Papy Djilobodji, comme un roc !

14
novembre
2013

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Catégorie : Ligue 1

A l'instar du FC Nantes 4ème de Ligue 1, Papy Djilobodji réalise un début de saison fabuleux au sein de la défense des Canaris. Portrait du jeune sénégalais

Forcément quand on vous parle du FC Nantes cette saison, vous pensez à Filip Djordjevic ou à Jordan Veretout. Sauf que les deux “stars” de l’effectif nantais ne sont pas seules. Il existe un grand gaillard de 193 cm, un Sénégalais au physique de déménageur et qui s’impose depuis maintenant deux saisons au sein de la Maison Jaune. Voici l’histoire atypique d’un joueur dont la carrière pourrait décoller rapidement vers les sommets.

Papa il y a un monstre qui vient de débarquer chez nous !”

Né à Kaolack au sud-est de Dakar, El Hadji Mison Djilobodji dit Papy Djilobodji débute à l’AS Saloum, petit club du Sénégal, assez rapidement puisque à 17 ans, il est lancé par le club profitant de la licence d’un autre joueur qui lui ressemblait. Après deux saisons à arpenter les terrains sénégalais, il décide à l’été 2009 de quitter son pays natal pour rejoindre l’Europe. L’Italie est le premier pays à

être visité par “Djilo”, mais il repartira rapidement de son périple à Rome, la Lazio ne le conservant pas suite à son essai. Il se dirige alors vers la Moldavie et le Sherrif Tiraspol qui l’avait repéré au Mali lors d’un tournoi. Il y restera un bon mois, juste le temps pour lui de se faire voler son portable à l’aéroport. Le lion de la Téranga atterri ensuite dans le nord de la France et plus exactement à Lille, 3 semaines de stage pour une réponse négative à la fin. Par l’intermédiaire de Matthieu Bideau (recruteur au FC Nantes) nous avons essayé d’en savoir plus sur la trajectoire de Papy Djilobodji : « Papy est venu en stage au LOSC via Christophe Jeannot, le recruteur Afrique pour Lille. Mais il n’a pas été retenu, son agent a alors décidé de le faire rester en France » par la suite, le Sénégalais rejoint le club de Moissy Cramayel en région parisienne afin d’être visible sur le marché hexagonal. Matthieu Bideau se souvient : « A ce moment-là, Romain Casagrande, fils de Philippe Casagrande (autre recruteur pour le FCN) joue à Moissy. Le jour de son arrivée, Romain téléphone à son père en disant : Papa il y a un monstre qui vient de débarquer chez nous !  »

Dès lors, les recruteurs nantais commencent à suivre le joueur qui impressionne et découpe sur les terrains parisiens, il est suspendu notamment 7 matchs. Son ex-président Laurent le Houezec racontait à l’époque : «Il arrivait d’un championnat au Sénégal où l’on joue très dur et où les arbitres ne sifflent pas. En plus comme il est grand et élancé, il ne passe pas inaperçu. » En septembre 2009, M.Bideau informe la direction du club (car pas de cellule de recrutement), Papy est alors suivi jusqu’en décembre par le FCN, le temps pour lui d’inscrire un but “Playstation” avec Moissy et découvre les bords de l’Erdre quelques semaines plus tard.

Débarquement dans un club en crise

Djilobodji arrive en Loire-Atlantique en janvier 2010, la situation actuelle du FC Nantes n’est pas glorieuse puisque le club vient de redescendre en Ligue 2 et a déjà changé d’entraîneur durant la saison, Gernot Rohr ayant laissé sa place à Jean-Marc Furlan. Djilobodji se souvient : « Il y avait de grands joueurs comme Darcheville, mais on était mal classés. Certains n’avaient pas de courage, n’étaient pas assez forts mentalement. Moi j’ai eu la chance de disputer pas mal de matchs. »

