Oranges pressées

10
octobre
2016

Auteur :

Catégorie : Culture foot / Équipe de France

france-pays-bas-1981

Après un France-Bulgarie qui nous a rappelé de mauvais souvenirs (celui de 1993 et ce méchant Kostadinov), l’Équipe de France affronte les Pays-Bas en match de qualification pour la Coupe du Monde 2018. Petit retour sur le match opposant La France aux Pays-Bas le 18 novembre 1981.

Nous sommes en 1981, il reste deux matchs pour la qualification à la Coupe du Monde 1982 en Espagne. Les Pays-Bas sont les doubles finalistes des deux dernières CDM (1974 et 1978). Michel Hidalgo, sélectionneur de l’équipe de France n’est pas loin d’être sur la sellette. Si La France perd ou fait un nul, bye bye la Coupe du Monde 1982. Un match tendu donc.

Mais ce soir-là, il y avait les deux Michel.

Le coup de poker de Michel Hidalgo

Pour obtenir leur billet, les Bleus doivent gagner leurs deux derniers matchs en commençant par celui-ci face aux Pays-Bas. Un match nul enverrait les Néerlandais en Espagne. Autant dire que les Oranges ne vont pas jouer l’attaque. Pour ce match sur la pelouse du Parc des Princes, Michel Hidalgo tente un truc. Pendant la nuit du 17 au 18 novembre 1981, il a fait un rêve. Ce rêve prémonitoire comme on dit. Il a entendu une chanson où les paroles disaient :

.

« J’attends pas qu’ça tombe du ciel

Si t’es pas numéro 10 à Paname

T’es la banane du siècle

Que des numéros 10 dans ma team »

.

Il décide donc de présenter une équipe en 4-3-3 avec trois numéros 10 derrière le trio d’attaque. 0 milieu défensif. Oui Mesdames Messieurs.

La France se retrouve donc avec ses trois 10 – Michel Platini, Alain Giresse, Bernard Genghini – et 8 bananes. Imagine la France avec trois Zizou sur le terrain. Et surtout imagine la France avec 8 bananes. Un joli match avec tous les Bleus en attaque et tous les Oranges en défense s’annonce.

La composition : Castaneda – Bossis, Trésor, Lopez, Janvion – Platini, Giresse, Genghini – Six, Lacombe, Rocheteau

Entraîneur : Michel Hidalgo

Le premier Michel a fait sa part du boulot. C’est donc au second de jouer.

Le coup franc de Michel Platini

Face à une équipe qui ne laisse aucun espace, on connaît l’importance des coups de pieds arrêtés. Après plusieurs échecs, La France en obtient un nouveau dans l’axe. S’en suit un joli travail d’équipe entre Michel Platini et Thierry Roland. Sur le terrain, le premier commence par provoquer la faute. Aux commentaires, le second se charge de placer le mur : « Il faut que le mur qui est pour l’instant à 4 mètres 50 recule d’autant. » « Non non. Encore. Encore. ». Voilà le mur est donc placé. Mais Michel Platini trouve que le coup franc n’est pas assez excentré. Il tire donc dans les mains d’un joueur présent dans le mur et l’arbitre lui donne une nouvelle chance avec un coup franc bien mieux placé sur la gauche, à l’entrée de la surface de réparation.

Thierry l’annonce : « Il y en a eu 3 de bien placés et ils ont été ratés tous les 3. On efface tout et on recommence. »

Le public du Parc des Princes scande déjà des « Platini ! Platini ! ».

Les joueurs adverses commencent à se crier dessus et à se parler dans une langue étrangère. Ils ont peur. Tout simplement.

Michel Platini n’avait pas le choix, il fallait la mettre au fond des filets. Il s’élance, et dans son style bien à lui, enroule son ballon qui vient se loger à mi-hauteur au ras du poteau, côté gardien. Allez, on va dire que c’est dans la lucarne.

« Oui ! Oui Michel ! Oui Michel ! » s’exclame Thierry Roland.

La France fait donc le plus dur en ouvrant le score à la 52ème. Un deuxième but serait quand même pas mal pour notre petit cœur fragile.

On joue la 82ème minute. Long dégagement de Jean Castaneda sur la tête de Bernard Genghini. Le ballon arrive dans les pieds de Dominique Rocheteau qui enchaine quelques grigris lui permettant d’emmener deux défenseurs sur la gauche et de libérer Didier Six qui fait le bon appel dans l’axe. Seul au point de pénalty, il reprend de manière chirurgicale le centre de son camarade et le ballon vient finir sa course au pied du deuxième poteau.

 

Les Français s’imposeront donc 2-0 face aux Néerlandais.

La bande des Michel a réussi un gros coup mais rien n’est joué. Si La France a son destin entre les mains, la victoire était impérative lors du dernier match face à Chypre. Ce ne sera qu’une formalité et le 4-0 infligé aux Chypriotes enverra les Bleus de l’autre coté des Pyrénées, en Espagne, pour la Coupe du Monde 1982. C’est pourquoi Zazie y a acheté un château.

Crédit photo : oldschoolpanini.com

Auteur : Yoann Gautier

Je vous ai déjà parlé de Lucho ?

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