On a vécu OM-Nantes au cœur du Virage Sud

27
septembre
2016

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Catégorie : Ligue 1

OM-Nantes

Dimanche 25 septembre, 19h30, l’heure que les Marseillais affectionnent pour se rendre au stade. Dans le métro, la lente procession a commencé. D’habitude, ils sont près de 60 000 à se rendre au Vélodrome pour assister au match. C’est toujours la même histoire, des dizaines de milliers de Marseillais s’engouffrent dans les entrailles de la ville pour se rapprocher de son cœur. Au Rond-Point du Prado et à Sainte-Marguerite, les métros émettent un flot continu de supporters tels des racines envoyant de la sève vers le cœur d’un arbre. C’est un ballet sempiternel de maillots blanc et bleu pour la plupart mais aussi noir, orange ou gris (merci le marketing).

Pourtant, aujourd’hui les métros sont plus vides qu’à l’accoutumée, les visages plus tendus et la tension plus grande. L’OM est déjà en crise et le match du soir fait office de premier grand tournant de la saison. Face à des Nantais aussi timorés qu’eux, les Phocéens n’ont pas le choix, la victoire est impérative pour sortir (un peu) la tête de l’eau. A 20h, au moment de pénétrer dans le stade et de rejoindre les travées du Virage Sud, je ressens un sentiment de suffocation, la tension est partout, elle est palpable, et les travées latérales vides sont là pour rappeler les métros désertés sur le trajet. Une chose est claire : le match se déroulera en apnée pour tous les supporters marseillais.

La brume dissipée

Pas de tifos, pas de banderoles, des tribunes clairsemées, avant le début du match, tout ou presque est réuni pour un match insipide sur le terrain et dans les tribunes. Et pourtant, le capo du CU84 donne le ton avant le début du match en motivant les troupes. Oui le match sera compliqué sur le terrain mais il est trop tôt pour tout faire péter, voilà ce que dit en substance ledit capo. Ce soir, l’objectif est clairement défini : il s’agit de pousser l’équipe, aussi limitée soit-elle, pour obtenir 3 points qui feront office de bouffée d’oxygène. La donne est assez simple, en cas de défaite, les Ciel et Blanc seront relégables à la fin du match. L’ambiance était irrespirable en raison de la situation olympienne, elle va bientôt le devenir en raison du spectacle pyrotechnique qui va avoir lieu.

Avant le début du match en effet, le bas du Virage Sud s’embrase à grand coup de pots et de fumigènes dans un spectacle grandiose. La fumée envahit même le terrain et c’est sous un épais nuage rouge et noir que le coup d’envoi est donné. Cette brume physique va vite être rejointe par la brume sur le terrain quand Sala ouvre le score après 3 minutes de jeu. La vérité c’est qu’en bas du Virage il était bien impossible de voir le but tant la fumée était encore épaisse. Cette ouverture du score précoce fait craindre le pire et les sifflets qui commencent à monter laissent présager d’un match douloureux. Mais la résilience montrée sur la pelouse par l’équipe est accompagnée dans les tribunes par un renforcement des chants – bien que ceux-ci ne soient pas coordonnés entre le haut et le bas du Virage. Après avoir retenu son souffle plus d’une fois, le Stade peut exulter sur l’égalisation de Njie et entamer un pogo sur l’énorme occasion ratée par Gomis. A la pause, le soulagement domine mais chacun est conscient qu’il faudra redoubler d’efforts pour aller chercher la victoire.

L’explosion puis l’apnée

Les Nantais reviennent rapidement sur la pelouse comme s’ils souhaitaient se faire siffler pour puiser leur énergie. Repartis sur les mêmes bases qu’en fin de première mi-temps, les locaux poussent pour faire la différence bien encouragés par un Vélodrome qui a compris que si victoire il devait y avoir celle-ci serait obtenue à 12. Et moins de 10 minutes après la reprise, le déclic va se produire. A la suite d’une remontée de balle de Fanni sous les olé du stade, Gomis finit par se faire faucher dans la surface adverse à l’autre bout du stade. Penalty et clameur qui monte dans le stade accompagnent cette action. Après avoir retenu son souffle, le Virage exulte lorsque Gomis transforme son penalty et chacun se dit que la victoire est désormais proche. C’est le moment choisi pour entonner le premier – et seul – aux armes du match, chant qui résonne fortement dans le stade.

Personne ne pensait que la fin de match serait tranquille mais il est sans doute écrit que nous devrons retenir notre souffle jusqu’au bout cette saison. La fin du match va en effet se dérouler en apnée pour le Virage entre chants de soutiens, noms d’oiseaux et huées envers les Canaris. Notre OM recule dangereusement, bien aidé en cela par le coaching encore incompréhensible de Passi. Si la barre résonne fort dans un silence de mort et nous sauve sur la frappe de Gillet, c’est tout le stade qui retient son souffle par deux fois au moment des deux actions litigieuses dans la surface. Hubocan, encore lui, est tout prêt de concéder un penalty en fauchant un attaquant nantais et Doria semble toucher le ballon de la main sur un centre nantais mais M.Jaffredo ne désigne pas le point de penalty, évitant ainsi de nouvelles sueurs froides et piques de colère aux Virages.

Après avoir retenu son souffle durant les 10 dernières minutes, le Vélodrome pousse un grand ouf de soulagement au moment des trois coups de sifflet finaux synonymes de victoire au forceps mais de victoire quand même. Le Virage Sud désemplit très lentement et continue à chanter pendant une dizaine de minutes après le match, signe de l’importance de cette victoire. La masse de supporters qui reflue vers le métro une fois le match terminé termine de me convaincre que le Vélodrome est bel et bien le cœur de la ville : après avoir pompé le flux vers 19h30/20h, le voilà qui renvoient les milliers de nutriments constitués par les supporters aux 4 coins de la ville en les faisant passer par ses entrailles. Dans le métro, un ultime aux armes est entonnée par des supporters bien plus sceptiques que satisfaits mais surtout bien plus soulagés qu’heureux. Le chemin est encore long, la pente raide, le rocher à pousser lourd mais ce soir il faut imaginer Sisyphe heureux.

Crédits photo: om.net

Auteur : Marwen Belkaïd

Qui a dit que le foot et la culture étaient antinomiques ? Mon (humble) ambition est de réunir Camus, Jaurès et Shankly et de montrer que non le foot n'est pas un monde de débiles et de brutes

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