Ronaldo conjure le sort

19
juin
2012

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Catégorie : Euro 2016

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Il fait l’unanimité au Real Madrid, il est critiqué en sélection. La faute à des statistiques inégales sous ses deux maillots. Mais grâce à une prestation de grande classe face aux Pays-Bas, deux buts et deux poteaux, il porte tous les espoirs de son pays et assume enfin son rôle de meilleur joueur européen.

13 juin dernier, Lviv. Nous sommes à la 78e minute du match Danemark-Portugal. À un quart d’heure de la fin du match, les Portugais mènent 2-1 mais subissent de plus en plus les assauts répétés des Nordiques. Quand soudain, Nani lance parfaitement Ronaldo en face à face. Une frappe dévissée plus tard, et c’est déjà le deuxième duel avec Andersen perdu par le Ballon d’Or 2008. On doit bien rire à Madrid, parce que ce genre d’occasion là, le Portugais ne se ferait pas prier pour les transformer en buts chez les Merengues. Mais il est bien là problème. Lorsque le maillot change de couleur, il semblerait que le joueur change aussi. Paradoxal dans une époque où la tunique nationale est censée transcender un joueur, le rendre encore meilleur qu’en club. C’est tout l’inverse. Dans le stade de Lviv, les supporters Danois chambrent le Portugais en scandant « Messi ! Messi ! Messi ! ». L’affront ultime.

C’est sûr qu’à force d’être comparé au triple Ballon d’Or, Ronaldo semble un peu agacé. Surtout pour un joueur qui dégage l’impression de vouloir être le meilleur, partout, et sans cesse. Les espoirs fondés sur lui par tout un pays sont donc légitimes au vu de son talent (112 buts en 101 matchs avec le Real) mais il peine à trouver en sélection le rendement exceptionnel qui est le sien en Espagne. Décrié par la presse, mais promu capitaine par le sélectionneur Paulo Bento, Cristiano navigue en eaux troubles. Des eaux que même neuf buts lors des qualifications (donc deux faces à la Bosnie en barrages) ne pourraient éclaircir. L’exigence est à la hauteur des productions de ce dernier dans la capitale espagnole et de son talent. Un talent que les Portugais attendent impatiemment de voir éclater ailleurs qu’en Liga. Sur les pelouses internationales par exemple. Alors lorsque le Portugal joue sa survie dans l’Euro contre les Pays-Bas, il y voit tout de suite le moyen de voir sa cote de popularité grimper, luxe qu’il ne s’était plus offert depuis quelques mois déjà.

Il est 23h, et la nuit est déjà tombée depuis longtemps sur Kharkiv. Avec elle, elle emporte les derniers espoirs Néerlandais. Piteusement éliminée d’un euro 2012 où elle n’aura pas inscrit le moindre point, l’équipe des Pays-Bas, malgré leur constellation d’étoiles dans l’effectif (Van Persie, Huntelaar, Robben, Van der Vart, Sneijder etc) n’auront pas su honorer leur place de second au Mondial 2010. La faute à qui ? À une étoile filante nommée Cristiano Ronaldo. Lumineux au moment de marquer (28e et 74e), fulgurant au moment d’offrir un caviar à Nani (73e) ou encore à deux doigts de décrocher la lune lorsque deux poteaux l’ont privés d’un formidable quadruplé (16e et 90+1e), Ronaldo a offert un récital. Crédité d’un 9/10 dans France Football, il a tout fait, avec très peu de déchets et a parfaitement exploité la faiblesse de l’arrière-garde Néerlandaise. Mieux, il semble enfin à l’aise avec la Selecçao et honore parfaitement un capitanat, qui semblait l’intimider plus qu’autre chose auparavant. Moins soliste qu’à l’accoutumée, de Porto à Faro, on a redécouvert un joueur que l’on avait enterré un peu trop tôt. Un joueur qui, lorsqu’il déploie tout sa palette technique avec tant de facilité, est juste irrésistible.

Un joueur qui, pour le quart de finale contre la République Tchèque, sera le Messie de tout un peuple. Et promis, il n’y a aucune référence à l’Argentin cette fois.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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