Remontada au milieu des Papelitos

23
avril
2016

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Catégorie : Ligue 1

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11ème au soir de la 23ème journée de Ligue 1 après une défaite en terre corse, les Gones n’ont connu qu’un seul revers en 11 matchs depuis. Le symbole du renouveau lyonnais ? La première défaite concédée par l’ogre parisien en Février dernier. Tour d’horizon d’une remontada qui nous rapproche un peu plus d’un OL version 2014-2015.

Premièrement, et logiquement également, lorsqu’on parle de « remontada », c’est qu’initialement le club n’était pas dans le meilleur de ses états. En effet, après un mémorable derby gagné à la maison par Lacazette, au soir de la 13ème journée : plus rien. Un trou noir de 3 mois où, et ça me peine de le dire, les seules victoires furent contre … Limoges, Chambly, Tours en Coupe et une victoire seulement en Championnat contre l’ESTAC. A l’heure où je vous parle, les Troyens, bien que courageux, occupent la place de lanterne rouge depuis 24 matchs. Mise à part cette belle inauguration du nouveau Parc OL contre Troyes et l’unique victoire d’une brillante saison européenne contre un Valence éliminé, l’OL n’a fait que sombrer rendant l’hiver encore plus douloureux.

Mais voilà, après une ultime claque infligée par Bastia grâce au « brésilien » Brandao, l’OL se réveille enfin. 11ème alors, il est temps de concrétiser un jeu plus incisif et convaincant depuis la trêve (rappelez-vous, le 32ème contre Limoges en Coupe de France), Bordeaux en fait les frais. Alors invaincus depuis presque 2 mois, l’OL signe un 3-0 pas encore tout à fait convaincant mais gagne, et c’est ça le plus important. Depuis, les Rhodaniens sont invincibles ou presque comme le prouve ce petit rappel du parcours et des victoires engrangés depuis.

Après Bordeaux, les Gones mettent fin à leur disette à l’extérieur en Ligue 1 depuis Octobre 2015 en passant 3 buts à des Angevins qui confirment leur perte de vitesse. Cependant, Bruno Genesio veut plus et se montre encore plus exigeant, permettant ainsi aux Lyonnais de signer une magnifique première mi-temps référence contre Caen. 10 buts marqués et 1 seul encaissé, la fougue et l’envie lyonnaise ne sera stoppé que par le faux pas lillois puisque LE match référence est encore à venir. Après la désillusion au Stade Pierre Mauroy, les Lyonnais se doivent de réagir et de confirmer leur dynamique positive, ainsi ils mettent à mal les Parisiens comme jamais cette saison et causent la première défaite du club de la capitale.

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C’est durant ce match que s’impose la triplette Ghezzal-Lacazette-Cornet et le milieu Gonalons-Ferri-Darder, ces 6 la ne bougeront quasiment plus et donneront raison au coach. Ainsi, Guingampais, Nantais, Lorientais et Montpelliérains ne pourront arrêter une machine qui retrouve de plus en plus de liant et d’agressivité dans son jeu et qui surtout s’exprime offensivement avec de la vivacité et de l’envie. Seul les Rennais (qui ne savent toujours pas comment) et les Niçois le week-end dernier réussissent à accrocher le match nul.

Quand on cherche les raisons de ce renouveau, on pense instinctivement au trio d’attaque lyonnais. Ghezzal, très peu utilisé par Fournier, a gagné en maturité et met sa technique au service du collectif. Le franco-algérien impose la « spéciale Robben » en Ligue 1 et permet de débloquer de nombreux matchs, comme contre Nantes et Lorient par sa capacité à effacer son vis-à-vis et sa vision qui s’affine de plus en plus. Il fait complètement oublié l’absence de l’international français Valbuena qui d’ailleurs n’a toujours pas retrouvé sa place au sein du onze de départ. Encore plus fort, Maxwell Cornet ferait presque oublier la révélation 2014-2015 Nabil Fékir, il ouvre le score contre Paris, délivre une passe décisive d’anthologie contre Rennes, et marque son premier doublé contre Montpellier offrant ainsi 3 points précieux à son équipe.

Deux pépites lyonnaises qui viennent entourer un Lacazette nouveau sous l’ère Genesio. L’international français retrouve enfin des sensations et n’a pas fait de match sans marquer depuis la victoire contre le PSG à part contre Montpellier où il délivre une passe décisive qu’il aurai pu mettre facilement au fond.

