Rooney, une centième rugissante

17
novembre
2014

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Catégorie : Euro 2016

Buteur et victorieux pour sa centième sélection samedi face à la Slovénie (3-1) sous le maillot de l’Angleterre, Wayne Rooney est entré un peu plus dans la légende des Three Lions. Focus sur un joueur si brillant pourtant décrié.

C’était une journée de gala ce samedi sur la pelouse de Wembley. En préambule de la rencontre Angleterre – Slovénie, Wayne Rooney, entouré de ses deux fils, a reçu des mains de Sir Bobby Charlton une casquette dorée récompensant la longévité et la constance de sa carrière au plus haut niveau pour cette centième symbolique. Comme un passage de témoin entre la génération victorieuse de la Coupe du monde 1966 et celle qui aspire à le devenir sous les ordres de Captain Rooney. Promu porteur du brassard par le sélectionneur Roy Hodgson depuis les retraites internationales conjuguées de Steven Gerrard et de Frank Lampard après la Coupe du monde au Brésil, Wazza, son surnom, a pris son nouveau rôle très à cœur. En effet, le natif de Liverpool a récemment déclaré qu’il ne serait pas un grand d’Angleterre tant qu’il n’aura pas ramené avec ses troupes un trophée international (Euro ou Coupe du Monde). C’est tout le mal qu’on lui souhaite sur la route qui le mènera logiquement à l’Euro 2016 en France.

Un championnat d’Europe où les Anglais risquent d’être à nouveau au rendez-vous puisqu’avec quatre victoires en autant de rencontres, ils sont très bien lancés dans la course à la qualification. Leader incontesté du groupe E, l’Angleterre a été dominatrice mais peu inspirée face à la Slovénie. Mal partis lors de cette rencontre, après avoir concédé l’ouverture du score sur un but contre son camp de Jordan Henderson à la 57ème minute, les Anglais ont réagi à l’orgueil dans la dernière demi-heure par leur trident offensif Rooney-Welbeck-Sterling. Victime d’une faute dans la surface suite à un léger accrochage avec l’ancien défenseur de l’OM Bostjan César, Rooney, en bon capitaine, a pris ses responsabilités et sonné la révolte de son équipe en égalisant (59ème). Danny Welbeck, son ex-compère d’attaque à Manchester United désormais à Arsenal, s’est chargé d’inscrire les deux autres buts (66ème et 72ème), le dernier à l’issue d’une remise formidable du jeune joueur de Liverpool Raheem Sterling.

Buteur et victorieux pour sa centième sélection samedi face à la Slovénie (3-1) Wayne Rooney est entré un peu plus dans la légende des Three Lions.

Des occasions manquées pour le buteur anglais …

Dans le temple londonien du football, la fête était complète pour les supporters anglais. Mais Rooney est pourtant loin de faire l’unanimité dans son pays. Un paradoxe pour un tel talent. Appelé pour la première fois le 12 février 2003 face à l’Australie (défaite 3 buts à 1) à l’âge de 17 ans sous les ordres de Sven Goran Eriksson, l’ex-joueur d’Everton est devenu incontournable au fil des années malgré son incapacité à mener sa sélection à la victoire finale dans un grand tournoi. Ce que ne cesse de relever ses détracteurs. Il est contesté surtout pour avoir réduit à néant les espoirs de sa nation quand il fut expulsé face au Portugal de l’autre prodige du football mondial né en 1985, Cristiano Ronaldo, lors du quart de finale de coupe du Monde, finalement perdu aux tirs au but, en Allemagne en 2006. Puis d’être le responsable du fiasco british en Afrique du Sud quatre ans plus tard en n’ayant pas inscrit le moindre but. De là à imaginer que les Britanniques auraient pu aller plus loin dans les tournois majeurs sans Rooney, c’est illusoire. Même s’il peut connaître des soucis disciplinaires, l’investissement de l’attaquant mancunien, qui a tout gagné en club, n’a jamais été remis en cause, comme en témoignent ses impressionnantes statistiques en sélection.

… mais le meilleur reste peut-être à venir

En entrant samedi dans le cercle très fermé des centenaires, seulement devancé par huit autres joueurs avant lui (dont ses anciens partenaires Beckham, Gerrard, Lampard et Ashley Cole), Wazza a le temps, à 29 ans, de rejoindre puis de dépasser le recordman, le gardien Peter Shilton, du haut de ses 125 capes. Et, avec désormais 44 buts en 100 sélections, Rooney occupe la troisième place du classement des meilleurs buteurs de l’histoire, à égalité avec Jimmy Greaves, joueur emblématique de Tottenham dans les années 1960. Il se rapproche ainsi de Gary Lineker et de Sir Bobby Charlton, ses illustres prédécesseurs, respectivement auteurs de 48 et de 49 réalisations (un record). Nul doute que le buteur de Manchester United espère grossir encore son capital dès ce mardi à 18 heures contre l’Écosse, rival et voisin historique qui vient de faire tomber l’Irlande (1-0) en éliminatoires, au Celtic Park de Glasgow. Ce derby amical qui ne le sera probablement que de nom tant les débats avaient été animés lors de leur dernière confrontation en août 2013 à Wembley, où l’Angleterre l’avait emporté (3-2). Ce match pourrait permettre à Rooney de se rapprocher ainsi encore un peu plus de Sir Bobby Charlton, vénérable légende des Red Devils et de l’équipe d’Angleterre. Comme Rooney avant lui. Avant de rêver au titre suprême et de faire taire définitivement les critiques de sa majesté ?

Auteur : Sébastien Caquineau

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