Paris-SG : Aujourd’hui la honte, demain…

07
mars
2018

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Catégorie : Europe

Verratti

Ami football, incubateur d’émotions. Il est de ces soirs où l’on se dit qu’il se passe quelque chose de grave. Avec un contexte cousu pour qu’un exploit retentissant se réalise, avec une communication rare de la part des médias et du club parisien, avec des supporters au diapason comme jamais, avec une préparation idéale et les deux matchs à enjeu contre Marseille, avec ceci, cela… Tout cela n’a pas suffi. Pire encore, ça n’a rien crée. Le degré de déception est tel que beaucoup de choses sont à remettre en cause dans ce Paris Saint-Germain.

Qu’on me donne l’envie…

Mais que s’est-il passé en cette soirée du 6 Mars 2018 ? Dans toutes les discussions, du comptoir jusqu’aux plateaux de télévision, l’ensemble des amateurs de football se sont accordés pour affirmer que le PSG donnera tout pour ce match retour. Rendant l’échéance et l’attente insoutenable. Oui, nous allons voir un Paris au niveau. Oui, Paris peut se révéler lorsqu’il est dos au mur. Oui, l’absence de Neymar peut créer une déviance de la part des espagnols. Tout le positif a tirer a été tiré voire étendu. Il n’en demeure pas moins que la performance parisienne a été en tous points dramatique. Envie, détermination, collectif, âme, pressing, rien n’a existé. Pourtant, Adrien Rabiot, en bon capitaine de troupe, s’est arrêté au micro de BeINSPORTS à la fin du match aller. Pour les déclarations que l’on connait tous.

“Comme d’habitude, on a les occasions, mais on n’est pas assez réaliste. Et quand on joue contre des équipes comme ça, ils ont deux ou trois occasions et ça finit au fond. Le problème, c’est que c’est facile d’en mettre 8 à Dijon ou 4 ou 5 en Championnat, mais c’est dans ces matchs-là qu’il faut être décisif.”

Paris a tout eu en sa faveur, malgré la défaite à l’aller, pour devenir (enfin) un grand d’Europe. En ça, le match retour contre le Real résonne comme une rupture dans le PSG de l’ère-QSI. Soit Paris devient plus grand, soit Paris n’est définitivement pas assez grand. Pour aller du bon côté de la vague, il fallait se dépouiller sur le terrain. Et quand on ne le fait pas, on ne devient pas grand. Dans plusieurs articles de presse se pose la question suivante : Comment Paris va-t-il se relever ? Mais pour se relever, encore faut-il déjà s’être levé… Et quand la dernière grande performance s’avère être l’élimination, contre Barcelone en 2013 (2-2 puis 1-1), un manque de références s’établit.

La fin d’Emery oui, mais…

La plus grande défaite d’Unaï Emery n’est peut-être pas tactique. Elle est plutôt mentale. L’entraîneur basque n’a jamais su convaincre psychologiquement ses joueurs. Une équipe qui manque de charisme manque d’un entraîneur gestionnaire. Offensif pendant dix minutes en première mi-temps (de 1′ à 4′ puis de 41′ à 45+1′), anesthésié le reste du temps, le non-mérite n’en revient pas qu’aux joueurs. La part de responsabilité de l’entraîneur parisien existe, son discours d’avant-match ne transcendant personne au vu de la détermination éphémère. Quoi qu’il en soit, il est désormais certain qu’au matin du 1e Juillet, le Paris Saint-Germain n’aura plus le même coach pour mener la troupe.

Est-ce, en revanche, la faute d’Emery si Cavani n’a proposé pratiquement aucun appel sur le match ? Est-ce la faute d’Emery si Verratti a pris un deuxième jaune plus qu’évitable ? Est-ce la faute d’Emery si Rabiot n’a pas du tout joint les paroles et les actes ? Est-ce la faute d’Emery si Daniel Alves a raté une passe de relance menant au but madrilène ? La responsabilité existe pour certains dans des normes plus ou moins implicites. Mais un entraîneur ne peut pas tout anticiper.

Que faire de l’effectif ?

Beaucoup de joueurs qui ont été recrutés pour la Ligue des Champions ont déçu à l’aller, ou au retour, voire dans les deux rencontres. Que faire dans ce cas de figure ? Thiago Silva a été au niveau et le capitaine parisien a été l’un des seuls à tenir son rang. Une liste de joueurs sont à remettre en question sérieusement dans la perspective d’un Paris-SG au sommet de l’Europe. Les nommer ne serait, en plus d’inutile au vu du nouveau naufrage collectif, pas assez pertinent. Des joueurs ne progresseront plus sous le pavillon de la capitale française. C’est en ce sens qu’il vaut mieux, quitte à chambarder l’équilibre (vacillant) en place, que la transition se fasse dès cet été. Une colonne vertébrale d’un nouveau jour et une homogénéisation des joueurs titulaires, tels sont les objectifs majeurs d’une formation qui a besoin de nouvelles têtes pour grandir.

Paris n’est pas devenu très grand. Pire, le club de la capitale française a perdu une partie importante du crédit qu’elle a mis du temps à acquérir. Tout n’est pas perdu, parce que se faire sortir par le double vainqueur en titre de la Champion’s League n’a rien d’honteux. La manière, elle, laisse terriblement perplexe. Une leçon de collectif, de confiance a été livrée aux joueurs du PSG, sauront-ils réagir ? Rien n’est moins sûr. L’avenir s’assombrit à mesure des revers. Que ferons les propriétaires ? L’été sera crucial, il va falloir agir… Sans fautes.

Auteur : Clément Finot

Le sens du jeu de Pirlo, le jeu de tête de Chamakh, les appels en profondeur de Cavani, mais surtout l'amour d'écrire sur le jeu.

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