Pierre Ducrocq (France Bleu) : “Mon regard sur le foot féminin a évolué”

16
janvier
2014

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Catégorie : Interview

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Pour les supporters du PSG, le tandem Ducrocq – Salomon est un gage de qualité tant leurs commentaires lors des matchs du club capital sont objectivement tournés vers le jeu. Nous avons eu la chance d’échanger avec Pierre Ducrocq autour d’un sujet qui nous tient particulièrement à coeur : le football féminin.
Si aujourd’hui, la fédération française de football n’a de cesse de clamer son intérêt pour les féminines, il est très agréable de constater que d’autres acteurs du football s’y intéressent aussi !

 

Peux-tu te présenter ?
Pierre Ducrocq, 37 ans, ancien joueur professionnel de football ayant joué à Laval, au PSG, un an au Derby County, au Havre, à Strasbourg puis en Grèce pour finir ma carrière au soleil en prenant beaucoup de plaisir et depuis peu, agent de joueur chez KEMARI*. C’est une société que j’ai créée avec deux associés et pour laquelle je m’investis beaucoup.

Comment es-tu arrivé chez France Bleu ?
Au cours d’une rencontre avec Bruno Salomon, ce dernier m’a proposé de commenter avec lui les matchs du PSG et j’ai donc fait mes premiers pas à la radio.
Cela c’est très bien passé ! Nous avons donc poursuivi la collaboration, je ne dis pas que cela ne nécessite pas de nombreuses heures de travail, mais le courant passe bien et Bruno a su m’aiguiller pour que je me sente à l’aise rapidement.
Aujourd’hui, j’ai ma propre chronique « Tribune 100% Ducrocq » que je prends beaucoup de plaisir à animer tous les mercredi à 20h10.

Toi qui a joué au PSG entre 1998 à 2001, à l’époque, tu savais que le club possédait une section féminine ?
Oui, car il nous arrivait de croiser les joueuses au camp des loges avec mes coéquipiers, au même titre que les sections des jeunes, mais je ne les ai jamais vues jouer et je crois même qu’à l’époque, elles n’étaient pas conviées au déjeuner annuel à l’hôtel de ville.

Le football féminin, c’est un sujet qui t’intéresse ?
Oui, de plus en plus ! Je suis tout particulièrement l’équipe féminine du PSG, mais de temps en temps, je regarde les matchs de l’équipe de France féminine.
Mon regard sur le foot féminin a évolué au fur et à mesure de ma carrière, je trouve que les matchs sont de plus en plus agréables à regarder, car le niveau a beaucoup évolué en l’espace de peu de temps.
Quand j’étais en formation au sein du
CTN de Clairefontaine, on jouait contre l’équipe féminine A et à l’époque, les joueuses n’avaient pas de structure de formation comme il en existe actuellement, ce qui fait qu’on gagnait les rencontres alors que n’étions que des jeunes en formation. Aujourd’hui, je pense que les niveaux techniques et tactiques chez les féminines sont élevés et le résultat final serait nettement différent. On voit de plus en plus de beaux gestes techniques, le reste du débat concernant les aptitudes physiques des hommes et des femmes n’a pas lieu d’être, ce genre de comparaisons n’a aucun intérêt sportif.
L’arrivée de la professionnalisation dans les grands clubs comme Paris, Lyon et Montpellier : c’est une très bonne chose et j’espère que cela aidera le championnat de D1 féminine à évoluer dans le bon sens.

Aujourd’hui, tu es également agent sportif, travailler avec une footballeuse ça te tente ?
Carrément, il faut demander aux joueuses si ça les tenterait de travailler avec nous.
Honnêtement, je n’y vois aucun frein même si pour le moment le milieu n’est pas le même que celui où évolue les joueurs car les contrats sont différents pour le moment.
Après, je pense que le métier d’agent d’un joueur ou d’une joueuse est le même donc, c’est tout à fait possible.

Une joueuse en particulier ?
Je vais te faire la même réponse que lorsqu’on m’a posé la question par rapport à des joueurs.
C’est pas forcément le niveau qui rentre en compte, même si plus le niveau est élevé plus il est agréable de voir le joueur évoluer, mais je gère aujourd’hui des joueurs qui sont en national, qui s’entraînent très sérieusement et qui ont des caractères de compétiteurs donc c’est un vrai plaisir de bosser avec eux. Pour une joueuse, ce sera la même chose. J’aimerai m’occuper de joueuses qui ont une bonne mentalité, qui savent où elles vont et qui ont envie de progresser.
C’est mon seul critère et cela va de paire avec notre philosophie de travail : « Avoir un bon comportement ».

C’est quoi le rôle d’un agent ?
Au-delà de la vision de base que la plupart des gens ont et qui consiste à placer les joueurs ou joueuses dans un club ou un centre de formation, il y a un réel accompagnement de carrière que ce soit dans le sponsoring ou la gestion du patrimoine. D’ailleurs, le métier d’agent nécessite de passer une licence qui est délivrée par le comité national olympique et dont les épreuves nécessitent des connaissances aussi bien en droit du sport qu’en droit social ou en droit des contrats.

PDUCROCQ

Dernièrement, tu as reçu Jessica Houara et Laura Georges avant le derby contre Juvisy, il y a de la place pour les féminines du PSG dans la tribune 100% Ducrocq ?
Tout à fait ! Pour tout te dire, elles ont même été invitées à revenir, ça vaut aussi pour les autres joueuses de l’effectif.
Je pense que donner de la visibilité médiatique aux joueuses au niveau de l’Ile de France, cela permet aux auditeurs d’apprendre à les connaître, c’est une manière de participer au développement du football féminin.
Dès le début de ma collaboration avec Bruno Salomon, nous avions évoqué notre envie commune de parler de l’équipe féminine du PSG.
Le replay est à écouter ici.

APDUCROCQCe qui laisse imaginer que bientôt, les matchs seront commentés ?
C’est un projet, nous assistons aux matchs alors même si je ne suis pas le seul à décider, j’ai envie de dire : « Pourquoi pas ? ». Ce serait sympa de pouvoir couvrir les grands matchs comme les derby contre Juvisy ou lorsque l’on reçoit Lyon et Montpellier.

De ton point de vue, qu’est ce qui freine le développement du football féminin en France ?
Malheureusement, je pense que le championnat n’est pas assez attractif compte tenu des écarts entre les clubs pro et les clubs amateurs et du coup, cela n’aide pas à la médiatisation, car certains matchs sont à sens uniques.
Un peu comme en Coupe de France masculine quand le PSG rencontre un petit club, c’est forcément moins spectaculaire en terme de niveau de jeu.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?
C’est l’époque des voeux, je dirai que le plus important c’est d’avoir la santé et pour le reste, je bosse dur !

Merci à Pierre pour sa disponibilité.

*Kemari, littéralement « balle frappée », est une forme de football qui était populaire au Japon entre le VIIIème et le XIème siècle et qui consistait, pour des joueurs disposés en cercle dans un espace restreint, à se passer le ballon sans qu’il ne touche le sol.

 

Auteur : Koralee Cano

Crampons ou talons, Koralee a fait le choix de ne pas choisir et surtout d'en parler. Passionnée du détail, curieuse d'en savoir toujours un peu plus, elle décrypte l'univers du football féminin non sans une pointe d'humour.

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