A Pelé, la lumière, à Garrincha, l’ombre (2/3)

13
février
2014

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Catégorie : Flash APP

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Suite de notre dossier consacré aux deux étoiles brésiliennes. Reprenons donc là où nous nous étions arrêtés la dernière fois. Troisième match de poule et le Brésil doit à tout prix l’emporter pour sortir d’une poule méga relevée avec l’Angleterre, l’Autriche (brillante quatre ans plus tôt) et donc l’URSS, l’impressionnante URSS. De match, il n’aura été finalement question que durant quelques secondes. Les cracks vont plier l’affaire en trois minutes.

Pelé et Garrincha démarrent donc et l’histoire du Brésil footballistique avec eux. Ils ne leur faut que trois minutes pour changer à jamais le destin de beautiful looser que prenait leur pays. Trois minutes qui seront décrites par la suite comme «les 3 meilleures minutes de football jamais jouées». Trois minutes qui définiront le Brésil pour le reste du monde et pour l’éternité.

“Si sur le terrain, les deux étaient brillants, en dehors, l’un avait tout compris, l’autre rien. Ou s’en tapait, à voir”

Dès le coup d’envoi, Garrincha efface 3 (décidément) défenseurs et fracasse le poteau puis sert Pelé qui lui touche la transversale mais ce sera Vava qui fera poser un premier genou à terre à Lev Yachine (2’)  puis le second en seconde période (65ème).  Le reste de la compétition sera un plébiscite pour les Brazil Globe Trotter, les stades s’émerveillent sous les arabesques imprévisibles de Garrincha et s’enthousiasment devant le talent du gamin Pelé qui marque le but décisif en quart contre les gallois et en passe trois à la belle équipe de France de Kopa, Fontaine et Piantoni. Avant que le pays hôte (la Suède) ne fasse douter la nouvelle force

dominante du foot pour quelques minutes. Celles qui séparèrent l’ouverture du score par Liedholm (4ème), le doute d’un Maracanazo II dans les esprits brésiliens et un double combo débordement/caviar de Garrincha pour Vava (9ème et 32ème). Mi-temps : Suède: 1, Brésil: 2 et les ancêtres de Zlatan ont déjà compris. La seconde période sera marquée par un doublé de Pelé dont une merveille de sombrero/volée qui occultera complètement le rôle décisif de Vava, Didi et bien sur Garrincha en première période. Score final : Suède : 2, Brésil : 5.

Le sort est brisé, Pelé est en larmes. Le monde entier se prend d’affection pour ce talentueux et innocent gamin (qui aurait quand même perdu sa virginité cet été là) alors que l’ange aux jambes tordues, lui, ne comprend pas l’euphorie l’entourant. Il pensait que le tournoi était organisé comme un mini championnat et qu’il devait encore jouer toutes les équipes une seconde fois. Si sur le terrain, les deux étaient brillants, en dehors, l’un avait tout compris, l’autre rien. Ou s’en tapait, à voir. En tout cas, c’est fait ! Si le Brésil avait toujours possédé d’incroyables talents (Léonidas dès 1934 par exemple), faire triompher cette fantaisie semblait un vain rêve. Garrincha et Pelé en ont fait une réalité.

L’entre deux, entre marketing et cachaça

Le retour au bled des deux va confirmer leur nouvelle dimension. Ils portent tout les deux leurs équipes respectifs au sommet, Pelé, le Paulista, Garrincha, le Carioca. Dans les médias, le sourire Colgate du roi s’affiche de partout et on l’envoit aux quatres coins du monde afin de capitaliser sur son statut de Mozart du foot. Tache qu’il remplit à merveille. «Les hommes ont créés des dieux, l’inverse reste à prouver» chantait Gainsbourg…

La jambe plus courte que l’autre du second continue de suivre sa grande sœur dans les nuits sans fin de Rio qu’il faut faire cohabiter avec une vie de pro, voir avec une vie tout court d’ailleurs. Vie, que son père n’est pas loin de perdre lorsqu’il est renversé par…. son propre fils ! Qui sera finalement rattrapé «bourré, presque amorphe et sans la moindre idée de ce qu’il venait de faire» quelques centaines de mètres plus loin… S’il n’était pas loin de tuer son père, il compense au niveau démographique en donnant naissance à deux enfants illégitimes. Une raison de plus de s’accrocher à la bouteille. Devançant de 40 ans la génération Ronaldo, il prend aussi du poids et est écarté de la Seleçao lors d’un amical contre l’Angleterre en guise de sanction. Bref, n’importe quoi.

