Robbie Rensenbrink, larmes à gauche

28
janvier
2020

Auteur :

Catégorie : Europe

Rob_Rensenbrink_1974

La nouvelle est tombée, froidement, en ce dernier samedi de Janvier et la tristesse d’envahir mon cœur et mes souvenirs, Robbie Rensenbrink est mort emporté par une maladie dégénérative, il avait 72 ans. Je vous propose un retour sur sa carrière, histoire de (re)décourir ce joueur d’une élégance rare, digne de son illustre coéquipier dans l’équipe des Oranjes, Johan Cruyff.

Le grand public l’avait découvert lors de la coupe du monde 1974, il occupait le couloir gauche de l’attaque des néerlandais mais ses performances, certes à l’unisson de celles de ses équipiers, avaient été éclipsées par l’aura du capitaine Cruyff omniprésent tout au long du tournoi. Travaillant sans cesse pour son leader, il avait fini blessé, remplacé lors de la mi-temps en finale et vit, impuissant, l’Allemagne emporter le trophée grâce à un but du légendaire attaquant Gerd Muller (2-1).

Un Oranje en Belgique

Âgé de 26 ans déjà, Rob ne jouait pas à l’Ajax, il s’était exilé en Belgique, à Bruges puis Anderlecht, avec qui il avait été champion à 2 reprises, mais sa réputation n’avait pas encore dépassé le limites du cercle des initiés. Cette Coupe du Monde 1974 aura été un catalyseur pour sa carrière, il y avait inscrit un but (contre l’Allemagne de l’Est) et avait montré sa technique de gaucher et son physique élancé. Dès lors, le natif de Otszaan allait connaître la reconnaissance (soulier d’or belge en 1976) et les titres continentaux (double vainqueur de la Coupe des vainqueurs de Coupe).

En 1978 il allait illuminer la finale de cette compétition, inscrivant un doublé et se démenant aux 4 coins du terrains, lui ailier gauche nominal, pour une victoire sans appel d’Anderlecht contre l’Austria de Vienne (4-0). Au sommet de son art, le néerlandais mit au supplice les autrichiens grâce à ses prise de balle du pied gauche bien sûr, sa conduite fluide et ses accélérations déroutantes, Il inscrivit même un coup-franc de son style caractéristique, une frappe brossée de l’intérieur, à la trajectoire « banane » qui contourna le mur. Un mois après, Rensenbrink enfilait la tunique orange pour un nouveau mondial, en Argentine, avec un rôle de leader Cruyff ayant décidé de ne pas participer au tournoi. Quoique moins flamboyants que leurs prédécesseurs, les oranges allaient à nouveau atteindre la finale, échouant cette fois contre Les Argentins (1-3).

Coiffé au Poteau

Mais Robby aura été le grand homme des néerlandais, inscrivant 5 buts (dont 4 penalties). Parmi ces réalisations, figure le millième but de l’histoire de la Coupe du Monde, marqué contre l’Écosse, mais le grand regret de toute une nation demeurera cette reprise du bout du pied que Fillol, le gardien sud-américain, ne put intercepter mais qui heurtera le poteau. Un peu comme Gignac avec la France en 2016 contre le Portugal. Le score était alors de parité (1-1), et en cas de but en cette toute fin de match, les Pays-Bas aurait obtenu le titre de champion du monde qu’ils méritaient.

Elu 3ème au ballon d’or de cette année 1978, après avoir été dauphin en 1976, il aura dû, de l’avis général, obtenir le sésame, mais Beckenbauer et Keegan furent les lauréats. Interrogé en 2012, Rob sortit de sa réserve naturelle et déclara “Je sais bien que le Bayern de Beckenbauer avait gagné la Coupe d’Europe des Champions et nous (Anderlecht) la 2e Coupe d’Europe, mais j’estime que je méritais plus le prix de France Football que lui. Il était déjà un peu sur son retour (en 1976), et quand on compare mon style de jeu au sien, il n’y a pas photo.” Sans doute, sa timidité aura t’elle également joué, à l’instar de Sadio Mané cette saison, et l’aura pénalisé au moment des votes.

Un loser à Toulouse

Trentenaire, Rensenbrink continua à jouer les premiers rôles avec Anderlecht (vice-champion 1979). Puis il termina sa carrière, d’abord avec une pige à Portland dans l’émergent championnat de soccer puis du côté de Toulouse, alors en d2, et aida les haut-garonnais à retrouver l’élite même si participant à 12 matches (1 but), sa contribution ne fut pas déterminante. International néerlandais à 46 reprises (14 buts) et auteur de 200 buts avec Anderlecht, cet élégant gaucher avait été classé par France Football parmi les 100 meilleurs joueurs ayant participé à la Coupe du Monde. Son décès est peut être l’occasion de le mettre enfin sur le devant de la scène, lui qui sera resté toute sa carrière dans l’ombre de Johan Cruyff auquel il ressemblait tant, à tel point que le Gardian, célèbre journal britannique, publia sa photo pour illustrer le trépas de JC …

 

Crédit photo : Archive Nationale des Pays-Bas, le 30.04.1974, sous licence creative commons

Auteur : Gilmon

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