Plaidoyer de Benzema

25
mars
2013

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Catégorie : Edito

Karim Benzema : plaidoyer

En avocat du diable, à en écouter les médias et autres réseaux sociaux, votre serviteur se met dans la peau du principal défenseur de l’attaquant Madrilène, tant décrié avec le maillot bleu.
Une démonstration peu académique, qui, je l’espère, vous convaincra que la clémence s’impose. Et non la sanction systématique, sous la forme de sifflets inappropriés comme contre la Géorgie ce vendredi (3-1). 

En France, le public est exigeant. Sûrement plus qu’ailleurs. En atteste la réaction d’un Stade de France quasi-schizophrène. Tantôt un but est félicité par trois « ola » dans un stade, tantôt une mauvaise frappe, même cadrée, peut faire pleuvoir un tollé assourdissant. L’attente des (télé)spectateurs est évidemment grande, l’émotion y est décuplée. Dans ce schéma, pas de problèmes, la folie et l’intensité d’un ressenti à chaud paraîtront déraisonnable, mais transformer la frustration, la déception en colère, voire en fureur, n’aidera en rien un joueur qui doute déjà depuis 929 minutes en Equipe de France. Un moment délicat, où les encouragements devraient être légion. Un sifflet fait mal. Quand 60.000 personnes expriment de la sorte leur mécontentement, le coup est dur. Bien sûr que ça doit lui peser, qu’il fera son introspection, qu’il se posera les bonnes questions pour remédier à cette diète aussi inquiétante qu’inhabituelle pour un attaquant de son calibre.

Ne pas marquer pendant onze matchs, ça fait évidemment tâche sur le CV d’un attaquant, surtout quand ce dernier est prédestiné à remplacer Thierry Henry dans les cœurs et dans les statistiques. La pression est grande, l’attente justifiée au vu du talent de l’ex-Lyonnais. L’enfant chéri de la Ligue 1 durant son court, mais prolifique, passage dans le championnat de France (64 buts entre 2004 et 2009). Un buteur, un goleador qui profite de son bail à Madrid pour s’affirmer davantage, pour s’améliorer et enfin gagner en régularité. Et la saison 2011-2012 à 32 buts témoigne des progrès effectués. Mais la régularité reste à parfaire.

Dans le dur cette saison, 11 réalisations, comme son rival Higuiain par ailleurs, Rim-K espère, comme 65 millions de Français trouver un échappatoire à ce quotidien morose à Madrid, en Equipe de France. Oui, mais voilà, depuis le Estonie-France et un doublé en juin 2012, Benzema reste étonnement muet. N’avoir que 5-6 matchs par année en Bleu n’aide évidemment pas, la dynamique n’étant jamais la même en club, sans parler de cette pression qui l’escorte à chaque sortie, qui l’inhibe plus qu’elle le libère pour l’instant. Sans parler de la chance, élément indispensable pour marquer dans ce match, où il ne manqua qu’un de ses buts pour rendre la soirée parfaite. Sa frappe repoussée par la main de Loria (55e) peut aussi bien rentrer, à quelques centimètres près. Un but qui ne soulèverait sûrement pas ce débat. Quelques millimètres qui changent la vision de tout un pays sur sa star. Une sanction injuste. L’enfoncer et le rabaisser ne sera d’aucune aide. Comme le réclama Deschamps en conférence de presse après le match face à la Géorgie, il faudrait le soutenir. Lui, qui a déjà le moral dans les chaussettes n’a pas besoin de ces sifflets. Comme pas mal de footeux, il doit sans doute carburer à l’affect’. Le cercle vicieux mental dans lequel le public du Stade de France l’enfonce relève de la bêtise, de l’ignorance pure et dure. L’aspect mental ne doit pas être ignoré.

Sa titularisation ne doit en aucun cas être remise en cause, ne pas le titulariser, le punir d’une certaine manière aura des conséquences néfastes, autant pour lui que pour une équipe en manque de repères et d’un schéma-type à aligner. Il faut vaincre le mal par le mal, prendre le taureau par les cornes, et insister. Et là, le but viendra. D’ailleurs il a encore eu deux occasions ce vendredi, un élément à ne pas négliger. Il est encore dans le coup, il sait se procurer des moments chauds devant le but. S’il n’avait rien eu à se mettre sous la dent, ok, on aurait pu crier au scandale..  Au vu de son talent, il ne restera pas éternellement impuissant devant le but. Attendons le déclic, soyons plus cléments. Alors, oui, il est facile de détester « KB », de l’incendier pour son choix de ne pas vouloir chanter la Marseillaise. Un faux débat par ailleurs que le FN soulèvera dans le seul souci de grappiller quelques voix. L’équipe championne d’Europe 1984, Platini et consorts, ne chantera pas l’hymne en finale. Débat inutile et stérile. Qui ne doit pas faire oublier tout le potentiel d’un joueur qui représente l’avenir de l’Equipe de France.

Et quoi de mieux que la finale contre l’Espagne pour enfin marquer dans l’ère Deschamps, qui lui voue une confiance aveugle ?

Image : Eurosport

Auteur : Fabien Burgaud

Fabien : motivation le journalisme sportif. Supporter du FCN et amoureux du football.

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