Rétro : Romario, génie du football gravé à jamais dans ma mémoire

12
novembre
2012

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Catégorie : Flash APP

Romario, un joueur extraordinaire

Rien qu’à l’idée d’écrire son nom, ma tête se remplit d’images qui défilent au rythme endiablé de la Samba. Si les chevauchés de Ronnie, la puissance et la vitesse de Ronaldo m’ont fait vibrer, le souvenir d’un seul joueur me procure de telles sensations. il chaussait un « 38 fillette », mesurait 1 mètre 68, mais ses accélérations explosives et son adresse diabolique devant le but mettaient tout le monde d’accord sur un terrain de Football : Romário de Souza Faria, dit « Romário ».

Le football dans le sang

 

Je me souviens que d’un simple mouvement de hanche, celui que l’on surnommait « O Baixinho » (le petit) était capable d’embarquer n’importe qu’elle défense. Au sommet de son art, j’avais l’impression qu’il connaissait tous les secrets du jeu dans les moindres détails : il apprivoisait le positionnement de ses adversaires et les trajectoires du ballon pour avoir toujours un temps d’avance sur tout le monde, puis son talent et ses inspirations géniales terminaient le travail. Accélérations fulgurantes, dribbles chaloupés dans les plus petits espaces, coup de rein et sens du but extraordinaire, il possédait toute la panoplie de l’attaquant de classe mondiale.

J’avais l’impression qu’il réussissait tout ce qu’il voulait sur le carré vert. D’ailleurs, j’ai retrouvé récemment une interview dans laquelle Guus Hiddink, qui a eu Romário sous ses ordres pendant 5 saisons au PSV Eindhoven, confirme ce sentiment qui m’habitait : « C’est le joueur le plus intéressant avec qui j’ai travaillé à ce jour. Avant les matchs importants, quand il voyait que j’étais un peu plus nerveux que d’habitude, il venait me voir et me disait : ‘Calmez-vous coach, je vais marquer et on va gagner’. huit des dix fois où il m’a dit cela, il a marqué et nous avons remporté le match”. Tout simplement incroyable ! Et ce n’est pas tout. Une rumeur fait état d’étonnants marchés passés avec ses dirigeants lorsqu’il évoluait au Barça : avant certaines rencontres capitales, il aurait plusieurs fois négocié quelques jours de liberté pour se rendre au Brésil en échange du nombre de but qu’il allait marquer. C’est ce qu’on appelle avoir confiance en soi !

Il faut dire qu’il trouvait le chemin des filets avec une facilité déconcertante. J’ai même la sensation qu’il ne forçait pas. D’ailleurs La majorité de ses buts marqués du pointu étaye cette impression : là où bon nombre de joueurs actuels envoient un missile sans ajuster, lui, il frappait tranquillement le cuir avec le bout de « son 38 », avec une précision chirurgicale, parfois même en dehors de la surface de réparation. Un geste qui n’est que rarement utilisé, même par les plus grands joueurs, car il nécessite une maîtrise parfaite pour qu’il reste précis, mais qui permet à l’attaquant de surprendre les défenseurs et les gardiens. Et Romário l’avait dompté pour en faire son arme fatale.

Ce style si particulier et si efficace lui a valu les compliments des plus grands, à l’instar de l’Argentin Jorge Valdano, qui expliquait : « Regarder jouer Romario, c’est comme regarder un dessin animé de Tex Avery, on ne sait jamais ce qui va arriver ! », ou de Johan Cruyff, qui l’a eu sous ses ordres de 1993 à 1995, au FC Barcelone : “Le meilleur joueur que j’ai pu entrainer ? Ce doit être Romário. Vous pouviez tout attendre de lui. Sa technique était extraordinaire. Et il a marqué des buts dans toutes les positions possibles. “ Lorsque l’on sait que la légende néerlandaise a eu sous sa coupe des Marco Van Basten, Frank Rijkaard ou Hristo Stoitchkov, on comprend mieux quel immense joueur était Romário.


