Roberto Martinez, le digne successeur de Moyes ?

28
novembre
2013

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Catégorie : Europe

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Du côté de Goodison Park, antre d’Everton, on avait peur en ce début de saison. L’éternel David Moyes parti relever un nouveau défi avec Manchester United, les Toffees se retrouvaient avec un entraîneur d’une équipe reléguée. Quatre mois plus tard, force est de constater que Roberto Martinez fédère l’opinion.

Samedi, avant le derby de la Mersey face aux rivaux Reds de Liverpool, Roberto Martinez vient juste d’être papa pour la première fois. L’Espagnol a beau être pris par l’émotion, il n’en demeure pas moins lucide et demande à ses joueurs de jouer “avec leurs têtes, pas avec leurs coeurs“. Pas bête, le technicien sait qu’un des gros défis dans ce genre de match est de rester à 11 sur le terrain. Résultat, les Toffees manque de l’emporter et se font égaliser à la 89e. Au-delà du score, c’est cette déclaration qui semble être symbolique de la nouvelle philosophie d’Everton.

Combativité et technique espagnole

L’autre club de Liverpool a toujours été un peu “foufou” dans son jeu. Voire inconstant. Capable de finir devant Liverpool au classement, les Toffees ont pu parfois faire n’importe quoi, comme le 0-3 infligé à domicile la saison dernière face à Wigan. Ce match de Cup aurait pu leur ouvrir la voie vers les demies et même la finale puisque c’était Milwall en face. Mais il leur a manqué cette touche de sang-froid, cette capacité à gérer qu’est venu apporter leur ancien bourreau: Roberto Martinez, en provenance de Wigan.

L'arrivée de Roberto Martinez a Everton a provoqué des inquiétudes. L’entraîneur finissant relégué avec Wigan. 4 mois plus tard, l'Espagnol est convaincant.Le coach a amené cette “dimension espagnole”, tant prisée en ce moment. Plus de construction, plus de technique même si Everton s’était extrêmement amélioré avec la présence d’un Fellaini. Mais le géant belge est parti, et n’a pas été compensé en terme de gabarit. Au lieu de cela, un ancien Latic, James McCarthy et un joueur d’expérience comme Gareth Barry sont venus garnir le milieu des joueurs de la Mersey. Des profils bien différents du joueur parti, McCarthy étant plus porté vers l’attaque et la technique, alors que Barry jouait comme relayeur dans le milieu de Manchester City. Le premier a d’ailleurs qualifié Roberto Martinez de “génie tactique” après leur victoire en finale de Cup. Sûrement pas de la flatterie.

L’atout de Martinez a été de combiner sa touche technique avec une combativité qui forme les gênes d’Everton. Et du football anglais en général. Dans une interview accordé à So Foot (numéro 106 de mai dernier), il expliquait sa vision du jeu: “Je suis arrivé en Angleterre avec cette idée que plus tu as le ballon, plus tu peux te créer des occasions, alors qu’ici, eux pensaient que plus tu envoies le ballon dans la surface de réparation, et plus tu as l’occasion de marquer”. Il faut dire qu’il a eu le temps de s’habituer. Arrivé en 1995 à Wigan, il a été élu meilleur joueur de l’histoire du club, avant de prendre un Swansea anonyme en 2007 pour poser les bases de l’équipe emballante que l’on connait aujourd’hui.

Un entraîneur proche de ses joueurs

L’approche du manager est simple: “Je gère des êtres humains du lundi au vendredi, et le samedi je gère des footballeurs“, et terriblement efficace. Seulement une défaite en 12 matchs, meilleure équipe de Premier League sur ce plan, et encore c’était à Manchester City. Et si Everton n’est classé que 7ème, à 3 points du second quand même, c’est en raison d’un départ tronqué par trois nuls.

Une adaptation qui s’est faite à vitesse grand V: “Avec peu de renforts, on peut dire que c’est son équipe maintenant. Everton pose le jeu dorénavant, beaucoup plus qu’avant. Ils jouent beaucoup plus au sol, comme c’était déjà le cas à Wigan. Les joueurs ont eu du mal à s’adapter à cette façon de jouer durant les matchs de préparation. Mais, peu à peu, ils s’adaptent au jeu à la Martínez”, analyse Ric George (fan d’Everton et journaliste pour Canal +) à So Foot. “On voit, notamment, que les défenseurs prennent plus de risques désormais. Au lieu de balancer en cas de difficulté, ils essaient de dégager proprement en s’appuyant sur les défenseurs centraux et les milieux défensifs. C’est assez nouveau pour eux. Et pour l’instant, ça marche.”

Ça marche d’autant plus que l’entraîneur sait quand il faut hausser le ton:  “je perds ma gentillesse assez facilement si les gens ne font pas d’efforts“, ce qui lui a permit de convaincre les supporters les plus récalcitrants: “Les fans étaient au début dubitatifs car ils ne savaient pas quel entraîneur ils prenaient. Est-ce qu’on prenait un coach qui a relégué une équipe ou un qui a gagné la Coupe d’Angleterre” commente encore Ric George.

Attention quand même à ne pas trop user l’équipe et rester sur ces premiers acquis. Un défaut pour le tacticien espagnol est de ne pas faire assez de turn-over. Dans l’équipe d’Everton, 8 joueurs ont pour l’instant disputé l’ensemble des matchs de championnat, ce qui va être compliqué quand les organismes lâcheront ou quand les titulaires seront blessés, comme Leighton Baines ce samedi (et ce pour 5 semaines…).

Nil Satis Nisi Optimum“: “Seul le meilleur est suffisant” insiste la devise du club. A Roberto Martinez de se montrer à la hauteur.

Auteur : Christophe.C GARNIER

Passionné de foot et spécialement fan de tout ce qui se fait outre-Manche depuis 10 ans.

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