A l'instar du FC Nantes 4ème de Ligue 1, Papy Djilobodji réalise un début de saison fabuleux au sein de la défense des Canaris. Portrait du jeune sénégalaisEn effet, le défenseur Sénégalais dispute 13 matchs lors de la seconde partie de saison des canaris. Sa saison 2010-2011 démarre sous de meilleurs auspices et il est titulaire au poste de milieu défensif ou de défenseur central (suite au retour de Massamba Sambou). Cependant son style fait peur, le natif de Kaolack a beau être imposant, ce n’est pourtant pas l’assurance tous risques. Coupable de plusieurs tacles à retardement, Djilobodji se fait un nom en Ligue 2, surtout auprès des arbitres. Son compteur atteindra huit cartons jaunes pour un rouge en vingt-sept rencontres disputées sous le maillot nantais. Faisant son nid, le canari continue à empiler les matchs en Ligue 2 et l’arrivée de Landry Chauvin va sans sans nul doute marquer un tournant dans la carrière du jeune défenseur, le technicien Mayennais faisant de Djilo un titulaire indiscutable. Petit à petit, il devient de plus en plus rassurant défensivement et commence à apporter également offensivement. Entouré par Olivier Veigneau et Matheus Vivian, son compère de la charnière centrale, le lion de la Térenga apprend et se forge une solide réputation dans l’antichambre de la Ligue 1. Agressif dans le bon terme, meilleur dans la relance et dans la passe courte, il ponctue son exercice avec 4 buts en 36 matchs. Une saison complète qui ne comportera en plus que cinq cartons jaunes.

La confirmation d’un énorme potentiel

Des entraîneurs partent, d’autres arrivent. Cela n’entache pas le moral du Sénégalais qui continue à être un titulaire indiscutable au sein de la charnière nantaise. Les hommes ont changé durant l’été 2012, Chauvin et Vivian ont quitté le navire, Der Zakarian et Gabriel Cichero sont arrivés. Pour autant, on a l’impression que c’est toujours le même partenaire à ses côtés, sans doute une de ses grandes qualités à ce jour. Jouant la montée du début jusqu’à la fin de l’exercice, le FC Nantes se doit d’avoir une défense invulnérable. Djilobodji sera le symbole de cette réussite avec seulement 29 buts concédés par la défense de Rémy Riou. Le défenseur ne prendra que deux avertissements et montrera surtout son incroyable potentiel aux yeux des observateurs de la L2. Son absence de l’équipe-type (contrairement à Gabriel Cichero) ne fera pas démentir le niveau de jeu du Sénégalais pendant la saison. Dominateur dans le jeu aérien, gagnant de nombreux duels, le canari a constamment mis fin aux offensives adverses par le biais de ses tacles rugueux mais propres. Sous contrat jusqu’en juin 2016, attirant les convoitises (Dynamo Kiev, clubs anglais), Djilobodji préfère cependant rester sur les bords de l’Erdre et de découvrir la Ligue 1.

L’ascension, mais jusqu’où ?

«Il a largement  le niveau Ligue 1» . Cette phrase a été entendue des dizaines de fois la saison passée dans les travées de la Beaujoire et pour l’instant, elle se confirme. Auteur d’un excellent début de saison, à l’image de son équipe, Papy est incontournable chez les jaunes et verts. Adepte du yoga depuis l’an dernier, à raison d’une fois par semaine, le Sénégalais est plus serein. Un calme qui l’a notamment empêché de répondre aux attaques virulentes de Johan Cavalli à Ajaccio. Avec 125 matchs à son actif depuis son arrivée au FCN, il est devenu un des hommes forts du club en compagnie de Filip Djordjevic. Son nouveau statut d’international n’a cependant pas changé ses ambitions. Le roc nantais veut voir plus haut et ailleurs dans un futur assez proche, son souhait est de remporter la Ligue des Champions et de jouer dans un grand club. Ses coéquipiers non plus ne tarissent pas d’éloges sur lui, Lucas Deaux lui faisant même sa pub sur le réseau social Twitter :

Depuis 4 ans, le natif de Kaolack arbore les terrains de France, de la Jonelière mais aussi celui de la Beaujoire devenu son terrain de jeu favori et en 4 saisons au sein du FCN, Papy Djilobodji à largement progressé. Une chose est sûre, les rêves de Papy ne sont pas utopiques.

Auteur : Thomas Bernier

Amoureux du football, supporter du FC Nantes et fan de Norwich City.

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