Romario (Compilation) par Massiliafuria13

L’idole de tout un peuple

 

S’il a enfilé les buts comme des perles partout où il est passé (la légende dit qu’il aurait atteint la barre des 1000 réalisations), la carrière de « O Baixinho » a connu son apogée lors de la saison 1993/94, année où il débarque dans la « Dream Team » du FC Barcelone, après 5 saisons passées au PSV Eindhoven et 113 buts en 128 rencontres, 3 titres de meilleur buteur du championnat des Pays-Bas et 2 distinctions identiques en C1.

J’ai le souvenir qu’à son arrivée, on se demandait bien comment Cruyff aller composer puisque la règle des 3 étrangers était encore en vigueur et que le Néerlandais avait à sa disposition Stoïtchkov, Koeman et Laudrup, en plus du Brésilien. Et bien « le match » ne durera qu’une poignée de rencontres de Liga, jusqu’à un fameux Barça/Réal Mardrid que Romário éclaboussera de toute sa classe : 3 buts (dont un après une virgule qui fait encore cauchemarder Manuel Sanchis) et 1 passe décisive en 45 minutes ! Les hommes de Cruyff atomiseront finalement leur ennemi juré 5-0 et l’attaquant de poche ne sortira plus du onze de départ Catalan jusqu’à la fin de saison, laissant le Bulgare, le Hollandais et le Danois s’assoir sur le banc à tour de rôle. Barcelone sera sacré champion d’Espagne et Romário « Pichichi » avec 30 buts inscrits en 33 matchs. Si il ne connaitra pas la même réussite en C1 avec seulement 2 réalisations, sa faculté à mobiliser l’attention de toutes les défenses adverses profitera à ses coéquipiers et permettra au Barça de se hisser en finale, perdue contre le Milan AC.

C’est sur cette déception que « O Baixinho » s’envolera pour les Etats-Unis, pour disputer le Mondial 94. Une compétition qu’il aurait pu très bien ne jamais disputer, sans un concours de circonstance. Car je me souviens que peu de temps avant, le sélectionneur Brésilien de l’époque, Parreira, ne faisait plus appel à ses services, agacé par ses caprices de star. Et il aura fallu la blessure de l’avant centre titulaire (dont je suis incapable de vous donner le nom), conjuguée à l’appel de tout un peuple pour que Romário soit rappelé pour le match décisif des éliminatoires contre l’Uruguay : bien sûr, L’idole des favelas ne laissera pas passer sa chance et qualifiera son pays à lui seul, inscrivant les deux buts du succès dont un de la tête, ce qui lui ne lui arrivait jamais. Dans cette phase finale de Coupe du Monde, il formera un duo d’attaque redoutable avec Bebeto et portera sa sélection à bout de bras vers la consécration mondiale que le Brésil attendais depuis 24 ans. Epoustouflant, il finira meilleur buteur de la compétition avec 5 buts (dont 3 « spéciales » du pointu) et sera directement impliqué dans 5 des 6 autres réalisations de son équipe. Une performance qui lui vaudra d’être élu meilleur joueur du monde par la Fifa et qui aurait dû lui permettre de remporter le ballon d’or, sans cette règle pourrie (et je me retiens pour rester poli) qui voulait que cette récompense soit réservée aux joueurs européens, avant 1995.

Une distinction que Romário ne remportera finalement jamais malgré l’évolution du mode d’éligibilité, car à mon grand désarroi, la suite de la carrière de mon idole sera plombée par des choix sportifs surprenants et un goût trop prononcé pour les sorties nocturnes. A cela s’ajoutera un cruel coup du destin puisqu’il aura la malchance de se blesser juste un mois avant la coupe du monde 98, enterrant au passage mes rêves les plus fou de le voir associer à un autre génie, Ronaldo.

Oui, sans enlever de plaisir à ce que m’a procuré la victoire des bleus, j’aurais voulu voir « O Baixinho » sur la pelouse du stade de France ce 12 juillet 1998, par simple admiration pour ce très grand joueur. Oui, Comme le peuple Brésilien, j’aurais tout simplement aimé que celui qui m’a régalé côtois les sommets plus longtemps. Et oui, comme tous les vrais amateurs de football de ma génération, je n’oublierai jamais de placer Romário dans mon « panthéon » du football.

Auteur : Loïc Denibaud

Intervenant d'action sociale le jour, amoureux du football et du beau jeu le jour et la nuit.

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