OM-FCGB : où en sont nos âmes en peine ?

29
octobre
2016

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Catégorie : Ligue 1

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L’an passé ici même sur APP, nous vous parlions de nos deux clubs de cœurs respectifs, Marwen et moi. Avant un OM-Bordeaux qui s’est révélé d’une tristesse infinie (0-0). La seule action du match, bien malheureuse, s’est jouée en tribunes avec le courant des Kops marseillais, enflammés, révoltés contre la tournure des événements prise par un club qui est bien plus que ça. Nous devons bien l’avouer. Ces derniers ont crée un mouvement de foule dantesque pour nous, spectateurs ébahis. Presque six mois ont passé. Qu’en est-il, aujourd’hui, de nos âmes en peine ?

Au niveau social : entre espoirs et lamentations

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La vague oscille toujours côté Bordeaux. Dans le creux, nous avons un club vide de sens et d’esprit. Avec un stade magnifique et même primé pour sa beauté, il n’en reste pas moins qu’il sonne creux. Ô combien creux. L’affluence peine à accrocher les 50% pour une enceinte qui peut contenir jusuq’à 42000 fous furieux prêts à haranguer toute une ville, un écusson, une passion. Malheureusement, cette dernière phrase relève de l’utopie. Partagé entre la haine et la compréhension, les équations qui traversent mon maigre esprit arrivent toujours au même point. L’alignement des planètes ne se fera pas de sitôt. Voir un stade plein et plein de passion ne semble pas coller avec les valeurs d’un club historique de Ligue 1.

Histoire, justement, telle est la notion qui nous fait défaut. Probablement. Du moins, elle n’aide pas à penser notre futur. Un peu comme avec un OM “à jamais les premiers”, Bordeaux se révèle être encore plus conservateur de son histoire. Quand il s’agit d’argumenter autour du bilan actuel (et je dis bien actuel) des Girondins, les arguments pleuvent sur “vous n’avez pas eu Gourcuff au top, vous” ou “vous n’avez pas eu Zidane, vous”. Oui, certes, le passif plus ou moins lointain est ô combien glorieux. Le Bordeaux-Milan sent toujours aussi bon quand on s’approche de Chaban-Delmas. Mais aujourd’hui, nous sommes à Gallice ou au Matmut Atlantique et le présent, l’avenir semble aussi moroses qu’une fleur perdant sa couleur à l’approche de l’Automne. Il suffit de voir le microcosme crée à Nice. Il ne semble pas si loin pour nous, bordelais. Mais il est au final à des années lumières de l’enseigne FCGB puisque, oui, le fanion de l’OGCN est, à l’heure actuelle, bien plus intéressant que le nôtre. Espoirs, enfin, puisque l’entraîneur Jocelyn Gourvennec et sa perspicacité ne feront pas de mal au club.

Côté marseillais, en revanche, bien des choses se sont déroulées depuis le dernier OM-FCGB. Une tempête, ou plutôt une tornade est passée sur Marseille et les supporters phocéens, fidèles à leurs réputations, ont fait souffler un vent de révolte aussi puissant que le mistral qui fouette la cité millénaire durant les journées d’automne et d’hiver. Ici aussi sur les rives de la Méditerranée, comme sur les bords de l’Atlantique, un merveilleux écrin accueille les matchs. Ce Vélodrome si beau que la France entière a adopté un soir de juillet 2016 lors de la demi-finale contre l’Allemagne. Mais comme à Gallice, le Vélodrome sonne creux, terriblement creux depuis le début de la saison. A Marseille, la ferveur semblait s’être éteinte en début de saison tant le stade était clairsemé. Seuls les virages faisaient quelque peu honneur à la fièvre marseillaise. A l’inverse des tribunes latérales bien souvent au trois quarts vides. Bien de l’énergie a été mise depuis le début de la saison pour exiger le départ de MLD, considérée comme la fossoyeuse de nos ambitions.

Mais à Marseille souffle aujourd’hui le vent du renouveau. MLD s’en est allée, Franck McCourt est arrivé et le match face à Bordeaux sera le premier de cette nouvelle ère à domicile. On sentait que le brasier n’était pas réellement éteint. On sentait qu’il ne lui faudrait qu’une étincelle pour se rallumer et enflammer de nouveau l’enceinte du Boulevard Michelet. Malgré toutes les difficultés, les virages ont répondu présents, ont soutenu leur équipe à domicile comme à l’extérieur en attendant de jours meilleurs. Dans ce début de saison bien morose des Ciel et Blanc, dans cet hiver sportif survenu en plein milieu de la torpeur estivale, nous nous raccrochions à l’espoir de la vente mais aussi à la série d’invincibilité au Vélodrome. Un rêve un peu fou au regard de l’effectif a commencé à poindre dans nos rangs, celui de faire de notre enceinte une forteresse imprenable cette saison. Le Vélodrome était loin d’être mort, il promet d’être vivace et brûlant dimanche soir alors que 55 000 personnes sont attendues. Pour la première de Garcia, McCourt et Heyraud à Marseille, la ville se parera de ses plus beaux habits et ira danser dans l’innocence de la passion retrouvée.

