Qui peut stopper l’Espagne ?

19
juin
2013

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Catégorie : Coupe du Monde 2014

Déjà championne du monde et double championne d'Europe chez les A, l'Espagne est désormais double tenante du titre européen dans la catégorie U21 et U19.

La Furia Roja a encore frappé… Déjà championne du monde, double championne d’Europe chez les A, l’Espagne est désormais double tenante du titre européen dans la catégorie U21 ( et U19 ), après sa victoire en finale de l’Euro israélien face à l’Italie. Lors de la finale de l’Euro 2012, la Roja avait surclassé l’Italie ( 4-0 ), la Rojita en a fait de-même avec les Espoirs italiens, même si les jeunes espagnols ont concédés 2 buts aux transalpins ( 4-2).

Attendue au tournant, comme lors de chaque grande compétition, l’Espagne a une nouvelle fois répondu présente. Si le niveau de jeu affichée d’emblée face à la Russie, lors du premier match de poule, était impressionnant, la réussite fuyait la Rojita. Les observateurs n’en attendaient pas moins pour pointer du doigt le désormais sempiternel refrain de la “possession stérile”, oubliant que si le score n’était que de 1 à 0, les occasions avaient été multiples et que la Russie s’en sortait miraculeusement. La seconde rencontre face à l’Allemagne devait être un sommet, mais là-encore la Rojita a tout simplement survolé les débats. Et si le but est encore arrivé tardivement (86ème minute) par Morata (comme face à la Russie), le niveau de jeu affiché a fait taire tous les analystes, bien obligés de reconnaître que quelque chose se passait du côté d’Israël.

Déjà championne du monde et double championne d'Europe chez les A, l'Espagne est désormais double tenante du titre européen dans la catégorie U21 et U19.Deux victoires par un but d’écart, un jeu exceptionnel, les comparaisons avec les ” grands ” de la Roja fusaient et ce qui arrivaient n’allait pas calmer les ardeurs du peuple espagnol. Sur d’eux, confiants, et en pleine possessions de leurs moyens techniques et physiques, les Espoirs espagnols sont doucement montés en puissance. La démonstration face aux Pays-Bas ( 3 – 0 ) lors du troisième match de poule, fit taire les derniers sceptiques. Les Pays-Bas, présentés, avec l’Italie, comme les autres favoris de la compétition n’ont tout simplement pas respiré… Asphyxiés, étouffés, les Oranje n’ont pas vu le jour et s’en sont bien sorti en encaissant seulement 3 buts. Des individualités sortaient déjà du collectif impressionnant de la Rojita, Isco, Thiago, Tello, Morata, Inigo Martinez et leur bande étaient loin, très loin des autres nations, et ils allaient encore le prouver.

Le 3 – 0 infligé aux hollandais en appelait un autre, face aux norvégiens, en demi-finale. Là-encore il n’y a eu aucun match, les ibériques ont développé leur jeu, sereinement, alternant temps faibles et temps forts avec expérience, redoublant les passes avec aisance, déclenchant des mouvements collectifs d’exception. Isco et Thiago ont petit à petit atteint une autre dimension. Les deux meneurs de jeu espagnols ont enchaîné des mouvements techniques avec une aisance désarmante. Les deux hommes semblaient intouchables, imprenables, les talonnades, madjer, petits-ponts, sombreros, une-deux ont prit une nouvelle ampleur, proche de la perfection. Pour les adversaires, tant russes qu’allemands, hollandais que norvégiens, il n’y avait rien à faire. Des individualités parmi les plus prisées du football moderne mêlées à un collectif impressionnant pour une équipe Espoir ont fait de la Rojita version 2013 une machine de guerre inarrêtable, une sorte d’inexorable vainqueur en devenir, comme si c’était écrit.

