OM : Que reste t-il de nos amours?

24
mai
2016

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Catégorie : Ligue 1

Le temps est maussade sur la Canebière. Etat des lieux après une saison qui semble avoir durablement touchée le club...

L’on chercherait que l’on ne trouverait pas de meilleure hymne à l’OM actuel que la rengaine de Trenet devenu classique du Jazz sous la trompette de Chet Baker ou la guitare de João Gilberto.

Voyez plutôt comment en six jolies lignes introductives bien troussées avec l’aide de Léo Chauliac, le trublion Trenet faisait avec plus de 70 ans d’avance l’autopsie des restes de la relation amoureuse entre l’institution OM et ses fans.

Ce soir le vent qui frappe à ma porte / La maladie communicationnelle dont est atteint le club
Me parle des amours mortes / La vieille idylle avec la Coupe de France encore contrariée
Devant le feu qui s’ éteint / Les tribunes du Vélodrome qui se clairsèment
Ce soir c’est une chanson d’ automne / La date la plus vraisemblable pour la vente du club
Dans la maison qui frissonne / Voire qui tangue complètement
Et je pense aux jours lointains / …

 

Que reste t-il de cette saison olympienne ?

Pire que rien, un souvenir atroce. Un truc qui restera dans les mémoires marseillaises comme peut être la pire saison de l’ère Louis Dreyfus sur la Canebière. Pas une gageure lorsque l’on se souvient que le club phocéen, jamais dans la deuxième partie de tableau concernant les budgets en D ou L1, a frôlé à deux reprises la relégation sous la gestion désastreuse de feu le fumeur de havane.

Oui mais voilà ces deux saisons avaient malgré tout réussi à faire gronder de joie le Vélodrome quelques fois (OM/MU, OM/PSG, OM/ASM…). Cette année dans l’enceinte du Boulevard Michelet fut plus austère que la vie sexuelle d’un moine tibétain ! La marque de fabrique olympienne ? Susciter l’espoir pour mieux lui pisser dessus ensuite.

Sans doute à son corps défendant, même le mage Bielsa aura participé cette année à l’entreprise déceptive. Encore une fois, tout ce sera joué dans le sillon du service comm’ du club. C’est ainsi que la campagne d’abonnement pour cette funeste saison s’est réalisée sur la promesse du rêve Bielsa. Un rêve écourté après la première journée lorsque le principal protagoniste s’est rendu compte qu’il s’était aussi fait enfumer.

Il y eut ensuite le projet “jeu” porté par Vincent Labrune pour éteindre l’incendie Bielsa et incarné par un ibère irritant. Là encore, promesses, façades (victoire face à Troyes) avant la désillusion. Depuis justement le début des années 2000 dont l’article parlait plus haut, rarement les habitués du Vélodrome auront assisté à un si piètre spectacle. Des OM/Guingamp, OM/Rennes ou OM/Bordeaux qui s’effaceront difficilement des mémoires pour de mauvaises raisons. Avec un record de matches sans victoires au Vélodrome en prime.

Et enfin l’apothéose : la finale de la Coupe de France. Une finale au Stade de France face à l’ennemi héréditaire parisien qui plus est. Une belle manière de réparer les dommages affligés à un peuple marseillais qui s’est presque surpris à y croire à nouveau. Une faute majeure qu’ils paieront plusieurs semaines dans leur fors intérieurs alors que leurs joueurs encore coupables des mêmes crimes d’individualisme et de manque d’implication passeront vite à autre chose. Probablement sous  un autre maillot pour la plupart…

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Le temps est maussade sur la Canebière. Etat des lieux après une saison qui semble avoir durablement touchée le club...

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Que reste t-il de la saison dernière ?

La dégoûtante cuvée 2016 aura presque toute l’année relevé dans les palets olympiens l’amertume lié à la nostalgie mal digérée d’une saison 2014/15 riche en saveurs. Pourquoi mal digérée ? Parce que derrière les efforts d’un certain type de presse sous influence pour salir leur intense flirt partie, la réalité et la vérité ont pris le dessus. Bielsa n’a pas signé au Mexique, Michel avait été contacté bien plus tôt dans la saison, la rupture entre Marcelo et Marseille a été provoqué… Puis le jeu, les valeurs, l’effort, l’honnêteté sincèrement populiste… Plus rien de tout ça sur le terrain.

