“Remuntada”, mode d’emploi

06
mai
2013

Auteur :

Catégorie : Edito

remuntada

Tout le monde en a parlé, rêvé, fantasmé. Les attentes étaient immenses à l’heure de ces demi-finales retour de la Ligue des Champions, mais ni le Real, ni le Barça n’ont pu renverser la tendance, respectivement face au Borussia et au Bayern. Une tâche quasi-impossible quand on se doit de marquer trois buts ou plus, sans en encaisser. Le football est quelques fois fou. Il ne l’a pas été cette semaine, privilégiant la logique sportive et la puissance Allemande. 

La folie de la Ligue des Champions comme on l’aime. La frénésie, le bonheur intense outre-Rhin, le désespoir immense de l’autre côté des Pyrénées, l’échiquier européen s’est retrouvé violemment bousculé. On remplace un pion par un autre, un Roi déchu Blaugrana, a été bouté avec véhémence et autorité par le pion Bavarois, souvent placé, jamais vainqueur. Le coup de bambou du Borussia sur le Real aura confirmé cette nouvelle donne : la santé financière de la Bundesliga est donc en adéquation avec des ambitions européennes. Le football du futur, celui qui triomphera dans les années à venir, mais qui gardera sa beauté. Austérité ne rimant pas toujours avec récession…

4-1, 4-0, le Real et le Barça n’ont pas vu le jour dans une Allemagne terriblement hostile, qui ont ramené sur terre leurs visiteurs. Vainqueurs, avec la manière qui plus est, la finale 100% germanique se dessinait déjà. Mais c’était sans compter sur l’Histoire des deux équipes ibériques, habituées aux exploits, mais plus importants. Penser faire un casse est une chose, le réaliser en est une autre. On a ressorti pêle-mêle l’historique en Ligue des Champions des folles remontées jusqu’à déterrer des statistiques terriblement poussiéreuses, où des équipes dans les années 70 s’étaient qualifiées au prix de matchs mémorables. Une attente hallucinante et une pression populaire qui dépassa tout entendement. Dans un pays où le football reste le seul moyen de retrouver le sourire dans un climat morose, l’union sacrée est prônée. Et cristallise les craintes de voir un football espagnol décliner après cinq ans d’outrageuse domination, aussi bien au niveau des clubs que la sélection nationale.

Alors on espère. Des matchs fous, débridés où les buts pleuvront, où les commentateurs s’égosilleront devant un scénario que personne ne peut prédire. Mais réaliser le match parfait n’est pas à la portée de tout le monde. Ni au Barça, pourtant 50 fois vainqueur par 4-0 et plus depuis 2008, qui, au contraire d’avoir montré de l’orgueil comme le réclama le public du Camp Nou, aura sombré une fois de plus. La fois de trop ? Pour ce qui est du Real, qui n’aura joué que 30 minutes sur les deux matchs, la folie d’un stade en fusion a failli porter ses protégés vers un exploit dingue. Mais le but tardif de Benzema, et donc celui de Ramos ne laisseront que cinq petites minutes pour se qualifier. Un seul but aurait suffi, mais le Borussia n’a pas failli. Dans ce genre de partie où chaque balle de but doit être convertie, la pression inhibe les joueurs. Ces derniers, bien que talentueux, ont-ils les épaules pour supporter tout ça ? Mais le football recèle parfois de ces moments uniques de pure folie où il n’existe plus aucune logique. Les prières pour entrevoir cet épi-phénomène, trop rare, n’auront pas eu l’effet escomptés. Cette fois, la logique l’emporta. Elle ne le fera pas toujours, mais ça reste d’un côté rassurant. Et terriblement excitant, le football européen change de visage, et ce sera palpitant de le voir évoluer.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Les derniers articles de la catégorie Edito

Comments are closed.

Plus dans Edito
nancy-lorraine
Nancy, merci !

Qu'ils se maintiennent en Ligue 1, ou qu'ils descendent en L2, Nancy aura égayé cette fin de saison par une...

la vidéo dans le football
L’arbitrage vidéo tuera le football

Aussi crûs que soient ces mots, ils recèlent d'une part de vérité. Le football ne doit à aucun moment recourir...

Traoré, lorient
Lorient, l’art du spectacle

Une rouste à Lille (5-0), un festival contre Bastia (4-1), Lorient cultive les paradoxes. Capables du meilleur comme du pire,...

Fermer