OM: La concurrence, joueur clé de l’Olympique de Marcelo

12
février
2015

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Catégorie : Analyse tactique / Ligue 1

Analyse de la baisse de régime de l'OM en Janvier en se concentrant particulièrement sur la disparition de la concurrence offensive. Et son retour imminent.

Alors que se profile la réception du Stade de Reims, l’OM retrouve peu à peu un effectif décent. Fin de la CAN, arrivée d’Ocampos, infirmerie qui se vide, moins de suspendus… Enfin une bonne nouvelle ! Car il faut avoir attentivement prêté attention aux premières minutes de la seconde période marseillaise à Rennes pour comprendre à quel point la concurrence est cruciale pour les équipes d’El loco.

La différence saute aux yeux. Soudainement au retour des vestiaires, les phocéens commencent à gambader comme des tarés. En fait comme les fadas du Loco du début de saison. Que s’est il donc passé dans les vestiaires ? Les a-t-il incendiés ? Apparemment non selon Payet. Quel diable leur a donc subitement redonné du gaz ? A rendu aux joueurs la force de faire des courses tranchantes ? A Thauvin d’aller harceler Gelson Fernandes alors qu’il venait tout juste de perdre la balle à la 46ème ? Ce qui par la suite profita à Mendy pour jaillir au devant de Moreira. Bref, ¿Que Pasa Cabrón? L’élément majeur de cet entre-deux fut en fait l’entrée d’Ocampos.

« L’équipe de la deuxième période à Rennes ressemblait à celle de la première partie de championnat » M.Bielsa

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Attention, individuellement, le jeune argentin n’a pas non plus apporté tant que ça sur le terrain. Par contre, il a peut être rappelé à tout le monde qu’il fallait se remettre à courir si l’on voulait garder sa place. Que l’urgence devait être l’état normal du joueur marseillais sur le terrain. On a retrouvé des attitudes « arrachées » et« arracheuses ». L’altercation entre Payet et Thauvin ou le « croquage » de Gignac peuvent même être interprétés comme des retours de l’investissement dans le compartiment offensif.

Pendant un gros quart d’heure il a été difficile de ressortir la balle côté rennais. Ils l’ont tout de même réussi quelques fois, se procurant même une quasi occaz’ mais au prix d’une maîtrise technique énorme et d’un engagement maximal. Bref, ce qu’il fallait mettre face à l’OM en première partie de saison. Aux antipodes de l’action qui amena le but rennais sur laquelle Armand dans un fauteuil adresse un long ballon vers Pajot, lâché par Lemina, qui remet la gonfle à un Toivonen, seul dans l’axe car libéré de Morel parti couvrir la négligence de son 6. En cette seconde période, Armand aurait d’abord dû se libérer d’un pressing qui l’aurait sans doute pousser à relancer plus hâtivement et donc plus approximativement.

Bref, les marseillais n’étaient plus fatigués. Mais ne l’ont-ils jamais été ?

gignac-payet

LE CONFORT, ENNEMI DU SYSTÈME BIELSA

Haaa, la fatigue! A coup sûr, ils ont pu facilement distiller cette excuse bidon à une presse toute heureuse d’enfin percevoir des résultats à son long travail de sape. « Dimitri, on a vu des joueurs très fatigués après le match ? Vous êtes fatigués ? Non, allez, cramés ? Carbos ? Sur les rotules ? »

La vérité est ailleurs. Et même sans Mulder et Scully, on peut deviner au contraste entre les deux périodes à Rennes qu’ils avaient tout simplement perdu l’envie de se bouger. Surtout ceux de devant sachant l’embarras dans lequel était leur coach au moment de les remplacer. Au mois de Janvier, Marcelo devait remplir 4 cases sur sa feuille de match avec seulement 4 joueurs valides et… 2 évoluant au même poste : Gignac et Batshuayi. Plus Thauvin et Payet. Pas vraiment de quoi se sortir les doigts du… Or le système de jeu made in Bielsa demande à ces joueurs un dépassement de soi permanent bien peu compatible avec ce confort.

Même Gignac a pu se sentir délesté de la concurrence une fois que Michy ait effectué quelques rentrées anonymes. A la place d’être au service de l’équipe, ils ont commencé à sentir que l’équipe devait leur être redevable. Si l’on ajoute au tout, le non-décrochage au classement, y’avait vraiment plus de quoi se mettre le feu.

Pas un hasard si les meilleurs performances du quatuor offensif se situent entre Septembre et Novembre lorsque Alessandrini, Barrada et Michy rendaient les places de titulaires plus fragiles et le leadership en L1 ne ressemblait encore qu’à une douce utopie en train de prendre forme. Pas un hasard non plus si Bielsa avait exprimé sa grande déception à l’idée d’avoir un groupe de joueur si restreint bien loin des « 22 joueurs de même niveau » qu’il réclamait. Et finalement pas un hasard de voir les deux pires périodes (Août 2014/Janvier 2015) de l’Olympique de Marcelo coïncider avec les mercatos estival et hivernal.

DJA DJEDJE ET MOREL, INTOUCHABLES II

Ocampos a donc ramené un peu de monde devant et par la même occasion un regain de forme aux « installés ». Dès lors que les efforts sont faits sérieusement en première ligne et spécialement sur les côtés, la machine peut se relancer.

Dès le début de seconde période en Bretagne, on a par exemple retrouvé trace d’un Mendy offensif. Il faut dire qu’il pouvait enfin anticiper grâce au pressing que l’on faisait devant lui. A y regarder de plus près, le latéral gauche est devenu en quelque sorte le baromètre de l’équipe. Échaudé par ses deux trois bourdes en début de saison, il ne s’avance plus désormais que s’il sent l’équipe bien en place. Cible facile pour les médias (kikou Di Méco), le TT 2.0 est extrêmement concentré à chaque match.

Exemples suprêmes de ces marseillais s’arrachant tous les week ends car permanemment sous le feu des critiques, Morel et Dja Djédjé, ne connaissent pas la crise en ce mois de Janvier. Habitués à payer le moindre écart au centuple, ils n’ont pas relâché leurs niveaux d’exigence et en récoltent les fruits. Il y a quand même un paquet de « « spécialistes » » qui ont réussi à trouver inquiétant le fait que le meilleur marseillais contre l’ETG fut Morel. Hé ouais Jérem’ même quand t’es bon, c’est parce que les autres sont nuls.

Les multiples retours et l’arrivée d’Ocampos devraient faire le plus grand bien à une escouade enfin sur le point de retrouver un banc avec une moyenne d’âge supérieure à celle d’une classe de Première STT. La CAN, pas encore complètement digérée, pourrait continuer à poser problème. Ceci dit quelque chose nous dit que les semaines à venir pourraient être plus joyeuses à la Commanderie…. A suivre

Auteur : Mourad Aerts

Joue en troubadour sur tout le front de l'attaque. Amoureux du foot et de ce qu'il représente partout dans le monde

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