PSG-Monaco : le piège du “match affiche” de la Ligue 1

23
septembre
2013

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Catégorie : Editos

Le choc que l'on attendait depuis longtemps. Le duel de riches est un beau cadeau dans une L1 prétendue pauvre. Mais, en fait, c'est vraiment profitable ?

On a parlé des millions (et de leur provenance) de chaque côté, additionné les prix de chacun des joueurs pour halluciner. On a surtout vu un match qui devrait, à l’avenir, contribuer à l’exportation du football français. Un duel de haut niveau, que l’on attendait depuis longtemps, qui ne doit cependant pas accaparer toute l’attention. Attention aux vices. 

Une comparaison qui horripile. Inconciliable, impossible. Non, ce PSG-Monaco ne sera jamais un Real-Barça. JAMAIS. De par l’histoire ancestrale des deux géants d’Espagne et le microscopique embryon de rivalité qui est né chez les deux nouveaux riches de la L1. Alors, quand le président de la LFP affirme haut et fort qu’on a «notre Classico», on esquisse un sourire. Tantôt moqueur, tantôt gêné. De pauvres Gaulois qui essaient de se persuader que oui, cette année, on peut enfin rivaliser au plus haut niveau européen. On glousse. Même si séparément, Paris ou Monaco peuvent légitimement prétendre à un parcours honorable en Champion’s League, au même titre que les Madrilènes et Barcelonais. Mais on parle de la Ligue 1. Soyons sérieux Frédéric Thiriez. Si un jour, oui, plusieurs centaines de millions de téléspectateurs s’appesantissent devant un ASM-PSG.. Pour marquer le coup, faudrait même songer à couper la moustache hein Frédo ?

325 millions d’euros pour les seuls Barça-Real. Les droits de diffusion du football espagnol sont phagocytés par un duel qui accapare toute l’attention. La moitié de l’argent va donc aux mastodontes. Et les 18 autres se partagent les restes. Un système paralysé et qui handicape gravement les finances des clubs de la Liga, qui au passage est le championnat le plus endetté au monde. De là y voir une conséquence de l’inégale répartition ? Si Messi et Ronaldo sont les deux plus grandes stars de la planète foot, la machine est sclérosée dans l’autre sens. Pour des «petits clubs» destinés à jouer un autre championnat, la «Otra Liga» pour une place qualificative en Ligue des Champions, sans espoir de titre. Un fossé, un gouffre qui ne cesse de se creuser. Alors ? Veut-on vraiment une Ligue 1 à deux vitesses, profitables à une minorité et qui accroîtrait les inégalités ? A vouloir devenir trop compétitif, va-t-on au contraire en laisser sur le bord de la route, faute d’avoir pris le bon virage du foot business ?

Le déséquilibre grandit déjà. Le duel des ultra-riches qu’on annonce va sans doute devenir le coffret cadeau d’une L1 new age. Un championnat qui aura rarement vu un match d’une telle intensité et d’une pureté technique de la sorte. Une émulation positive si jamais les autres clubs se décident enfin à ouvrir leurs portes aux investisseurs. L’Ouzbek à Lens pourra témoigner. Mais à regarder un arbre, on ne voit plus la forêt. C’est dommage pour un championnat que l’on connaissait pour son homogénéité et sa diversité. Une denrée rare dans une Europe du foot où tous les pays possèdent des clubs phares. Et les autres, en queue de peloton. On est vieux jeu et sûrement bien trop nostalgique mais le vent de changement commence déjà à laisser des regrets. Celui où le petit pouvait encore gagner contre le gros. Ah le bon vieux romantisme…

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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