Plus rien non plus en coulisses. Pour rappel, on était parti de ça :


Je veux faire avec lui (Bielsa) une révolution culturelle couplée avec une révolution structurelle. Pourquoi j’appelle ça une révolution culturelle ? Parce que je compte avec lui, remettre les Marseillais au travail, notamment dans l’approche au quotidien de ce que doit faire une grande équipe. D’autre part, je souhaite aussi réformer le club structurellement pour le préparer aux échéances à venir, dans un environnement économique qui a bien changé et très concurrentiel au niveau local et international.


 

Vincent Labrune, le 02 Mai 2014

Pour finir en Mai 2016 avec un président qui fait tout en coulisses, Franck Passi sur le banc et le retour des tennis ballon à l’entraînement.

Que reste t-il de l’ADN du club ?

Voilà, un sujet casse-gueule. Qu’est ce que l’ADN du club ? Les habitués des virages vous parleront de leurs groupes toujours prêt à se taper des dizaines d’heures en car pour chanter, encourager et rappeler à toute la France ce qu’est l’OM.

En cette année 2016, ces groupes ont signé une convention bazardant pas mal de leurs privilèges. L’un de ces groupes (le CCS) s’est même retrouvé face à l’institution qu’il aime au tribunal.

L’ADN du club, ce ne sont surtout pas ses joueurs. Ces joueurs-là en tout cas. Son capital joueur d’ailleurs, c’est comme ça qu’on dit désormais. A part, peut être Steve Mandanda. Au club depuis 2007, le portier aura inscrit son nom dans pas mal de section de la partie historique du club. Il devrait s’en aller gratuitement après avoir été irréprochable sur les six derniers mois de la saison. Les mauvaises langues diront “après s’être rendu compte que seul Besiktas était venu aux nouvelles pour lui en Janvier“. Les autres préféreront simplement garder l’image d’un gardien impliqué dans son rôle de capitaine et performant sur le terrain. On ne leur enlèvera pas ça. Basile Boli leur aura déjà terni suffisamment de belles photos ces derniers temps.

Enfin, certains vous expliqueront que l’ADN du club se trouve dans les traces des épopées ayant conduit à de grandes victoires et un palmarès massif pour un club français. Sa relation à la Coupe de France par exemple. Le doublé de 72, la finale de 89, la bise à Mitterand… Ça c’était avant. Depuis les Dreyfus, l’OM c’est trois finales, trois finales perdues. Sa relation avec la vieille dame n’a plus rien d’amoureuse.

Mais non, l’OM c’est la Coupe d’Europe ! Quand le club phocéen réussit à s’y faire une place, il est désormais au mieux insipide et jouant dans des enceintes à moitié vides (cette année) ou pire il y est ridicule et incapble d’y gagner le moindre point (Ligue des Champions 2013/14).

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Le temps est maussade sur la Canebière. Etat des lieux après une saison qui semble avoir durablement touchée le club...

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Que reste t-il de la marque OM ?

En 2016, on n’hésite plus à parler d’un club comme d’une marque. En 1997 lorsque RLD rachète l’OM pour son potentiel marque, il enrobe encore le tout d’amour et de passion. Enfin des faux semblants que le temps a rendu obsolètes alors qu’il semble avoir tendance à les rendre obligatoires dans la plupart des autres secteurs concernant le football.

Le potentiel de la marque OM est la seule chose qui intéresse réellement un board occupé à revendre le bouzin. La ville de Marseille ne possède pas de symbole aussi fort que la tour Eiffel mais il a toujours été simple de faire mousser l’OM à la TV pourtant. Le club le plus populaire de France, un public passionné et une ambiance de feu. Que reste t-il de ça ? Des fidèles désabusés ayant de plus en plus de mal à attirer les masses au stade, des télés qui auront par intermittence eu honte de retransmettre les matches de l’OM cette année et un PSG empiétant de plus en plus sur le potentiel footix/consommateur du club.

Une belle manière de vendre un club, propriétaire de pas grand chose.

Il ne nous reste plus qu’à conclure comme on avait commencé: avec Charles Trenet et sa chansonnette.

Que reste-t-il des billets doux
Des mois d’ avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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