Rennes : Épopée d’une saison légendaire

02
mai
2019

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Catégorie : Ligue 1

Stade_Rennais_Coupe_de_France_2019

Après avoir renversé le Paris Saint-Germain en finale de la Coupe de France, le Stade Rennais marque définitivement sa saison d’une pierre blanche. Retour sur la plus belle année de l’histoire du club breton.

Samedi 23 Septembre 2018, dans les travées du Roazhon Park, les supporters du Stade Rennais font grise mine, leur équipe vient une nouvelle fois de s’incliner en Ligue 1, cette fois face au PSG, champion de France en titre. Aux abords du stade, certains supporters laissent s’exprimer leur frustration : « Nous on est pas le Quatar Saint-Germain ! Ils gagnent uniquement parce qu’ils ont des millions ! » s’écrit-un breton. Quelques jours plus tard, les hommes de Sabri Lamouchi s’écroulent une nouvelle fois, face au FK Astana à l’occasion de leur 2e match en Europa League. S’en suit une timide victoire face à Monaco, une défaite face à Reims, une victoire face à Caen et deux matchs nuls face à Nantes et Montpellier : 8 points pris sur 18 possible. Quelque chose cloche à Rennes et l’idée d’un licenciement du coach Sabri Lamouchi se fait de plus en plus entendre. Le point de non retour est atteint le 2 décembre après la défaite face à Strasbourg sur le score de 4 buts à 1. Sabri Lamouchi est renvoyé et remplacé par l’entraineur de la réserve un certain Julien Stephan.

Julien Stephan l’irréductible gaulois

Âgé de 38 ans, Julien Stephan n’a jamais entraîné un club professionnel. Fils de Guy Stephan, l’adjoint de Didier Deschamps en équipe de France, il a joué dans les divisions inférieures du pays entre 1998 et 2008. En parallèle il démarre en 2005 sa carrière d’entraîneur en s’occupant des U19 du FC Dreux. Il rejoint le Stade Rennais en 2012 et gravis les échelons en passant des U19 à l’équipe réserve puis l’équipe professionnelle.

Personne ne voyait le jeune coach s’imposer au sein d’une équipe de Ligue 1 et pourtant il y parvient dès son premier match en triomphant des lyonnais sur le score de 2-0. Les bretons récidivent quelques jours plus tard face à Dijon ce qui permet à Julien Stephan de prolonger son contrat jusqu’en 2020. Si les rennais retrouvent des couleurs grâce à leur nouveau coach, la saison du club rouge et noir prend un tournant inattendu le 12 décembre après la victoire en Europa League face … au FK Astana qui leur offre la qualification en phase finale d’Europa League, une première dans l’histoire du club.

Les rennais enchaînent 5 victoires d’affilé avec notamment une qualification en quart de finale de coupe de la Ligue face à Nantes et une victoire 4-0 face à Nîmes. En début d’année, Hatem Ben Arfa et ses coéquipiers ne passent pas loin d’une élimination face à Brest lors du 32e de finale de Coupe de France mais parviennent à s’imposer aux tirs aux buts après avoir remonté un 2-0 (comme un symbole). 

Après la pluie le beau temps

La tempête bretonne est bel et bien terminée puisque pour la première fois de son histoire, le Stade Rennais joue en janvier les 4 compétitions dans lesquelles il s’est engagé en Août (Europa League, Coupe de France, Coupe de la Ligue et Ligue 1). Les records Julien Stephan les collectionne. En 16e de finale d’Europa League, les rennais affrontent l’élégante équipe du Betis Séville. Si le match aller se soldera sur un frustrant 3 partout au Roazhon Park, Ismaïla Sarr et ses coéquipiers ne baisseront pas les bras et iront créer l’exploit en s’imposant en Espagne sur le score de 3-1.

L’histoire est en marche ! Peu importe l’adversaire en 8e, la saison des rennais est déjà une réussite. S’ils ne sont pas très bien classés en championnat, ils ne sont pas non plus en danger. Du côté des coupes nationales Rennes s’est fait éliminer par Monaco en Coupe de la Ligue mais parvient à se défaire de Saint-Pryvé-Saint-Hilaire, de Lille et d’Orléans en Coupe de France. 

