Roma, ville éternelle, ambitions (re)naissantes

11
octobre
2013

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Catégorie : Europe

Ces dernières années l’AS Roma n’était plus que l’ombre d’elle-même mais cette saison avec Rudi Garcia aux manettes la donne parait bien partie pour changer

De désillusions en mauvais résultats, l’AS Roma n’était plus que l’ombre d’elle-même ces dernières années. Mais cette saison, avec Rudi Garcia aux manettes et un Francesco Totti au top de sa forme, la donne parait bien partie pour changer.

Les légendes ne meurent jamais ! Ça tombe bien, à Rome, Francesco Totti en est une. A trente-sept printemps, l’emblématique capitaine vit une seconde jeunesse. Ce week-end, à San Siro, lors du récital face à l’Inter Milan (victoire 3-0), le furioclasse, chaussettes basses et pouce droit dans la bouche en guise de célébration de ces buts, a offert une prestation taille patron. Sans doute comme il n’en avait plus donné au peuple romanista depuis longtemps. Un missile des vingt mètres dans le petit filet d’Handanovic pour l’ouverture du score, un penalty transformé en force pour le but du break et pour couronner le tout, une chevauchée de cinquante mètres pour offrir la troisième réalisation des siens à Florenzi. Avec le retour au premier plan du fils prodige de Rome et  sept victoires au compteur en autant de matchs pour la Roma, c’est toute une ville qui se met à croire en ses rêves les plus fous.

Car ces derniers temps, les supporters giallorosso se sont contentés de plusieurs années de vaches maigres. La Roma est absente du podium et même des cinq premières places depuis 2010. La stabilité n’est pas non plus de rigueur : En trois saisons, cinq entraîneurs se sont succédés à la tête du club. Ambitieux, Luis Enrique et Zdenek Zeman, n’ont pas su confirmer les espoirs placés en eux ces deux dernières saisons. Ce dernier n’a même pas été au bout de l’exercice précédent. Prônant un jeu très offensif, le technicien tchèque n’a pas réussi à trouver un équilibre défensif correct. Il a été remplacé en cours de saison par Aurelio Andreazzoli. L’éternel adjoint a légèrement redressé la barre mais a échoué dans sa mission de qualifier le club pour la coupe d’Europe, pour la seconde année consécutive. Il a même terminé la saison par un véritable traumatisme. En finale de la Coupe d’Italie, la Roma est battu par son voisin et plus grand rival, la Lazio (2-1). Une terrible désillusion dont les fans du club se seraient bien passés.

Un Rudi Garcia épatant

Et quand, en ce début d’été 2013, après avoir essuyé de nombreux refus, les dirigeants romains nomment le français Rudi Garcia à la tête du club, l’optimisme n’est toujours pas au beau fixe chez les supporters. Mais, contre vents et marrées, l’entraîneur français finira par s’imposer. En partie grâce à un comportement exemplaire. Dès son arrivée, il fait l‘effort de communiquer  en italien, ce qui plait fortement aux journalistes ainsi qu’aux supporters et son mercato est également mené de bien belle manière. Les départs de joueurs cadres tel Marquinhos, Lamela ou Osvaldo rapportent beaucoup d’argent. Ça permet à Garcia de les remplacer rapidement. Pas de grands noms, mais des valeurs sûres à des postes où les carences sont criantes.

Ces dernières années l’AS Roma n’était plus que l’ombre d’elle-même mais cette saison avec Rudi Garcia aux manettes la donne parait bien partie pour changerBien qu’inconnu en Italie, Rudi Garcia est néanmoins un coach de talent. Et rapidement, il a su tirer le meilleur de son groupe. Son tour de force aura été de se mettre dans la poche dès son arrivée, Francesco Totti et Daniele De Rossi, les deux figures emblématiques du club. La mayonnaise entre ancien et nouveau prend rapidement. Les recrues s’intègrent dans le collectif comme si elles avaient toujours été là. De Sanctis et Benatia sont déjà les deux patrons de la défense, actuellement la meilleure d’Europe avec un seul but encaissé en sept rencontres! Au milieu, Strootman est le parfait complément de Pjanic et De Rossi. Inconnu à son arrivé dans la capitale italienne, le relayeur néerlandais fait déjà l’unanimité.  Souvent remplaçant, Adem Ljalic rempli à merveille son rôle de joker avec déjà trois buts inscrits après être sorti du banc de touche.

Et que dire Gervinho? L’ivoirien était en perte de vitesse à Arsenal. Mais de retour sous les ordres de Rudi Garcia, qu’il a déjà connu au Mans puis à Lille, il a rapidement retrouvé la confiance… Au grand dam des défenseurs adverses à qui il en fait voir de toutes les couleurs avec ses dribbles déroutant. Efficace depuis le début du championnat, il a de nouveau séduit contre l’Inter avec une passe décisive et un penalty provoqué. Avec déjà trois buts inscrits, il pourrait bien être le grand bonhomme de la saison coté romain.

Objectif Ligue des Champions

Intraitable en défense, les Gialorossi le sont donc aussi devant. Garcia a réussi à trouver le bon équilibre tactique pour son équipe, comme c’était le cas à Lille lors de la saison 2010-2011, où les Dogues avaient réussi le doublé coupe championnat. Avec un jeu aussi bien huilé, tout est beaucoup plus facile. Ce week-end, l’Inter en a fait les frais. Au terme d’une première mi-temps de haut niveau agrémentée d’un jeu rapide vers l’avant et d’un pressing de tous les instants, un peu à l’image du Borussia Dortmund, les romains avaient déjà trois buts d’avance. Mais que les milanais se rassurent, ce ne sont pas les premiers à subir les foudres de Garcia et de ses troupes, leurs  six premiers adversaires avaient déjà mordu la poussière. En particulier la Lazio (2-0) pour laver l’affront de la dernière finale de coupe d’Italie, et Bologne, balayé 5-0.

Après trois mois de compétition, les doutes concernant la nomination Garcia ne sont plus que des lointains souvenirs, et les joueurs admettent ouvertement le retour de hautes ambitions. «Arriver en Ligue des Champions est notre objectif, annonce clairement Totti. Pour le Scudetto,  le championnat est encore long, il y a des équipes plus fortes que nous, mais on peut rivaliser avec tout le monde. Personne ne s’attendait à un tel début de championnat. Continuons comme ça, avec cette équipe, on peut tout faire. Nous avons des joueurs de niveau international, et quand l’esprit est libre, tout devient facile.»

Son entraîneur reste quant à lui beaucoup plus mesuré. Il souhaite viser «une des cinq premières places». On en saura plus dans les semaines à venir. Surtout après la prochaine rencontre où la Roma reçoit le Napoli, son dauphin, qui le suit à deux points. Si victoire il y a, Totti et les siens ne pourront plus se cacher. Mais une chose est déjà sur : cent vingt jours après son arrivée, le coach français a changé de grade. Garcia n’est plus sergent, il est passé général d’une armée qui nettoie tout sur son passage.

Auteur : Antoine Raguin

Antoine, aspirant journaliste, amoureux de football et de sports en général et nostalgique de Zizou.

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