On refait la coupe du monde Et si l’arbitrage vidéo avait toujours existé ?

10
juillet
2018

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Catégorie : APP a lu

VAR

Xavier Barret, journaliste sportif pour RTL et SFR Sports, ancien reporter à France Football, propose de revenir sur les grands scandales de l’arbitrage à la Coupe du monde de football revisités par la vidéo. La Coupe du monde 2018 en Russie a vu pour la première fois l’utilisation de l’arbitrage vidéo. Et si cette possibilité avait existé avant ? Le but de la main de Maradona en 1986 aurait-il été validé ? Laurent Blanc aurait-il participé à la finale de la Coupe du monde 1998 puisqu’il n’aurait pas été exclu à tord en demi-finale ? Le Croate Simunic aurait-il reçu 3 cartons jaunes en 2006 alors qu’il aurait dû être exclu au bout de 2 ? L’Angleterre aurait-elle été sacrée championne du monde en 1966 alors qu’un de ses buts n’était pas valable ?
Plus de 50 cas précis sont ainsi illustrés par l’image, analysés et décortiqués donnant une vision totalement différente de l’histoire de la Coupe du monde. Un livre érudit et ludique que les passionnés de foot liront avec avidité car aucun d’entre eux n’est en mesure, comme le fait ce livre, de se remémorer tous les cas d’arbitrages litigieux qui ont changé la face de la Coupe du monde.

Xavier, pourquoi faut-il absolument acheter ce livre pendant la Coupe du monde ?

L’assistance vidéo à l’arbitrage est la grande nouveauté de cette CDM (avec le 4e remplacement en prolongation à partir des 8e de finale). On se souvient bien sûr en France de l’agression de Battiston par Schumacher en 1982 à Séville ou de “la main de Dieu” Maradona en 1986 à Mexico ou encore du carton rouge contre Laurent Blanc pour la simulation de Slaven Bilic en demi-finale en 1998 mais il y a eu tant d’autres erreurs d’arbitrage que ça vaut le coup de donner un coup d’oeil dans le rétro. Avec l’assistance vidéo (depuis 1954 que les matches sont télévisés), beaucoup de ces erreurs auraient pu être corrigées et le palmarès de la compétition serait bien différent.

BLANC

En quoi peut-il permettre de mieux appréhender les matchs et cette fameuse VAR ?

On aurait pu faire un catalogue de toutes les erreurs d’arbitrage mais on s’est arrêté sur les 72 les + significatives. Il y en a beaucoup qui sont identiques, liées notamment au hors-jeu. Alors, on a privilégié l’aspect pédagogique de l’ouvrage en répertoriant ces erreurs en 6 chapitres qui correspondent aux domaines d’application de l’assistance vidéo (VAR) tels qu’ils ont été définis par l’International board (IFAB) et la FIFA : les buts refusés à tort, les buts accordés à tort (dont la main de Dieu), les pénalties oubliés, les pénalties “cadeaux”, les cartons rouges oubliés (dont celui de Schumacher en 1982) et les cartons rouges attribués à tort (dont celui de Laurent Blanc en 1998).

On a enrichi ces chapitres avec des encadrés spécifiques comme l’évolution du jugement de la faute de main ou bien l’évolution de la règle du hors jeu.

Quelle anecdote le lecteur va-t-il savourer en parcourant les 129 pages très “cinémascopes” du livre ?

Au début de ma carrière à France Football, j’avais assisté lors d’un dîner à un échange passionnant entre notre juré allemand du Ballon d’or et l’ancien reporter de la radio hongroise au sujet de la finale de la Coupe du monde 1954, à Berne, et du but de Puskas qui n’était pas hors-jeu et aurait permis à la Hongrie de revenir à 3-3. J’ai donc eu l’occasion d’approfondir le sujet, j’ai notamment rencontré le regretté Gulya Grosics (le gardien hongrois) à Budapest et j’ai retrouvé sur ce fameux “miracle de Berne” des témoignages très instructifs sur l’ambiance de certains matches et notamment de celui-ci à l’époque.

A quel moment ce livre peut-il changer le cours d’un match de cette Coupe du monde ? Éventuellement lequel ?

On distingue en fait 2 grandes catégories d’erreurs d’arbitrage : celles où il y a un ELEMENT OBJECTIF (une ligne franchie ou non par exemple) et celles où il y a une part d’INTERPRETATION (main volontaire ou non, faute qui vaut un carton rouge ou pas).

Dans la 1e catégorie, la technologie (goal-line depuis 2014 mais seulement sur la ligne de but et VAR depuis 2018) apporte des solutions incontournables et indiscutables. Elle aurait changé le cours de matches comme Uruguay-URSS 1970 (où le ballon était sorti avant le but uruguayen), Espagne-Corée du Sud 2002 (le ballon n’était pas sorti avant le but de Morientes) ou Espagne-Yougoslavie 1982 (pas penalty pour l’Espagne car faute sur Perico Alonso, père de Xabi Alonso, à l’extérieur de la surface de réparation).

Dans le 2e cas, là où il y a une part d’interprétation, il est important de laisser le dernier mot à l’arbitre central car il est au coeur des débats et peux mieux juger l’intention des acteurs, notamment l’excès d’engagement sur une faute qui mérite ou pas un carton rouge.

L’expertise de Joël Quiniou, qui a dirigé 8 matches de Coupe du monde et procédé à l’expulsion la + rapide de l’histoire (l’Uruguayen Batista contre l’Ecosse dès la 1e minute), a été extrêmement précieuse dans la rédaction de ce livre et le choix de certaines erreurs d’arbitrage.

On constate d’ailleurs lors de cette Coupe du monde qu’il y a très peu de cartons rouges. Les arbitres comme les acteurs sont conscient qu’une équipe à 10 est vraiment handicapée comme le fut la Colombie face au Japon (1-2) avec l’exclusion de Carlos Sanchez en tout début de match.

Parmi les acteurs de la compétition, à qui auriez-vous aimé offrir ce livre ?

Patrick Battiston évidemment : je le verrai peut-être à Bordeaux cet été. Quand j’entends certains “penseurs” évoquer le romantisme des erreurs d’arbitrage à cause de la main de Maradona, ça me hérisse car il y a eu de profondes injustices qui ont marqué des générations entières. L’agression de Battiston par Schumacher réveille encore chez moi un sentiment de révolte car c’est la France qui aurait dû aller en finale à l’issue de la demi-finale de Séville. Dans une interview qu’il avait accordé avant son décès et que je reprends dans mon livre, l’arbitre de la rencontre, Mr Korver (un Néerlandais), a d’ailleurs admis qu’il aurait pris une autre décision avec l’assistance vidéo.

On refait la coupe du monde Et si l’arbitrage vidéo avait toujours existé?, Solar éditions, Xavir Barret, 14,90 euros.

Auteur : Benjamin Laguerre

Toulousain en exil. Chroniqueur littéraire des livres sur le football.

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