Pour les 8e de finale d’Europa League, Rennes tombe contre le l’un des favoris de la compétition : l’Arsenal de Unai Emery. Les anglais sont accueillis dans une ambiance de folie, une ambiance qui poussera les bretons à tout donner. Malgré l’ouverture du score d’Alex Iwobi dès la 3e minute, les rouges et noirs n’abandonneront pas et parviendront à renverser la situation grâce à une magnifique frappe de Benjamin Bourigeaud juste avant la mi-temps, un but CSC de Nacho Monreal et un but d’Ismaila Sarr à la 88e minute pour conclure l’une des plus belle soirée du Stade Rennais. Malgré ces deux buts d’avance, Julien Stephan ne parviendra pas à prendre le dessus sur Unai Emery qui aura sa revanche une semaine plus tard à L’Emirates Stadium : 3-0.

Si ce soir là, les rennais ont échoué, personne ne leur en veut réellement. En s’imposant à l’aller, les irréductibles gaulois ont sans doute réalisé le meilleur match de leur histoire et leur parcours en Europa League restera a jamais gravé dans la mémoire des supporters rouge et noir.

« Tout donner »

Après cette épopée européenne, le retour sur Terre n’est pas évident. Depuis leur élimination, les hommes de Julien Stephan ne parviennent pas à s’imposer en Ligue 1. Une défaite face à Lyon, un match nul face à Angers, une nouvelle désillusion face à Nîmes, un triste 0-0 face à Nice et une surprenante défaite face à Dijon qui joue le maintient. La course à l’Europe semble donc bel et bien terminée. Pourtant, il reste un moyen de retourner en Europa League l’année prochaine : gagner la coupe de France face au Paris Saint-Germain. Après avoir triomphé de Lyon en demi finale, le peuple breton commence à rêver ! Et si c’était la bonne ? Après 48 ans d’attente et de nombreux échecs en finale, est-ce que cette magnifique saison ne mériterait-elle pas d’être récompensée par un trophée ?

Pour le club breton, l’objectif est clair : parvenir à triompher du PSG et venger Auxerre, Marseille, Angers et Les Herbiers qui se sont cassés les dents en finale face à cette machine à gagner. C’est donc avec beaucoup d’envie que Ben Arfa, Mbaye Niang ou encore Clément Grenier s’engagent face au club de la capitale qui retrouve leur diamant brut Neymar, blessé depuis plusieurs mois. Malheureusement l’envie ne fait pas tout et les hommes de Thomas Tuchel ouvrent le score à la 13e minute de jeux grâce à une somptueuse volée de l’infatigable Dani Alves. 7 minutes plus tard, c’est son compatriote Neymar qui aggrave le score à l’aide d’une balle piquée au dessus du gardien Tchèque Tomas Koubek.

Les jeux semblent fait pourtant un coup du sort va permettre aux rouges et noirs de garder espoir. A la 40e minute, le défenseur parisien Presnel Kimpembe dévie un centre de Hamari Traore dans les buts d’Areola. Cela faisait 3 ans que Paris n’avait pas encaissé un but en finale de coupe de France. De quoi motiver Hatem Ben Arfa qui rêve de prendre sa revanche face à son ancien club et plus particulièrement son ancien président Nasser Al-Khelaïfi qui l’a mit au placard lors de la dernière saison. De retour des vestiaires, Rennes résiste aux assauts parisiens et parvient à égaliser à la 66e minute sur un coup de tête de Mexer. Comme face à Brest 4 mois plus tôt ce sont les tirs aux buts qui décideront du résultat du match. Côté parisien, ni Cavani ni Neymar ou encore Paredes ne tremblent face à Koubek. Les rennais non plus ne feront aucun cadeau à Alphonse Areola qui ne touche aucune des frappes. C’est le jeune parisien Christopher Nkunku qui scellera le destin de cette finale en tirant son pénalty au dessus de la barre transversale. Les supporters rennais exultent, ils l’ont fait ! Après 48 ans d’attente le Stade Rennais remporte un nouveau trophée.

 

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Si personne ne peut affirmer que les prochaines saisons rennaises seront aussi belles que la campagne 2018 – 2019, cette victoire en coupe de France est un magnifique tacle à ceux qui refusent de créer du jeux et d’aller au bout de leurs idées lorsqu’ils tombent face au PSG. Avec cette magnifique première saison en professionnel, Julien Stephan rappelle à tous les entraîneurs de Ligue 1 ce vieux proverbe breton qui dit : « Celui qui marche droit trouve toujours la route assez large ».

Auteur : Barnabe Devaux

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