Heureusement, la prochaine Coupe du Monde arrive.

1962 : Garrincha, O Rei dos Reis

Pelé arrive au Chili avec 109 matchs joués dans les bottes. Ses excès marketing vont plus le pénaliser que la vie bukowskienne de Garrincha puisque dès le second match, il se blesse. Le reste du mois, il le passera à sourire aux caméras et à signer des Deuxième partie de la sage Pelé/Garrincha. Aujourd'hui l'heure de gloire du petit oiseau alcoolisé !autographes. Sur le terrain, quelqu’un doit endosser le costume de patron. L’oiseau de nuit s’y colle et va illuminer cette 7ème édition de la Coupe du Monde de son talent. La faire sienne comme aucun autre joueur ne l’a fait depuis, à l’exception d’un autre nabot, argentin, celui là, une vingtaine d’année plus tard.

Ultra décisif lors du dernier match de poule contre l’Espagne en délivrant un amour de centre pour le remplaçant de Pelé, Amarildo, il passe la seconde en quart en marquant lui même un doublé contre l’Angleterre. Les journaliste anglais ne trouveront plus leurs mots pour le qualifier au lendemain de cette défaite. « C’était Stanley Matthews, Tom Finney et un charmeur de serpent enrobé dans une seule personne». Le Pays hôte (Chili) se dresse sur la route de la finale ? Pas de problème, un autre doublé les enverra au tapis. Pour une sombre histoire d’altercation avec son (pauvre) vis à vis, il est expulsé et suspendu pour la finale. Inacceptable pour les officiels brésiliens qui parviennent finalement à l’aligner et à remporter la finale contre la Tchécoslovaquie de Masoput, 3 buts à 1.

Garrincha finit meilleur buteur et meilleur joueur du tournoi. Sous les yeux du «simple» Rei Pelé, les banderoles «Garrincha, o Rei dos Reis» défilent. Et cette fois ci, il a bien compris les règles du tournoi et célèbre sa victoire dans les vestiaires avec ses coéquipiers et ….Elza Soarès une chanteuse de Samba extrêmement populaire au pays qui entretient une relation avec l’idole. Encore une fois s’il a tout bien fait sur le terrain, il foire le reste dès sa sortie de terrain. Afficher au grand jour son adultère dans un pays ultra catholique….

Amour, gloire et Futebol

Anyway en cet fin 62 ses prestations dantesques avec son club continuent de jeter aux yeux d’abord «la joie (a son) peuple» avant la honte de l’infidélité. Une apogée sportive qui le rend tout simplement intouchable. Pour ses adversaires sur le terrain d’abord, Deuxième partie de la sage Pelé/Garrincha. Aujourd'hui l'heure de gloire du petit oiseau alcoolisé !puis pour la presse, les puritains et tout les autres.

Malheureusement ses prestations déclinent l’année suivante. Elles ont toujours fluctué à cause de son hygiène de vie. Mais cette fois ci, sa prestation insipide dans le derby (qu’il avait illuminé un an plus tôt) contre le Flamengo fait écho aux larmes de ses filles retransmises à la TV lors de son divorce d’avec sa première femme. Certes, il peut désormais se consacrer à sa Elza mais il doit désormais ajouter «adultère abandonnant sa femme et ses enfants» aux casseroles qu’ils trimbalent.

Mané et Elza se la jouent John et Yoko avant l’heure quand le Rei, lui, ressort sa cape de Superman ! Plantant comme jamais, il s’en va remporter sa première Libertadores en cette année post coupe du monde auquel il ajoutera une coupe Intercontinentale(bien plus importante alors) en humiliant le Benfica. Rebelote l’année suivante, Copa Libertadores(en éliminant au passage le Botafogo de vous savez qui) plus Coupe Intercontinentale.

Les amours de l’enfant roi ne tardent pas, eux aussi, à faire la une. En bien, bien évidemment. En cette année 65 Pelé prend pour  femme une certaine Rosemeri dos Reis Cholbi. Une blanche « bien sous tout rapport ». Dans un pays qui cherchent à démontrer que le racisme est derrière lui, ils font fureur et deviennent rapidement un emblème du bonheur. Trois petites années ont passées depuis 62 mais déjà “le Roi des rois” Garrincha est descendu de son pied d’estale par son peuple qui voit plus que jamais son futur dans l’autre Roi. Le prochain épisode commencera en plein Swinging London en 66’, le début de la fin pour le danseur de Samba. 

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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