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Derrière les 3 attaquants, le milieu de dessine également et Gonalons se trouve deux compères à sa hauteur : Jordan Ferri et Sergi Darder. Ce dernier prouve enfin sa technique qui l’a amené à venir dans la capitale des Gaules notamment avec le but du 2-0 contre le PSG, effaçant Silva d’une facilité insolente. Tout comme l’espagnol, Yanga M’biwa s’impose enfin et complète la charnière centrale avec le jeune Umtiti, indétrônable.

Ce qui fait la force de l’effectif lyonnais, c’est la concurrence positive qui subsiste entre les joueurs. Exemple parfait de cette adversité, les postes de défenseurs latéraux ne sont pas occupés stablement puisque les 4 prétendants sont tout aussi bons les uns que les autres. A droite, Jallet a joué 22 matchs alors que le brésilien Rafael en a joué 17, preuve du coaching au mérite de Genesio. A gauche, bien que Morel ai joué 12 matchs de plus que Bédimo, l’ex Marseillais peut aussi occuper la charnière centrale, déséquilibrant le bilan statistique. De plus c’est actuellement Bédimo qui est titulaire à gauche. Bien qu’on parle d’un trio offensif qui fait rêver depuis quelques mois, le retour de Fékir et de Valbuena pourrait bien bouleverser la hiérarchie qui ne paraît pas fondée stablement. D’autant plus que contre Toulouse, Cornet purgera sa suspension… Dans la même logique, le jeune Tolisso, qui devient cadre chez les espoirs français, peut lui aussi espérer a tout moment se retrouver dans le onze titulaire.

Ce climat entretenu par l’ancien adjoint Bruno Genesio nous permet alors de pouvoir parler d’un « effet Genesio ». A juste titre puisque son arrivée au poste d’entraineur a complètement changé la donne et les objectifs lyonnais. Le capitaine lyonnais, Maxime Gonalons avoue lui-même que le changement d’entraineur a posé de nouvelles bases, a redistribué les cartes. Son système méritocratique semble plaire aux joueurs qui sont tous bien meilleurs en cette 2ème partie de saison. M’biwa, Lacazette, Darder, Ghezzal … Combien sont les joueurs que Genesio a sublimé ?

Enfin, minoritaire dans la liste de facteurs de ce retour lyonnais, le Parc OL a démultiplié l’ambition des joueurs, des supporters et du staff. Le coach avoue qu’un nouveau stade, beau et neuf, joue un rôle non négligeable dans le come-back lyonnais. En témoigne l’invincibilité lyonnaise à domicile, qui commence à faire peur aux visiteurs, en cause les supporters qui poussent leur équipe comme jamais dans la nouvelle enceinte. Le maire lyonnais, Gérard Collomb, rajoute même un détail technique à propos de la toiture du stade qui réverbère le bruit des supporters et l’intensifie donc.
Alors au moment d’affronter le TFC version Dupraz (5ème de ligue 1 depuis son arrivée), Les Lyonnais sont en pleine forme et devraient pouvoir offrir un beau spectacle au stadium contre le Toulouse d’un Ben Yedder retrouvé lors des 7 derniers matchs où il a marqué 6 buts. Ces adversaires pour la 2ème place s’appellent Rennes, Lille, Nice, Saint Etienne mais surtout Monaco actuellement.

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En pleine bourre, les Lillois me paraissent être l’une des équipes les plus dangereuses avec leurs 6 victoires d’affilées et son seul match vraiment difficile à venir contre Paris. Cependant, les Niçois et les Stéphanois n’ont que deux points de retard et sont tous deux en grande forme surtout l’éternel rival avec une série de 4 victoires.Ces 3 équipes ont les meilleures armes pour aller chercher un podium. Rennes a surement perdu très, très gros lors de leurs 2 dernières défaites 3-0. Les Bretons paraissaient pourtant candidat très sérieux pour la 2ème place il y a encore quelques semaines, ils auront cependant l’occasion de se relancer dimanche contre des Monégasques qui n’ont pris que 9 points sur les 7 derniers matchs et qui ont un intérêt très fort à enchaîner les victoires s’ils veulent goûter à nouveau à la prestigieuse compétition européenne. Au vu du nombre de concurrents dans la course européenne et de la difficulté des confrontations directes à venir (Toulouse, Ajaccio, Monaco et Reims : calendrier le plus difficile des 6 prétendants à la 2ème place), les Lyonnais n’ont pas encore fini de se frayer un chemin au milieu des papelitos.

Auteur : Alexandre Le Roux

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