RC Strasbourg, le retour de l’enfer

23
août
2017

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Catégorie : Ligue 1

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19 Mai 2017. Il est environ 21h50 et le sol bouge du côté de l’est de la France. Il souffle au loin comme un vent (re)nouveau. En se rapprochant de l’épicentre de ce phénomène, impossible de se tromper : ce souffle provient du Stade de la Meinau. En pénétrant dans l’enceinte même, plus une place de libre, plus un centimètre de disponible pour participer à une fête qui dépasse le seul chef-lieu du Bas-Rhin : Strasbourg remonte dans l’élite du football français. Vainqueur de Bourg-en-Bresse sur le score de 2-1, le RCS assure par la suite son accession à la Ligue 1 et le titre en seconde division. Et il y a six ans, peu auraient parié sur ce scénario…

Les belles histoires…

Commençons par une petite revue d’histoire. Flashback sur la saison 2004-2005 où le RCS, en Ligue 1, termine à la onzième place. Dans ses rangs, des figures reconnaissables comme Mickael Pagis (15 buts), Mamadou Niang (12 buts) ou le capitaine Cédric Kanté. Un mauvais début de saison a coûté la place à l’entraîneur en place, un certain Antoine Kombouaré, remplacé par une figure du club, Jacky Duguépéroux. Strasbourg termine donc onzième et remporte la Coupe de la Ligue aux dépens du SM Caen. Un succès 1-2 avec des réalisations de Niang et Jean-Christophe Devaux sur coup-franc. La victoire en Coupe donnant un billet pour une participation en Coupe d’Europe, nommée Coupe de l’UEFA à l’époque, Strasbourg a donc pris part à l’événement. Les phases de poule :

  1. Strasbourg : 8 points

  2. AS Rome : 7 points

  3. FC Bâle : 6 points

  4. Etoile Rouge de Belgrade : 4 points

  5. Tromso IL : 3 points
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Une première place acquise et une élimination en 1/8e de finale par le FC Bâle (2-0, 2-2) après avoir sorti, en 1/16e, les hongrois du Litex Lovetch. A l’image, l’ancien capitaine du club suisse, Daniel Majstorovic.

Et la descente lente aux enfers

Une compétition énergivore qui a coûté cher à un effectif insuffisamment pléthorique. La 19e place de Ligue 1 et une descente sont officielles en fin de saison 2005-2006. Jacky Duguépéroux est débarqué, Jean-Pierre Papin arrive pour jouer le rôle d’homme providentiel. Mission accomplie pour l’ancien artificier de l’OM, et le RCS retrouve immédiatement l’élite. Jean-Marc Furlan, plus habitué au scénario Ligue 1, pose ses valises dans l’Est pour redonner ses lettres de noblesse au Champion de France 1979. Résultat : une 19e place et un échec stratégique retentissant. S’en est suivi une suite de déconvenues.

Frôlant le même scénario (Strasbourg termine 4e de Ligue 2 en 2008-2009) que deux ans passés, cet échec a sonné le glas pour ce club mythique. Gilbert Gress et Pascal Janin n’arrivent pas à redonner de l’essence dans la machine et si la valse des entraîneurs se poursuit, celle des présidents est encore plus intense. Sur cette seule saison 2009-2010, cinq présidents sont nommés. Le club est dans une rare agitation et personne ne semble pouvoir reprendre le club sur la durée.

  • Léonard Specht jusqu’au 24 Août 2009
  • Philippe Ginestet jusqu’au 4 Décembre 2009
  • Julien Fournier jusqu’au 17 Février 2010
  • Luc Dayan jusqu’au 24 Mars 2010
  • Jean-Claude Plessis jusqu’au 10 Novembre 2010

Ce qui devait arriver arriva. Dans ce climat d’une rare instabilité, le RCS descend en National pour la première fois de son histoire professionnelle. Pire encore, à l’été 2011, le club doit déposer le bilan et repart de la CFA2. Il faut des historiques pour pouvoir redonner de l’allant à ce club. Des gens passionnés, investis et qui peuvent, justement, investir. C’est le cas de la famille Keller dont j’ai nommé les frères, Marc et François. Le dernier nommé prend la place d’entraîneur avec succès, car le club est sacré en CFA2 dès la première saison. David Ledy (20 buts) est un des artisans de cette montée. Le tout en gardant une moyenne de plus de 6500 spectateurs/match. En proie à de graves problèmes financiers, le RCS pourra se targuer toute sa vie de n’avoir jamais été lâché par ses supporters.

Keller et le public, les clés de voûte

Lors de l’arrivée de Marc Keller à la présidence du club, accompagné par un groupe de dix investisseurs, un poids lourd a semble t-il quitté les épaules de la ville. L’adjoint au maire chargé du dossier, Alain Fontanel, n’a pas pu cacher sa satisfaction :

“Avec Marc Keller, le club aura un dirigeant solide, crédible et stable” A. Fontanel, le 22 Juin 2012.

Il ne croyait pas si bien dire. Le projet mené par l’ex-joueur du RCS (1991-96) est bien pensé. Ses partenaires financiers sont fiables et passionnés du club. Dans ces dix personnes, figurent Egon Gindorf et Ivan Hasek. Le premier a été lui-même président du RCS entre 2003 et 2005. Hasek a lui été joueur (1990-94) et entraîneur (2001-03). Plus simple de pérenniser le club avec des dirigeants motivés. Le déficit, à l’époque à hauteur de 1,4 millions d’€ ayant été partiellement compensé, le club a pu se concentrer sur le sportif. Avec brio. En quatre saisons, le Racing a retrouvé le statut professionnel après son sacre en National lors de l’exercice 2015-2016. Objectif de base rempli. Une remontée de pente phénoménale, à l’instar de son public. Le jour de la montée en Ligue 2, une vidéo a fait le buzz montrant la Meinau pleine, déchaînée à l’orée de cette promotion en L2. Peu sont ceux qui peuvent se vanter d’avoir 15000 supporters de moyenne sur une saison en National…

Ce public, d’une rare fidélité est l’exemple même que cette institution n’est pas comme les autres. En 2010, alors que le club glisse dans la plus grande crise de son histoire, un groupe de supporters se forme pour créer une association : la Fédération des Supporters du Racing Club de Strasbourg (FSRCS). Dans le but de représenter les groupes ultras (UB90, Kop Ciel et Blanc, etc), défendre le football populaire et promouvoir une culture club. Et ce, en pleine saison d’instabilité.

Le recrutement estival est de qualité avec les arrivées de joueurs ayant une expérience Ligue 1 (Lala, Corgnet, Martinez, J. Martin, Saadi) et la confirmation au poste de Thierry Lauret, ex-coach du Gazélec Ajaccio. Autant d’expérience mêlée à un public exceptionnel et un bord sain, dirigé toujours par Marc Keller, il ne reste plus qu’à souhaiter à ce club historique de rester en Ligue 1 le plus longtemps possible. A défaut de jouer les premiers rôles pour le moment, le RC Strasbourg reste un club d’une sympathie faisant l’unanimité en France.

 

Auteur : Clément Finot

Clément, 18 ans, ambition journaliste sportif. Supporter et fan absolu des Girondins depuis 2007, mais surtout, de la mauvaise foi du président Triaud. Sinon, amoureux du Barca et de l'AC Milan

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