Pourquoi la France doit craindre la Roja ?

26
mars
2013

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Catégorie : Coupe du Monde 2014 / Équipe de France

Benzema, ici face à Xabi Alonso, aurait fort à faire

Ce soir l’équipe de France accueille, à Saint-Denis, la sélection espagnole pour ce qui s’annonce comme le match au sommet du groupe I.

Après avoir battu la Géorgie (3 – 1), et vu les Espagnols concéder un étonnant match nul à domicile face à la Finlande, la France aura son destin entre ses mains, un nul serait synonyme de bon résultat, mais la Roja est-elle réellement en manque de confiance ? Que faut-il réellement attendre des coéquipiers de Gérard Piqué et consorts ?

Certes, l’Espagne reste sur deux matchs nuls, face à la Finlande et face à la France, mais en s’attardant sur ces deux contreperformances, difficile de trouver de quoi remettre complètement en cause l’hégémonie de la Roja. Rappelons tout d’abord que la France est allée chercher l’égalisation au match aller dans les arrêts de jeu… Avant cela, la Roja s’était baladée en première mi-temps avant de s’écrouler physiquement en seconde période. Mais les joueurs, notamment en Espagne, sont préparés pour avoir un pic de forme à partir du mois de mars, permettant d’aborder les phases finales des dernières compétitions nationales et européennes dans les meilleures conditions physiques. Il ne faudra donc pas compter sur une nouvelle baisse de régime des hommes de Del Bosque, mardi soir. L’autre match nul, concédé vendredi soir face à la Finlande relève d’un évident accident. Face aux Finlandais, les Espagnols ont eu la possession du ballon 86 % du temps de jeu, absolument… anormal. Les Finlandais ont eu le ballon sur les touches, les six mètres et sur leur seule et unique occasion, qu’ils ont réussi à transformer en but, à la surprise générale. En défendant plus d’une heure à 10, dont 9 joueurs dans la surface ou sur la ligne des 18, la Finlande n’a fait rien d’autre que de démontrer la puissance de la machine espagnole. Sans un grand gardien, et avec un brin de réussite, la Finlande aurait coulé. Là non plus, aucun signe de moins bien côté espagnol.

Mais surtout, il convient de rappeler que la Roja est invaincue en match officiel depuis son entrée en lice en Coupe du Monde 2010, face à la Suisse. Deux ans, un mondial et un Euro plus tard, la Roja concède des points certes, mais elle domine, surtout, toujours. C’est un acquis, quand on joue contre l’Espagne on sait qu’on n’aura pas le ballon, comme une évidence. Le problème c’est qu’avec le ballon les Espagnols sont toujours dangereux, la France et la Finlande bien que leur ayant pris des points peuvent en témoigner ! Le fait est qu’il n’y a pas de solution miracle face à la sélection espagnole. Il faut défendre en bloc, pendant 90 minutes, ne laisser aucun espace, bloquer les ailes et l’axe ! Lors du quart de finale de l’Euro 2012, L. Blanc avait aligné 5 défenseurs, pensant pouvoir contrer une équipe résolument offensive, la démonstration espagnole qui s’en suivit aura fini de convaincre les sceptiques de la force collective des Espagnoles. Autre problème pour les Français, l’Espagne, toujours dangereuse, n’est jamais aussi forte que quand elle est dos au mur et qu’elle DOIT gagner. Sans doute pas une question de motivation, tant les ibériques s’attachent à être sérieux à chacune de leur rencontre, mais surement un petit plus, un surplus de talent qui s’enflamme dans les moments où il faut s’affirmer, comme un sursaut d’orgueil qui réveille le meilleur de chaque membre d’un collectif exceptionnel.

Autre point noir, la France ne jouera pas derrière, du moins pas volontairement, et pas autant que l’ont fait, par exemple, la Finlande. Les tricolores vont tenter de jouer, de relancer, de contrer, en se projetant vers l’avant et passant sur les ailes. Face aux équipes qui jouent, l’Espagne est redoutable, le moindre contre mal mené par les Français sera synonyme d’occasion de but pour les Espagnols. Le milieu de terrain français, l’une des satisfactions des derniers matchs internationaux, devra rivaliser avec ce qui se fait de mieux au monde.

Là encore, la projection est espagnole. Xavi devrait faire son retour au coeur du jeu ibérique pour épauler Iniesta. La titularisation de Pedro devrait également apporter un peu plus de profondeur que face à la Finlande. La seule bonne nouvelle pour les Français, est l’absence de Jordi Alba, le latéral du FC Barcelone s’est blessé vendredi soir, ses déboulés ultra-rapides devraient manquer à la Roja, d’autant que son pendant côté droit, le Madrilène Arbeloa n’est toujours pas le latéral que les Espagnols cherchent depuis plusieurs années. Titularisé par défaut il devrait d’ailleurs être le point faible sur lequel Franck Ribery devra appuyer dès que possible. À gauche, c’est le gunner Nacho Monreal qui devrait suppléer Alba, pas vraiment une bonne nouvelle non plus tant l’ex-Andalou affiche une forme étincelante. L’Espagne devrait donc se présenter au Stade de France avec la composition suivante : Valdès, Arbéloa, Piqué, Ramos, Monreal, Busquets, Xavi-Iniesta, Fabregas, Villa, Pedro. Silva suspendu, seul Mata pourrait créer la surprise en décrochant une titularisation, les solutions ne manquent pas, en tout cas, côté espagnol.

La France reste sur de belles, très belle performance, même sa défaite face à l’Allemagne était encourageant, mais n’oublions pas que l’Espagne est un rouleau compresseur, on croit toujours pouvoir trouver une solution, LA solution, mais comme un constat implacable, comme lors des deux derniers Euro ou du dernier Mondial, l’Espagne sait se transcender quand la situation l’exige. Même face à une équipe en pleine confiance (Italie en finale de l’Euro, par exemple…), l’Espagne joue son jeu, sans vaciller, sans faire fi des “on-dits”, seule, mortelle certes, mais tellement vivante.

Auteur : Damien Jaud

Damien, 31 ans, passionné de foot. Ex-joueur de foot. Fan d'esthétisme plutôt que de puissance. Amoureux du foot.

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