Ecrit ? Comme le remake de la finale de l’Euro 2012 entre l’Espagne et l’Italie, où les jeunes italiens allaient avoir l’occasion de venger leurs aînés. Mais comme les partenaires de Pirlo il y a un an, les co-équipier d’Insigne (le meilleur italien de la compétition) n’ont jamais donné l’impression de pouvoir rivaliser avec les espagnols. Dès la 6ème minute, Morata, peu en vue lors de cette finale, débordait magnifiquement côté gauche avant de déposer un centre sur la tête de Thiago Alcantara, étrangement seul aux 6 mètres, pour l’ouverture du score. L’inquiétude naissait côté italien car dans la foulée les espagnols enchaînaient une longue possession de balle. Mais sur une longue ouverture, Ciro Immobile prenait la défense centrale ibérique et enchaînait contrôle-lob pour battre De Gea (sortie tardivement) et remettre les deux équipes à égalité. On se dit alors qu’il va y avoir match… Mais de match il n’y aura pas. La suite sera une démonstration de football, une accumulation de phase de jeu de très haut niveau. Les espagnols s’apprêtent à marcher sur Rome et personne ne semble pouvoir les en empêcher. 20 minutes après l’égalisation italienne et sans que jamais les transalpins n’aient donné l’impression de pouvoir être dangereux, Thiago doublait la marque sur un enchaînement contrôle – demi-volée au coeur d’une défense italienne bien perméable pour le coup. A ce moment là et au vue des 20 dernières minutes, on craint le pire pour l’Italie qui paraît physiquement bien entamée suite à sa demie-finale face aux Pays-Bas. Et ce n’est pas le 3ème but espagnol, 6 minutes plus tard qui va rassurer les derniers incrédules. Tello, crocheté dans la surface obtient un penalty que transforme Thiago. Auteur d’un match extra-ordinaire, le barcelonais s’offre un triplé en finale de l’Euro Espoirs. Dès lors, la démonstration est totale, les minutes passent et les italiens sombrent, plient et rompent à nouveau à la 66ème minute, sur un nouveau penalty obtenu par Montoya. Thiago, capitaine de la Rojita pouvait alors s’offrir un quadruplé et par là-même le titre de meilleur joueur et meilleur buteur du tournoi, mais il préfère laisser son partenaire Isco tirer le penalty à sa place… Quand l’état d’esprit parfait se mêle au football de très haut niveau, les surprises sont rares et les résultats suivent ! En menant 4-1 à 25 minutes du terme, les espagnols ont match gagné, les italiens n’ont toujours rien montré et c’est sans doute ce qui va expliquer la baisse de concentration ibérique qui entraînera la réduction du score, magnifique, de Fabio Borini sur une frappe limpide. La fin de match n’offrira pas vraiment de suspens, personne ne voit l’Italie revenir, et l’Italie ne reviendra pas.

Déjà championne du monde et double championne d'Europe chez les A, l'Espagne est désormais double tenante du titre européen dans la catégorie U21 et U19.L’Espagne s’impose 4-2, un score très flatteur pour les italiens après 95 minutes de football de très très haut niveau. Si Isco et Thiago ont une nouvelle fois offert des prestations éblouissantes, difficile de ne pas retenir l’impression collective laissée par la Rojita. Beaucoup d’espagnols avaient déjà évolué au sein de la Roja sous la direction de Vicente Del Bosque, une chose est sure on les y reverra. Cette génération, exceptionnelle, va venir en remplacer une autre, la meilleur qui soit… La  “fin du cycle espagnol” n’est pas à l’ordre du jour, l’Espagne domine le monde du ballon rond et la relève est assurée. Il faut aller chercher bien loin pour retrouver une équipe Espoir qui ait autant marqué par sa facilité, peut-être n’y en a-t-il jamais eu d’ailleurs… Pendant que la Roja éblouit le Brésil en impressionnant par son niveau de jeu, la Rojita vient parachever un édifice ibérique bien loin de vouloir s’effondrer. Rappelons que l’Euro 2016 aura lieu en France et que de nombreux membres de cette équipe devraient être présents sur les pelouses de l’Hexagone. Si du temps aura passé, nul doute qu’avec encore plus de maturité et d’expérience l’Espagne sera encore, n’en déplaise à ses détracteurs, un grandissime favori.

Auteur : Damien Jaud

Damien, 31 ans, passionné de foot. Ex-joueur de foot. Fan d'esthétisme plutôt que de puissance. Amoureux du foot.

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