OM: Les sacrifiés de Labrune

26
avril
2016

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Catégorie : Ligue 1

Retour sur les différents "cadavres" qu'aura nécessité Vincent Labrune pour rester aussi longtemps à la tête de l'Olympique de Marseille.

Philippe Pérez, José Anigo, Jean Claude Dassier et même Benoît Cheyrou furent autant de rouages souillés et recrachés endommagés par la grande lessiveuse de « faux dirigeants/vrais boucliers » qu’a crée Vincent Labrune à l’OM. A Basile, le tour ?

Curieux paradoxe pour un club dont l’organigramme a été démantelé et réduit aux desideratas d’un seul homme (Vincent Labrune) de proposer le sacrifice public d’un dirigeant tiers à intervalles réguliers depuis la mise en place de ce monopole décisionnel.

Pourtant c’est ce que l’Olympique de Vincent Labrune propose encore et encore en situation de crise comme le ferait une machine enrayée incapable de produire d’autres schémas.

Nous nous concentrerons dans les lignes qui suivent sur la gestion « micro » “in situ” du club et n’entreront donc pas dans le fonctionnement « méta » qui interfère de manière de plus en plus fréquente avec la dictature labrunienne.


Comme LePhoceen l’avait très bien mis en lumière, Labrune est en train de goûter à ses propres méthodes à ce niveau là.


Sur place, le président s’est efforcé de prendre le pouvoir un peu partout.

C’est ainsi que lors des dernières années de présence (non fictives) de José Anigo au club, le DS s’appelait VL.
Les finances ? Please, Vince est venu pour ça, Phillipe était surtout là pour faire la jonction. Reste le secteur sportif où Mr Labrune se sentait de plus en plus légitime et a poussé le vice en se réincarnant cérébralement en  Basile Boli désormais communicant ET relais des consignes présidentielles pour le terrain. Ne parlons même pas du volet communicationnel…

On a parfois l’impression que même Staline déléguait plus !

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Retour sur les différents "cadavres" qu'aura nécessité Vincent Labrune pour rester aussi longtemps à la tête de l'Olympique de Marseille.

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Dassier, le maître étalon

Aussi fou que cela puisse paraître, il reste une partie de l’opinion publique qui considère encore Jean Claude Dassier comme un président à part entière de l’histoire du club. Une manière comme une autre d’oublier les conditions du départ de Pape Diouf et l’invitation lancée au brun par le black de « venir poser ses fesses » sur le trône du Boulevard Michelet.

En 2009, il était tout simplement impossible pour Vincent Labrune de devenir président de l’Olympique de Marseille, va donc pour JC, dans la panade à TFI et qui y voit une opportunité exceptionnelle de rebond.

Le vrai pouvoir décisionnel restant malgré tout à cette époque dans les mains du conseil de surveillance présidé par…. Vincent Labrune ! C’était le sens du feuilleton de l’été 2009 proposé par l’ex chargé de communication de France Télévision et le futur fondateur de l’Institut Européen de Journalisme de Marseille.

Dès que le vent tournera, tin tin tin, pour Dassier (et que l’amertume de ne pas parader avec le titre de 2010 aura été digéré par Labrune), le « chevelu » (copyright Villeneuve) prit finalement place sur l’ancien siège de Diouf. Par un tour de passe-passe administratif expliqué dans un communiqué qui en appellera bientôt d’autres :

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“La SASP Olympique de Marseille abandonnera donc sa structure juridique à Directoire et Conseil de Surveillance pour devenir une société à Conseil d’Administration. Il en résultera une organisation simplifiée qui permettra à l’actionnaire d’améliorer son contrôle financier et sa vision globale de l’économie du club.”


Si vous n’avez pas compris grosso modo, avant 2011, y’avait un conseil de surveillance qui dictait ultimement la marche (spécialement financière) à suivre pour le club et qui était présidé par Vincent L. Après 2011, ce conseil de surveillance devient un conseil d’administration et fait sauter le fusible “président délégué”(Dassier, Diouf) le remplaçant par le président du conseil d’administration gérant donc le conseil et le club. Ce nouveau président de l’entité OM désormais sans garde-fou est un certain V.Labrune. Faut pas confondre.

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Retour sur les différents "cadavres" qu'aura nécessité Vincent Labrune pour rester aussi longtemps à la tête de l'Olympique de Marseille.

