PSG : Comment aborder la L1 avant la C1

01
avril
2013

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Catégorie : Editos

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Tous les regards Parisiens, toutes les pensées s’orientent inexorablement vers ce quart de finale de Ligue des Champions contre Barcelone.

Une affiche de rêve qui ne doit cependant pas occulter les matchs de Ligue 1 à jouer avant ce rendez-vous crucial. La victoire contre Montpellier (1-0) en est le parfait exemple, qu’il est dur de gagner quand on est obnubilé par un autre match…

Il était déjà compliqué pour Carlo Ancelotti de motiver des stars payées à un prix d’or dans un championnat qui ne les fait guère rêver. Pour ne pas dire désintéresser. Haranguer son vestiaire avant un pauvre match de Ligue 1, celui-qui-a-les-sourcils-qui-se-font-la-gueule a du mérite. Alors demander à ses joueurs de se dépenser, de rester sérieux, concentré contre Montpellier, pourtant le champion en titre, cela peut relever de l’exploit. Une rencontre sans aucun doute un ton en dessous du match qui va accaparer tous les esprits, toutes les têtes : le ¼ contre Barcelone dans quelques jours.

Du coup avant la réception des Sudistes, les Parisiens répèteront comme des automates que « Oui, pour l’instant on est focalisé sur Montpellier, c’est un match important… bla bla bla ». Et bien qu’ils soient professionnels, briefés pour ne pas ne disperser dans leurs déclarations, on ne doute pas qu’ils pensaient tous à ce match contre Messi & cie. Imaginez, le genre de rencontre qui focalise toute l’attention médiatique, qui réveille un certain élan patriotique et peut chambouler à tout jamais l’avenir de votre club. Un match que l’on ne joue certainement qu’une fois dans sa vie. Dans ces conditions, difficile de faire passer le message comme quoi « Oui, John Utaka est dangereux quand il monte, et Cabella, le maître à jouer.. ». C’est comme si on vous promettait une Ferrari, et en attendant, on doit se débrouiller avec une 2CV. Ça tient du sadisme, je vous l’accorde.

Sans parler des joueurs qui n’auront pas toujours le pied sur l’accélérateur, de peur de trop se dépenser, de trop puiser. On joue désormais en fonction du match qui arrive dans quelques jours, et non plus par rapport à celui auquel tu joues. Drôle de paradoxe. Les jambes et les corps sont sûrement sur la pelouse, mais les cerveaux et les têtes sont toutes tournées vers le Barça, le Camp Nou… Déjà peu enclin à fournir d’énormes efforts, des joueurs comme Ibrahimovic se sont donc permis de jouer un match à 40-50%. Ce qui est sans doute suffisant pour faire la différence en Ligue 1. Mais bon, ici, on ne débattra pas sur le niveau de notre championnat. En plus de clairement manquer de respect aux hommes de René Girard, « on est là, on joue, mais on ne s’investit pas à fond par ce que vous n’êtes pas le Barça », les Parisiens prennent le risque de passer à côté de leur match. À trop penser à la Ligue des Champions, on perd le fil du match que l’on est pourtant en train de jouer. Heureusement, sur une fulgurance comme à chaque fois avec le PSG, Gameiro offre la victoire. À dix minutes du terme, comme pour rappeler à l’ordre les esprits trop dispersés.

La fameuse peur de la blessure n’incitera pas non plus les joueurs à s’engager à fond dans un match qu’ils prennent par-dessus la jambe. Comment dès lors jouer un match correctement si au duel, les Parisiens freinent leurs intentions et laissent à leur adversaire un avantage certain à chaque contact ? Comme l’affirmait Leonardo après la déroute contre Reims (1-0), le PSG aurait une équipe plus bâtie pour l’Europe. À eux de le prouver, de nous montrer que leur investissement en Ligue 1 n’est rien comparé à ce qu’ils peuvent mettre sur la table quand ils entendent la petite musique. Leur maturité pour gagner les matchs pièges en Ligue 1 avant un choc est une chose. Gagner le rendez-vous ultra-important qui vous obsède depuis des semaines en est une autre.

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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