Au niveau sportif : du mieux, vous êtes sûrs ?

A Bordeaux, nous avons connu la grande lessive attendue depuis si longtemps. Exit les indésirables (Sané, Yambéré, Poko, and co.) et un nouveau cycle s’est lancé. Immanquablement. L’arrivée de Gourvennec et son élan de pragmatisme ont insufflé un vent nouveau dans un club qui s’enfonce de plus en plus dans le néant médiatico-sportif. Sur le plan du jeu, pur, il y a un mieux. Léger mieux. Comme avec Sagnol, Bordeaux a bien démarré sous les ordres de l’ex-coach de Guingamp. En dehors de la lourde défaite (4-1) à Toulouse qui nous a rapidement mis l’idée en tête que nouveau cycle ne veut, au fond, rien dire sur le court terme. Fini l’emballement, fini les espoirs. La réalité est telle que l’effectif, pourtant bien plus séduisant que les saisons passées, pâtit d’un soupçon de folie, d’effervescence. Le recrutement seul de Ménez n’est pas une fin en soi.

Gourvennec est arrivé avec ses principes, son 4-2-2-2 en phase offensif et son 4-4-2 en phase défensive. Quoi de plus “classique” ? Il n’empêche que souvent, désormais, les attaques sont prévisibles voire stéréotypées. Le seul vrai joueur créatif du quatuor offensif s’appelle Malcom. Et Malcom, justement, connaît une baisse de forme depuis deux semaines. Les résultats s’en suivent. Ounas reste un profond individualiste (malgré sa bonne volonté évidente), Rolan est intermittent, Ménez reste effacé dans la construction. Il n’y a que le brésilien pour apporter ce frisson pour dresser un poil bien terne.

Ne nous mentons pas, à Marseille l’inquiétude était palpable au début de la saison au regard de l’effectif très juste en termes de qualité et de quantité. Une seule véritable pointe, un seul véritable arrière droit, un seul véritable arrière gauche et pas des cadors. Beaucoup à Marseille se demandaient si notre club n’allait pas jouer pour sa survie jusqu’à la dernière journée. Et les deux premiers matchs sont venus le confirmer. Le nul insipide face à Toulouse au Vélodrome et la défaite inquiétante à Guingamp ont plongé la cité phocéenne d’emblée dans l’effroi. Un effectif limité avec en guise de coach un permanent intérimaire (ou inversez les mots) voilà de quoi faire peur. Il ne s’agit évidemment pas de jeter la pierre à Franck Passi qui a fait avec les moyens du bord pour essayer tant bien que mal de proposer quelque chose. Peut-on réellement en vouloir à un entraineur néophyte de faire des erreurs ? Décemment pas.

C’est pourquoi il faut rendre hommage au soldat Passi envoyé au front avec un cure dent et une fourchette. Finalement, il me fait un peu penser à ces tirailleurs que l’on envoyé se jeter dans la machine infernale durant la Première Guerre mondiale. Voilà une semaine que nous avons un nouveau chef à bord en la personne de Rudi Garcia et le changement est déjà saisissant. A Paris il a su s’adapter (chose que n’a jamais faite Passi qui au contraire subissait le match) pour rapporter un point de la capitale. A Clermont, il a mis en place une composition osée qui a porté ses fruits, l’OM ayant sans doute effectué sa meilleure mi-temps depuis l’ère Bielsa. Alors évidemment tout ne va pas changer du jour au lendemain, Rudi Garcia n’est pas un magicien et il n’a pas de baguette magique. Mais sur ce point-là aussi l’espoir est revenu. Le recrutement d’Andoni Zubizarreta au poste de directeur sportif va également dans ce sens. L’OM est de retour.

Finalement, le match de dimanche pourrait bien être un symbole de la trajectoire de ces deux clubs. Le renouveau figé à Bordeaux va-t-il exploser face au vent de fraicheur qui parcourt Marseille ? Durant la saison dernière et tout le début de cette saison les courbes de morosité dans ces deux clubs étaient quasiment parallèles, Bordeaux allant un peu mieux avec l’arrivée de Gourvennec que l’OM. En cette période de primaire politique à droite, peut-être que les courbes vont définitivement s’inverser entre nos deux âmes en peine.

Auteur : Clément Finot

Clément, 18 ans, ambition journaliste sportif. Supporter et fan absolu des Girondins depuis 2007, mais surtout, de la mauvaise foi du président Triaud. Sinon, amoureux du Barca et de l'AC Milan

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