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José Anigo, de CDI utile pour Labrune à sacrifié non intentionnel

Dans ce fameux communiqué expliquant la modification de gouvernance à l’OM, « Margarita Louis Dreyfus » (les guillemets sont parfaitement de mise ici) précisait l’organigramme du club :

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– Vincent Labrune, Président

– Philippe Perez, Directeur Général de l’OM

– Didier Deschamps, dont le contrat sera prolongé jusqu’en juin 2014, Entraîneur Général en charge du secteur sportif professionnel

– José Anigo, Directeur Sportif, Conseiller du Président, en charge du recrutement, de la politique de formation, de la sécurité et des relations avec les groupes de supporters


Tous les membres de l’organigramme auront été sacrifiés par la tête de l’hydre. Didier Deschamps, le premier, après un bras de fer juridique qui lui est retombée sur le coin de la figure récemment. José Anigo, le second, deux ans plus tard avec pertes et fracas qui retombent actuellement sur le coin du brushing du seul survivant de 2011.

Dans le cas d’Anigo, la méthodologie est intéressante car elle est caractéristique de l’ère Labrune. Pas désirée mais poussée par la volonté de sauver ses miches face au désastre opérationnel.

José était le parfait rouage utilitaire, il était en effet très proche d’un lobby extrêmement dangereux à l’OM : les groupes de supporters. Ses relations lui permettaient de faire mieux passer certaines pilules à ces « abrutis » et ça, c’était une compétence vitale pour tout président de l’Olympique de Marseille.

Seulement, ne voilà t-il pas que le splendide « projet Dortmund » tombe à l’eau en cette saison 2013/14 par défaut d’anticipation stratégique (Baup dans le rôle de Klopp, sérieux?). L’homme qui porte la responsabilité première de ce fiasco est le président. C’est lui qui a eu l’idée de recruter les meilleurs jeunes français miroitant de belles plus values sans prendre en compte la gestion sportive forcément compliquée de telles individualités. C’est José qui va aller au feu, prenant en main cette équipe ingérable et étalant son incompétence technique.

Ça gronde de partout mais surtout chez les fans non-encartés et donc difficilement sous le charme du chauve. L’OM rate une qualification en coupe d’Europe pour la première fois en dix ans (mais pour la deuxième fois avec José sur le banc !), Vincent envoie sa si précieuse protection populaire au Maroc. Fini les tribunes sous contrôle mais au moins le président sauve sa tête. Vraiment caractéristique de l’ère Labrune.

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Retour sur les différents "cadavres" qu'aura nécessité Vincent Labrune pour rester aussi longtemps à la tête de l'Olympique de Marseille.

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Philippe Pérez, Mister Bad News

Le bras droit de l’orléanais, l’homme des mauvaises nouvelles. Un exemple? Lorsqu’à l’été 2014 après quelques réunions un peu houleuses, Vince se rend compte qu’il a fait une connerie en prolongeant son vieillissant fils préféré, Benoit Cheyrou, c’est Pérez qui est envoyé pour annoncer au syndicaliste en chef qu’il va aller s’entraîner avec la réserve.

Pas une première dans les relations Labrune/joueurs (Fanni, Amalfitano…) mais une cassure significative qui explique mieux que n’importe quels discours les départs en fin de contrat des Fanni, Morel, etc.

Mais qu’est ce qu’un mec, à la base, parachuté au club pour s’occuper de services marketing, RH, etc vient foutre au milieu des négociations sportives ?

Plus qu’un directeur général, Pérez a peu à peu pris le rôle officieux de binôme du président. A-t-il seulement envisagé les conséquences d’une telle promotion ? Jeté sous les feux de la rampe juridiques dans l’énième affaire des transferts douteux de l’OM (serait-il plus responsable que le président ?), il est également envoyé en pâture aux supporters excédés par le départ de Bielsa.

C’est en binôme que se présente VL au lendemain du départ de l’argentin lors de la conférence de presse de “damage control”. Il faut dire qu’en plus, l’autre fou qui ne supportait pas Pérez avait exposé sa présence à LA fameuse réunion. Comme d’habitude, le courageux président « assume tout » à sa façon. Le regard perdu dans le vide, Philippe Pérez semble se demander ce qu’il fout là. Ou est-il précisément en train de comprendre pourquoi la star du grand show communicationnel du jour l’a convié sur scène à ses cotés ?

Quelques mois et une garde à vue plus tard, les deux parties se séparaient et officialisaient le tout via un communiqué, bien sûr.

 Vincent Labrune aura habillement manœuvré durant son triste règne (Boring OM de Baup, zéro pointé en LDC, la catastrophe de 2015/16) pour échapper à la vindicte populaire. Chaque sacrifié jeté aux loups l’aura un peu plus fragilisé.

En bon joueur de cartes, il aura toujours gardé dans sa manche quelques atouts. La source semble s’être tarie. Le joker Boli qui lui aura notamment servi à délégitimer Michel est la dernière carte lancée sur la table de jeu. L’ambassadeur, là, pour se faire un peu mousser et gratter un salaire dans un premier temps va désormais être jugé sur des compétences qu’il n’a pas. 

Une constante de l’Olympique de Labrune.

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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