A Pelé, la lumière, à Garrincha, l’ombre (1/3)

12
février
2014

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Catégorie : Flash APP

Premier épisode de notre saga dédiée aux deux plus grands joueurs de l'histoire brésilienne. Aujourd'hui, les légendaires Pelé et Garrincha.

Les plus jeunes ne doivent pas connaitre le trophée Jules Rimet. Il s’agit du trophée qui était offert aux vainqueurs lors des premières éditions de la Coupe du Monde. Pourquoi en a t-on changé ? Simplement parce que le Brésil, en tant que triple vainqueur se l’ai adjugé pour l’éternité. Trois victoires obtenues sur quatre possibles entre 1958 et 1970. Une véritable razzia qui porte la griffe de deux joueurs d’exceptions : Pelé et Garrincha. S’il est impossible d’oublier le premier tellement sa présence médiatique reste importante, le second, lui, souffre de la comparaison. Au moins sur le plan international. Parce qu’ au Brésil lorsque l’on se demande qui est le meilleur joueur de tout les temps, le concurrent de Pelé ne s’appelle pas Maradona….

Ce Brésil fantaisiste et victorieux que l’on connait tous n’a failli jamais voir le jour. La faute à cette saleté de Maracanazo, défaite contre l’Uruguay en finale de «sa» Coupe du Monde en 1950 qui traumatisa toute une nation émergente et pleine de confiance. Certes, le talent était toujours présent sur cette terre faite pour le foot mais le traumatisme de la défaite trottait toujours dans un coin de la tête. Il fallait plus que du talent pour briser le sort lancé par l’Uruguay, il fallait un génie. La nation “ordem é progresso” va en accoucher de deux.

«Un joueur inconnu qui vit dans les bois, aux jambes tordues, totalement impossible à marquer et dribblant tel un démon »

Le Maracanã, antre du drame, va d’abord ressusciter sous les accélérations/électrochocs d’un petit homme aux jambes difformes mais au talent sans limite : Garrincha ! Les clichés abondent dès lors que l’on associe “Brésil” et “football” dans la même phrase. Ces clichés, Garrincha, les a tous incarnés. Technique superlative, dribbleur né, plaisir de jouer qui donne envie de Premier épisode de notre saga dédiée aux deux plus grands joueurs de l'histoire brésilienne. Aujourd'hui, les légendaires Pelé et Garrincha.remplacer le «e» par un « ï», les excès hors des terrains et la victoire en dansant ! Homme discret et simple, il n’était au départ pas très intéressé par une carrière professionnelle et préférait alors diviser son temps entre foot pieds nus entre potes et écumage des bars. On raconte que les scouts qui l’avaient vu jouer, répandait la rumeur «d’un joueur inconnu qui vit dans les bois, aux jambes tordues, totalement impossible à marquer et dribblant tel un démon». Finalement, Botafogo le convainc. En 1953, il monte à la capitale âgé de 19 ans, déjà marié à une ouvrière, père de famille et jamais loin d’une bouteille de Cachaça (alcool fort brésilien). Addiction indissociable du personnage. Qu’à cela ne tienne !

Lors de son premier entrainement avec le puissant club de Rio, il réalise un festival en passant le plus naturellement du monde un petit pont à Nilton Santos, taulier du club et de la sélection. Son premier match officiel ? Un hat-trick ! Mais plus que des buts ou des résultats, le petit oiseau (la traduction de Garrincha) apporte de la joie, des sourires, des ouh, chlack, boum ! Sous les pas de danse de l’artiste malmenant son vis-à-vis, les yeux des spectateurs brillent d’une lueur enfantine qui vient saluer la prouesse du danseur et l’humiliation du pauvre défenseur. Tout naturellement, encore, il se verra affubler du surnom « Alegria do povo », la joie du peuple. Mais Garrincha et ses allures burlesques n’ont guère la gueule de tête d’affiche  pour la superproduction qui s’annonce.

Quand Clark Kent devient Superman

Arrive alors, un petit black tout parfait, un auquel nos amis américains auraient offert le premier rôle sans sourciller (d’ailleurs, à les entendre, ils cherchent toujours le leur), un gars nommé en hommage à l’inventeur de la lumière : Ed(i)son. Mais qui est plus communément appelé Pelé, l’inventeur de l’autre lumière, celle made in Brazil. Le jeune premier a tout pour lui : la gueule, le talent et la politesse. Son coach en équipe de jeunes, Waldemar de Brito, le présente aux officiels du club du Santos FC comme «celui qui va être le plus grand footballeur au monde». L’essai sera une simple formalité.

A 16 ans, il signe son premier contrat pro et le bruit se répand. Les médias s’emparent du phénomène, brodant une mystique autour de sa personne. Début 1957, il devient titulaire et … meilleur buteur du championnat Paulista dans la foulée ! Les buts s’enchaînant, sa première sélection ne tarde pas. A 16 ans et 9 mois, il honore sa première cape contre l’Argentine au Maracanã et score aussitôt. Clark Kent est tout simplement en train de devenir Superman, sa réussite planifiée se concrétise. Une histoire un peu moins croustillante que celle de Garrincha, le distordu aux nuits enfiévrées mais bien plus porteuse pour des institutions comme la FIFA ou la CBF.

Le gamin et l’irresponsable

Premier épisode de notre saga dédiée aux deux plus grands joueurs de l'histoire brésilienne. Aujourd'hui, les légendaires Pelé et Garrincha.Les deux sont donc sélectionnés pour la coupe du Monde suédoise de 1958. Mais ni l’un, ni l’autre ne débuteront en tant que titulaire, Pelé trop jeune et légèrement blessé et Garrincha, trop cramé dans sa caboche. Vincente Feola, le sélectionneur n’a guère goûté l’attitude du petit oiseau lors d’un match de préparation contre la Fiorentina. Alors qu’il avait dribblé 4 défenseurs et le gardien, se retrouvant seul devant les cages vides, il s’arrêta ! Attendit qu’un défenseur ne revienne sur lui, le re-dribbla et finit par marquer. Le public explosa de joie, le coach, de colère devant cette attitude jugée « irresponsable ». Voilà, l’instant précis où le Maracanazo remonte à la surface. Suite à la tragique défaite de 1950, les brésiliens ont développé une peur de la défaite qui pousse à la paranoïa et aurait fait passer Staline pour un gars ouvert d’esprit. Dès 1954, ils emmènent un psychologue dans leur bagage. Attitude inédite à l’époque. Et déjà inutile. Pareillement, on fait passer des tests psychologique aux joueurs censés partir pour cette nouvelle campagne. Mané Garrincha, est diagnostiqué « pas assez malin pour conduire un bus à Rio ». Loin, très loin de l’imaginaire « joga bonito » qui a depuis imprégné le maillot de la seleçao.

Il faut gagner pour briser le sort. Vincente Feola ne pense visiblement pas pouvoir le réussir à l’aide d’un gamin et d’un « irresponsable ». Mais voilà, qu’à l’aube du troisième match de poule, les auriverdes se retrouvent dans l’obligation de gagner pour continuer dans cette compétition. Et se dresse sur leur route, impressionnante URSS de Lev Yachine (seul gardien couronné du Ballon d’Or). Didi et Nilton Santos, patrons du vestiaire, font pression et obtiennent les titularisations des deux cracks. La grande histoire peut commencer…

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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