OM : Revoir un printemps

09
août
2018

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Catégorie : Ligue 1

OM-preparation

Sous la chaleur écrasante de l’été marseillais, l’Olympique de Marseille se prépare à entamer une saison cruciale. Celle de la confirmation. Forte d’une campagne 2017/2018 chargée d’émotions, terminée à une honorable quatrième place en Ligue 1 et ponctuée par une défaite en finale de l’Europa League face à l’Atlético Madrid, l’escouade de Rudi Garcia se sait attendue. Après avoir retrouvé la fierté qui le caractérise, le peuple marseillais est lui habité d’exigences nouvelles. La flamme de la passion s’est ravivée et le vent de l’espoir souffle de nouveau au-dessus du Vélodrome. Après plusieurs mois de lutte et de matchs intenses, l’effervescente cité phocéenne s’est remise à rêver. Un songe d’été aux envies de gloire et au goût du succès qui a fait la légende du maillot blanc. Une envie à laquelle doit répondre le board marseillais par un mercato audacieux. Le goût des joutes européennes a ravivé l’insatiable appétit du public olympien. Ce goût unique des saisons qui font palpiter le cœur des supporters et où l’on tutoie les étoiles au mois de Mai. L’envie de revoir un printemps.

Une saison aux multiples enjeux

Ce nouvel exercice qui s’ouvre vendredi soir au Vélodrome face à Toulouse comporte plusieurs enjeux majeurs pour l’avenir de l’OM Champions Project. Premier défi de taille, les dirigeants olympiens doivent rassurer leurs supporters sur la compétitivité économique de ce nouvel OM. Voir des renforts arriver illustrerait l’ambition de Franck Mc Court, mais les fameux «investissements significatifs » promis par Jacques-Henri Eyraud tardent à se dessiner. À ce jour, hormis l’arrivée de l’international croate Duje Caleta-Car, le mercato estival marseillais est teinté d’un immobilisme qui fait naître l’inquiétude dans les rangs des fidèles du Vélodrome. Marqué par une instabilité chronique lors des dernières décennies, tant au niveau des joueurs que des dirigeants, il est évident que voir enfin de la stabilité et de la continuité dans le projet marseillais est un motif de satisfaction. Mais la soif de vaincre est palpable dans les rangs des supporters. Illustration faite de l’attente et des espoirs que l’exercice précédent a suscité, il seront 38000 abonnés cette saison à chanter leur amour de l’OM dans les travées du Vélodrome. Gare donc aux promesses non tenues. À Marseille, lorsque que le mistral tourne, il peut devenir brûlant.

Le second enjeu auquel doit répondre l’OM version 2018-2019 est celui de franchir un palier face au trio de tête du championnat de Ligue 1, condition sine qua none pour décrocher l’accessit à la lucrative et tant désirée Ligue des Champions. Gagner quelque chose, l’une des deux coupes nationales par exemple, afin d’étoffer un palmarès vierge de titre depuis le départ de Didier Deschamps, est l’autre défi de taille qui se dresse devant Rudi Garcia et ses joueurs. Un club légendaire comme l’OM ne peut plus se contenter des places d’honneur et doit impérativement retrouver le rang qui est le sien dans l’hexagone. Cela passe par des victoires significatives dans les confrontations directes face aux prétendants au podium que sont Paris, Monaco et Lyon. Au Vélodrome comme en déplacement, l’OM doit de nouveau inspirer le respect et la crainte.

L’assainissement du rapport entre la direction et les supporters constitue le troisième enjeu de cette nouvelle saison. Après avoir trouvé un terrain d’entente avec Arema sur la gestion du Vélodrome, la direction de l’OM s’apprête à faire entrer le club phocéen dans une nouvelle ère. Celle de la fameuse « fan expérience » chère à Jacques-Henri Eyraud. Cependant, une frange importante du public marseillais craint de voir ce nouveau chapitre de l’histoire de l’OM déposséder le stade Vélodrome de sa substance populaire, composante inaltérable d’un club comme l’OM et d’une cité cosmopolite comme Marseille. Tout le monde le sait, la question des fumigènes refera rapidement surface. C’est une lutte idéologique dans laquelle semble engagé le mouvement Ultras marseillais. Une histoire de liberté, de protection de la culture populaire et d’insoumission caractéristique de la mentalité marseillaise. Mais cette lutte doit être menée de manière intelligente pour ne pas perdre dans les gradins ce que l’équipe met tant d’ardeur à gagner sur le terrain.

 

OM-Graff

 

Marseille, rebelle, désinvolte et impatiente

Comme le rappe Freeman d’IAM dans le titre Revoir un printemps

« La patience est un arbre, dont la racine est amère et l’fruit doux »

… référence à son parcours semé d’embûches. La saison qui attend l’Olympique de Marseille sera elle aussi longue et périlleuse. Le public olympien, connaisseur et exigeant, passé des sommets européens au purgatoire de la seconde division, doit s’armer de patience afin d’accompagner le nouveau projet marseillais vers les sommets espérés. Franck Mc Court n’est pas un mécène, et comme chacun sait, le board marseillais a comme axe de travail d’assurer la pérennité du club. L’OM ne retrouvera pas les cimes du football hexagonal et continental en un claquement de doigts. À ce jour, de nombreuses questions restent en suspend, auxquelles l’exercice 2018-2019 devra répondre. L’équipe de Rudi Garcia a-t-elle surperformé la saison dernière ? A-t-elle digéré ses échecs ? Peut-elle reproduire un tel parcours ? La communication de Jacques-Henri Eyraud, tantôt maladroite, tantôt malhabile, ne risque-t-elle pas de se retourner contre lui en cas de mauvais résultats ? À Marseille, la vérité du jour n’est jamais celle du lendemain. Le club phocéen est un volcan en perpétuelle activité, prêt à s’embraser. Ce club a une âme, une aura, et quelque soit les hommes, il continuera inlassablement d’écrire sa légende, guidé par sa bonne étoile.

D’ailleurs, comme l’écrivait le célèbre auteur marseillais Jean-Claude Izzo dans son recueil de poèmes intitulé L’aride des jours :

 

« Soif d’avoir soif.

Et l’eau bue jusqu’à la cécité bleue
des océans érigés en écritoire.

Et l’abondance des mots, à blanc,
jusqu’à l’à-pic dérisoire des pages nues.

Ne rien écrire qui ne soit vu.
Ne rien dire qui n’ait été écrit.

Alors, dans ce silence à couper au regard,
s’abreuver
aux seuls chemins qui se refusent
et s’insoumettre
à l’ordre des choses.

Alors encore, d’immobilisme
renverser le paysage,
se hisser à l’écume des houles annonciatrices
des jours mourants.

La chute d’une hirondelle
n’empêchera pas le retour du printemps. »

À méditer …

 

©Crédits photos : om.net & Bérurbex

Auteur : Yannis Eleftheria

Méditerranéen rebelle et romantique baptisé à la religion footballistique. Le foot pour sa dimension sociale, la plume comme arme.

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