OM, un “Rebirth intra-Uterin” à Bordeaux ?

02
février
2020

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Catégorie : Ligue 1

OM_1977

Ce dimanche, comme chaque année depuis 43 ans, l’OM va tenter de mettre fin au signe indien qui frappe le club olympien. En effet, depuis ce soir d’octobre 1977, les marseillais n’ont jamais pu emporter les 3 points de leur déplacement en terre bordelaise, Histoire d’une malédiction.

La famille de Pina Cabral e Villas-Boas, aristocrates de Porto, était alors sur le qui-vive. Le petit dernier n’allait pas tarder à montrer le bout de son nez et la maman, Teresa Maria de Pina Cabral e Silva, avait, on le suppose, préparé tout le nécessaire pour l’accouchement qui s’annonçait. Pendant ce temps, personne ne prêtait cas à un événement somme toute banal en France, où l’Olympique de Marseille avait battu son homologue des girondins de Bordeaux. Nous étions le 1er Octobre 1977, André se préparait à sortir du ventre de Teresa Maria, et ne se doutait pas que 42 ans et 4 mois plus tard, il serait à la tête du onze olympien chargé de mettre fin à une sorte de sortilège. Curieux hasard du destin en effet, AVB est né le 17 octobre 1977, quelques jours après ce fameux dernier succès de l’OM en gironde, est-ce un signe qui augure une fin de série pour le club phocéen ? Le principal intéressé et les supporters l’espèrent fortement.

Marco, buteur et casseur

Les Migeon, Baulier, Tresor, Bracci, Linderoth, Boubacar (Sarr), Berdoll et autre Fernandez (Jean) se doutaient-ils qu’ils allaient entrer dans l’histoire alors ? Sans doute pas, tout du moins pas pour cette raison. C’est que cette équipe, à l’instar de celles de Gerets ou Bielsa bien plus tard et non titrées elles aussi, aura régalé la famille olympienne faisant même espérer un sacre alors qu’elle virait en tête fin Décembre. Avec de larges victoire (4-0 contre Sochaux, Bordeaux, Metz et Lyon) et des succès probants à l’extérieur dont un chez le futur champion Monaco (3-2), les équipiers du capitaine Marius Tresor, managés par le duo Markovic-Skoblar, finiraient au pied du podium laissant Nantes et Strasbourg accompagner le club de la principauté en coupe d’Europe.

Le duo d’attaque Berdoll/Boubacar faisait notamment parler la poudre avec 41 buts marqués à eux deux ce qui permettra au premier de retrouver l’équipe de France et participer à la coupe du monde 1978 où il inscrira même un but. Le natif de Trelazé est également resté célèbre lors de ce match du 1er octobre pour avoir mis fin à la carrière du joueurs suisse bordelais Daniel Jeandupeux. En effet lors d’un choc involontaire, le tibia fut touché et fracturé en six endroits. Bien qu’absous, « Ce n’était pas une agression, simplement le geste maladroit d’un attaquant qui défend. J’avais joué avec Berdoll (…) c’était un bon garçon », témoigne Alain Giresse. Marco le chevelu se voit rappeler, malgré tout chaque année, ce fait de jeu malheureux et on oublierait presque qu’il avait également été buteur ce soir-là égalisant de la tête.

Le Z de Victor

Victor Zvunka, le solide stoppeur provençal et frère de Jules ancien capitaine du club qui deviendra entraineur la saison suivante, se souvient de l’ambiance qui suivra la blessure de Jeandupeux « tout le monde était fragilisé, et aurait été content d’un match nul ». Cependant, en fin de match, il hérita d’un ballon à l’entrée de la surface, fonça cheveux au vent comme un justicier sur son cheval vêtu d’une cape et d’un masque, et se présenta devant Bergeroo le gardien aquitain. Le justicier masqué poussa trop loin le ballon mais le contre lui profita. Son coup d’épée en forme de Z fut un coup de genou que le ballon heurta avant de finir sa course au fond des filets.

C’est ainsi que la dernière victoire olympienne en terre bordelaise se concrétisa par un but d’un défenseur central. L’une de ses 6 réalisations en 296 matches sous les couleurs blanches et bleues à la faveur d’un double contre après une conduite de balle mal maîtrisée dans un match au cours duquel un joueur girondin vit sa carrière s’interrompre.

Mandanda le rescapé

Cette malédiction faillit cependant s’interrompre il y a 12 ans. L’équipe dont faisait déjà partie Steve Mandanda, coachée par Gerets, mena en effet 2-0 au bout de 25 minutes de jeu et voyait le syndrome de Lescure prendre fin. Niang et Cheyrou, buteurs, en auraient été les héros. Las, deux coup pieds arrêtés et deux erreurs de marquage permirent aux équipiers de Carrasso de revenir à 2-2 à la suite des buts inscrits par Chamakh et Jussié, Et encore … Cavenaghi rata en fin de match l’occasion de donner les 3 points aux locaux ! Cela se passait quelques jours après le retour perdu face à Liverpool (0-4) et sans doute la campagne européenne avait-elle entamé la résistance des marseillais, mais ils sont passés si près de mettre fin à 31 ans de disette à l’époque.

L’EMDR à la rescousse de l’OM ?

Depuis, ni Deschamps, ni Bielsa, ni Garcia ne purent se vanter de revenir vainqueur de Bordeaux. Peut être que le sort attendait que le petit garçon, né 17 jours après cette ultime victoire, soit le coach responsable de la fin de série … C’est en tout cas ce que propose la psychologie cognitive nommée rebirth intra-uterin, faire revivre sa propre naissance sans traumatisme afin de régler les problèmes psychologiques vécus depuis par le patient. On ignore si AVB a des soucis de cet ordre, mais le résultat du match de dimanche pourrait avoir des vertus bénéfiques pour le coach marseillais, au delà même des 3 points, sur son existence et l’état de son cerveau reptilien ou limbique. Cela est, avouons-le, malgré toutes les études en REM (rapid eye movement) et EMDR (méthode psychologique comportementaliste) aussi improbable qu’un but vainqueur d’un défenseur après un double contre favorable!

 

Crédit photo : OM4ever.com

Auteur : Gilmon

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