Rennes, reçu 5 sur 5 ?

19
mai
2018

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Catégorie : Ligue 1

Stade Rennais FC

En passe d’atteindre son meilleur classement depuis 11 ans (4ème en 2006-2007), le stade rennais est sur le point de terminer derrière le quatuor de tête après un début de saison au cours duquel la relégation en L2 avait été approchée. Les arrivées du président Olivier Letang et de l’entraineur Sabri Lamouchi auront été synonymes de renaissance pour le club breton qui a profité de la victoire du PSG dans les 2 coupes nationales pour prétendre à une qualification européenne pour les phases de poule de C3. Retour sur une saison qui demeurera marquante pour les brétiliens (habitants d’Ille-et-Villaine, contraction de bretons et Illiens).

Au soir de la 9ème journée, à la mi-octobre, après une nouvelle défaite contre le voisin guingampais, le SRFC flirtait dangereusement avec les dernières places, il figurait alors à la 16ème position, à égalité de points avec le 19ème, seulement 3 unités devant le Fc Metz, déjà en queue de peloton. A ce moment-là, l’immuable 4-4-2 de Christian Gourcuff prenait du plomb dans l’aile, d’autant qu’Ismaila Sarr, la pépite de 19 ans acquise à prix d’or (15 M€), rongeait son frein, victime d’une fracture de la malléole qui le rendait indisponible jusqu’à la trêve.

Révolution en Armorique

Malgré un net redressement (4 succès d’affilée), les coulisses grondaient à l’Ouest et René Ruello, le président, en désaccord avec “l’emballement médiatique” et “l’hystérie collective des journalistes”, ainsi que la volonté des “actionnaires majoritaires, qui sont propriétaires du club et qui ont (avaient) peut-être envie de donner une autre impulsion, une autre direction au club », (Europe 1), démissionnait de son poste. Le coach emblématique manifesta clairement son « écœurement » envers les motifs de la décision de son ami et les doutes sur la nomination d’Olivier Letang (« ça m’étonnerait qu’un parachuté vienne pour ce qu’on (Ruello et lui) voulait faire »), ce qui lui couta sa place (« je souhaitais avoir des connexions positives » O.Letang dans l’Equipe 10/11/2017). Dès lors il fallait trouver un nouveau coach pour guider Wahbi Khazri et les siens, le choix se porta sur Sabri Lamouchi, en panne de banc depuis que son club qatarien El Jaish avait fusionné avec Al Duhail. Cette nomination surprit par la relative inexpérience de l’ex-international (12 sélections, 1 but), qui, bien qu’ancien sélectionneur de la côte d’Ivoire (2012-2014) et vainqueur de la coupe Crown Prince du Qatar en 2016, demeurait inexpérimenté en ligue 1.

Lamouchi le pragmatique

Très vite, cependant, l’ancien auxerrois allait imposer sa griffe, aidé de son fidèle staff (Jean-Marc Kuentz et Jean-Paul Ancian, préparateurs physiques émérites), il modifia le schéma tactique, pris ses distances avec le 4-4-2 dogmatique “à la Gourcuff” (« je ne suis pas aussi extrême, Il m’est arrivé d’évoluer et de modifier le schéma en fonction de mes joueurs, voire de mon adversaire. Il y aura une variété au fur et à mesure de la saison »), et les résultats allaient lui donner raison . C’est réellement le samedi 29 Novembre, lors du derby breton contre le FC Nantes de Ranieri, que le groupe rennais prit son envol et que son entraineur acquit sa légitimité. Ce soir-là, en effet, coach Lamouchi décida d’associer Wahbi Khazri en faux avant-centre à Yohann Gourcuff et ce choix fut gagnant, le tunisien, auteur d’un doublé, offrant la victoire aux siens (2-1), on mesure quel poids a eu ce succès auprès des supporters, aux anges d’avoir terrassé le rival régional.

 

Stade Rennais FC

 

Progressivement, le professionnalisme devenait le maître mot, Joris Gnagnon, coupable de négligence alimentaire, se retrouvait sur le banc, tout comme James Lea-Siliki quelques temps plus tard, en raison d’un « mauvais comportement ». Loin de jouer les pères fouettards, l’ancien milieu de terrain de Parme (2000-2003), puis de L’inter, dynamisa son jeune groupe, intronisa Jeremy Gelin (20 ans) en défense centrale et profita du retour de Sarr, enfin guéri, ainsi que de l’affirmation de Benjamin Bourigeaud, co-meilleur buteur (11 buts) et meilleur passeur (7 offrandes), véritable révélation de la saison à un poste d’électron libre, parfois sur le côté, parfois au centre, derrière l’attaquant. Depuis Janvier, menant leur bonhomme de chemin, les locataires du Roazhon Park effectuent une remontée régulière au classement, à la lutte avec Bordeaux et Saint Etienne (9ème à la 19ème journée, 7ème à la 27ème), avant de s’affirmer sérieusement comme un prétendant à l’Europe (5ème à la 30ème journée).

Après la victoire au Parc des Princes contre l’ogre parisien, même démobilisé, le stade a conforté sa 5ème place, il ne reste plus qu’à offrir à leurs supporters une ultime victoire face à Montpellier, pour assurer l’Europe, une belle conclusion pour l’An 1 du président Letang.

Auteur : Gilmon

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