piteuse élimination en Copa America 2015. Entraîneur à succès au Brésil, Tite prend la tête de la Seleçao en 2016 et apporte tout ce qu’il manquait à cette équipe jusque-là. Il redonne une âme à cette sélection, perdue si loin du Joga Bonito d’antan. Alors non, le Brésil ne joue plus comme à l’époque de Pelé, Garrincha, Socrates, Zico et autres, mais Tite, qui n’a entraîner qu’au Brésil, a su ramener cette âme brésilienne à la sélection. Les joueurs actuels ayant été très tôt envoyés en Europe pour renflouer les caisses des clubs brésiliens, ils n’ont plus l’esprit du football brésilien, qui se meurt en formant des joueurs avant tout préparer pour le football européen, misant plus sur la vitesse et la force physique plutôt que sur la technique, qui à pourtant fait l’histoire du football brésilien. Le jeu de Tite n’est d’ailleurs pas le plus flamboyant qui soit, mais il a su s’adapter au football moderne ou le seul secteur offensif ne suffit plus pour gagner. Tite s’appuie d’abord sur une solidité défensive portée par la charnière centrale Thiago Silva-Miranda et sur un milieu à trois très travailleur avec Casemiro-Paulinho-Renato Augusto. Avec l’équilibre permanent qu’offre ces joueurs-là, la liberté offerte au trio offensif Neymar-Jesus-Coutinho n’en est que plus grande, avec les débouler de Marcelo et Danilo en suppléments. Cette recette mélangeant travailleurs de l’ombre et liberté offensive avait fait le bonheur du Brésil en 2002 où le duo Gilberto Silva-Kléberson au milieu, associé au talent de Ronaldinho et Ronaldo devant, avait permis à la Seleçao de soulever sa dernière Coupe du Monde en date.

Un tableau piégeux.

Alors à quoi s’attendre pour ce Mondial ? Si, sur le papier, tout semble réuni pour que le Brésil aille chercher sa sixième étoile, la vérité du terrain est parfois tout autre. Opposé au Costa Rica, à la Suisse et à la Serbie dans ce premier tour, les brésiliens ne devraient avoir aucun mal à sortir de ce groupe, à la fois abordable et offrant tout de même une belle adversité. En terminant en tête de son groupe, le Brésil affrontera le deuxième du groupe F, à savoir le Mexique ou l’Allemagne, pour la revanche de 2014, déjà. Viendra ensuite une brochette de favoris, de la Belgique, à la France en passant par le Portugal, l’Argentine ou l’Espagne jusqu’en finale. Un chemin vers la finale loin d’être évident, mais le Brésil semble aujourd’hui armé pour faire face à n’importe qui. Et laver l’affront d’il y a quatre en soulevant le trophée le 15 juillet ?

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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