Pochettino, el maestro.

04
février
2018

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Catégorie : Europe

Mauricio-Pochettino

Connu en France pour son passé de défenseur central du Paris Saint-Germain et de Bordeaux au cours des années 2000, Mauricio Pochettino est devenu, depuis, tour à tour entraîneur de l’Espanyol Barcelone, de Southampton puis de Tottenham. Plutôt méconnu en France, le Pochettino entraîneur fait pourtant parti des meilleurs entraîneurs du moment et de demain.

Dans une Premier League aux airs d’Hollywood où les coachs stars se croisent chaque week-end, Mauricio Pochettino ne semblait pas être du casting à son arrivée à Southampton. Alors entraîneur de l’Espanyol Barcelone, où il a réussi à stabiliser le club en Liga, l’argentin débarque en Angleterre dans l’indifférence mais ne tardera pas à se faire un nom au pays du football. Il parviendra à maintenir les Saints en Premier League avant de réaliser l’une des meilleures saison de l’histoire du club en terminant à la huitième place du championnat. À l’Espanyol comme à Southampton, Pochettino se distingue par la confiance qu’il donne aux jeunes joueurs, faisant éclore par exemple Clyne, Lallana, Schneiderlin ou Luke Shaw. Encore jeune entraîneur (45 ans), Pochettino est un bâtisseur, et c’est cette qualité, ajoutée à sa philosophie offensive, qui convaincra Daniel Lévy, le président de Tottenham, de lui confier le banc des Spurs en 2014. Dans le but de donner un nouveau cap au club après les passages de Villas-Boas et Tim Sherwood, l’ancien parisien signe un contrat longue durée à Londres (5 ans). Après une première saison terminée à la cinquième place, Pochettino bouleverse son effectif pour créer un groupe qui lui ressemble plus. Exit alors les Adebayor, Paulinho, Holtby, Chiriches, Stambouli ou Capoue, pour faire place aux Davies, Kane, Dele Alli ou Trippier. Un groupe jeune, qu’il parvient depuis à faire progresser d’année en année. Jusqu’alors rarement invité dans le big 4 anglais, Tottenham parvient à s’y inviter chaque année depuis, poussant dehors United, Chelsea ou Arsenal. Méconnu à côté des Guardiola, Mourinho, Wenger, Klopp ou Conte, l’argentin aura su se faire sa place permis les cadors de Premier League en réussissant à tirer le maximum de son groupe, tout en produisant un jeu attrayant et porter vers l’avant.

Un coach pragmatique avant tout.

Ancien joueur de Marcelo Bielsa aux Newell’s Old Boys, el Loco est l’influence majeure de Pochettino dans sa nouvelle vie de coach. De Bielsa, il a pris le goût du pressing dès la perte du ballon, les sorties de balle au sol, l’énorme intensité dans les mouvements, tout en étant moins dogmatique et plus pragmatique. Souvent péjoratif en France, le pragmatisme est pourtant la qualité commune à tous les plus grands coachs. Utiliser péjorativement en France pour qualifier un jeu ennuyeux et manquant de folie, le pragmatisme définit en vérité la capacité de l’entraîneur à s’adapter aux joueurs qu’il possède. Ancelotti, Guardiola, Mourinho, Zidane ou Pochettino sont tous de grands pragmatique. Leurs schémas de jeu et leurs animations s’adaptent constamment aux joueurs et à l’adversaire du moment, pour réussir à développer au maximum le potentiel des joueurs, but ultime de tout entraîneur. Plus pragmatique que son mentor Biesa donc, le Tottenham de Pochettino n’a pas de schéma type, bien qu’il joue le plus souvent en 4-2-3-1 pour mettre Dele Alli dans les meilleurs dispositions. L’équipe est capable de changer de système d’un match à l’autre, voir dans un même match (4-2-3-1, 3-4-3,…). Adepte du jeu de possession et de position, l’entraîneur argentin n’en oublie pas pour autant la valeur de son effectif, qui n’est pas encore de la qualité d’un club du top européen malgré des top players comme Kane, Alli ou Eriksen. Confronté au Real en poule de Champions League, le coach des Spurs a abordé ces deux matchs en admettant qu’avoir la possession serait quasi impossible. Il a alors mis en place un 3-4-3 offensif qui permet de se projeter vite vers l’avant à la récupération et une grande maitrise des transitions offensives comme défensive.

C’est d’ailleurs la principale qualité de Tottenham d’un point de vue tactique, leur maitrise quasi parfaite des transitions, conséquence d’un quadrillage du terrain d’une qualité rare en Europe. Conscient que la différence se fait au milieu du terrain, l’entraîneur argentin demande à ses joueurs de couper toutes les liaisons dans l’axe en emmenant les adversaires sur les côtés, pour éviter les changements d’aile qui partent de l’axe le plus souvent et qui permettent à l’adversaire d’étirer le bloc. Si l’on ajoute à cela le pressing collectif et un bloc équipe ultra compact, on obtient une équipe très compliqué à faire déjouer. Quand ils ont le ballon (environ 50% face aux grosses écuries, plus de 60% face aux autres) les joueurs de Mauricio Pochettino semblent capables de répondre à n’importe quelle situation, le schéma préférentiel consistant à chercher la relance dans l’axe avant de trouver le décalage sur le côté.

Pochettino a réussi à faire de cette jeune équipe une des équipes ayant le plus de maitrise tactique, une équipe parfaitement préparée et capable de gérer toutes les situations rencontrées en match. L’un des derniers doutes à lever autour de Pochettino reste sa capacité à savoir gérer des joueurs confirmés, des stars dans des clubs du top mondial. Jusqu’ici presque exclusivement confrontés à de jeunes joueurs, sa capacité d’adaptation et son pragmatisme permettent d’avoir un élément de réponse et laisse penser qu’il saura se mettre au niveau dans les plus grands clubs du Monde. Pour poursuivre son ascension.

Auteur : Dylan Houeix

Rédacteur Au Premier Poteau pour servir Edinson Cavani.

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