OM-FCGB : les précieuses ridicules

10
avril
2016

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Catégorie : Ligue 1

Avant cette rencontre qui s'annonce sous haute tension, nos rédacteurs pro FCGB et pro OM dressent le bilan de ces deux grands clubs en souffrance.

Cette saison, associer à ces deux clubs historiques le titre de cette pièce phare de Molière sonne comme une évidence, tellement Marseille et Bordeaux sont à côté de leurs standards. Le ridicule ne tue pas, mais il déchaîne la foudre de supporters qui n’en peuvent plus de voir un tel spectacle. D’habitude, les deux clubs, rivaux, se font la course pour accrocher un strapontin européen, en C1, ou, depuis quelques saisons, en C3. Dans ce cru 2015-2016, ils se font la course pour arriver à être dans le Top 10. Voir des formations comme Angers, Caen, Nice, se moquer de nous de loin, imaginez notre état. Comment ces deux grands clubs en sont arrivés là, avant de s’affronter dans un match au rabais ?

La démagogie présidentielle

Comment passer sous silence la responsabilité des deux présidents dans le marasme actuel que connaissent nos deux clubs ? Triaud, le président bénévole, et Labrune, le président communicant sont les deux faces d’une même réalité telle Janus.

A Marseille, la face communicante s’époumone mais n’est plus écouté. Mépris à l’égard des supporters – qui a oublié sa sortie sur les abrutis en août dernier ? – résultats catastrophiques, connaissance plus que limitée du football soit autant d’éléments qui concourent à précipiter la foudre sur le président marseillais. Désormais isolé de tous – le communiqué de presse de MLD ne laisse guère de doute sur cela étant donné l’absence de mansuétude à son égard – Vincent Labrune semble jouer la politique de la terre brûlée. Il est le symbole même de l’institution OM qui tangue comme rarement.

A quoi reconnaît-on, en effet, la fin d’un modèle ? Au fait qu’il précipite lui-même sans s’en rendre compte l’apocalypse, c’est-à-dire la révélation, et la catastrophe, c’est-à-dire le renversement. A trop vouloir jouer avec le feu, VLB s’est brûlé les ailes. Icare avait péri pour avoir osé s’approcher trop près du soleil, Labrune est en train de s’éteindre parce qu’il s’est éloigné de MLD et comme souvent, la chute est précédée d’une absurde fuite en avant.

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Avant cette rencontre qui s'annonce sous haute tension, nos rédacteurs pro FCGB et pro OM dressent le bilan de ces deux grands clubs en souffrance.

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Jean-Louis Triaud, le bénévole au grand cœur… Aujourd’hui, le grand propriétaire viticole fait plus état de son bilan passé que de son ambition future pour le club. Et c’est cette symbolique qui prouve que les Girondins de Bordeaux s’enlisent, jour après jour, dans le marasme du ventre mou. Recruter de jeunes joueurs venant de partout dans le monde ne signifie pas que le club va retrouver ses lettres de noblesse. Comme il le dit si bien, recruter un talent ne veut pas dire qu’il va s’épanouir sous nos couleurs.

La preuve en est avec Mauro Arambarri, encore une fois laissé en CFA. Cette saison est une saison de plus dans l’essoufflement perpétuel qui dure depuis la première partie de saison du cru 2009-2010. Où, pour rappel, Bordeaux comptait quinze points d’avance sur l’OM à la trêve de Noël. On ne va pas refaire l’histoire.

Autre argument qui montre du doigt qu’il commence à être au bout de son pouvoir. Son hilarité à la sortie du piètre GFCA-FCGB perdu 0-2 explique bien son manque de qualité dans une communication de fait, irritante. Si Labrune est associable à Icare, nous pouvons assurer qu’à Bordeaux, Jean-Louis Triaud n’est ni comme le vin, ni comme Benjamin Button, il ne se bonifie pas avec le temps.

L’échec de deux entraîneurs

Michel, Willy Sagnol… Deux entraîneurs qui ont plus ou moins lamentablement échoué sur leurs bancs respectifs.

Sagnol, arrivé à l’été 2014, est venu à Bordeaux dans la peau du coach novice ayant un passé glorieux. Le parallèle à Laurent Blanc est vite venu à nos têtes encore blessées depuis les conséquences d’un titre en 2009, titre qui nous a fait plus de mal qu’autre chose, finalement. Un premier discours au Haillan ambitieux, où l’offensif et le spectacle sont les leitmotivs de l’ancien latéral droit des Bleus. Après une première saison convaincante où les Girondins ont inscrit 63 points, cette année de la confirmation a plus rimé avec consternation.

Une qualification en Europa League plus que laborieuse, un premier match de championnat perdu, à domicile, contre Reims… Le début a donné le ton de la suite. Jusqu’à mi-Novembre, les valises se sont enchaînées au fil des week-end. Neuf, inutile de les citer, mais neuf déroutes collectives qui n’ont débouché sur rien, si ce n’est des déclarations bateau “on fait de la merde, on va se remettre au travail et tout donner contre une bonne équipe”. Rapidement, Sagnol a semblé désemparé par la situation ambiante à Bordeaux. Une nouvelle fois, la stat’ affligeante du nombre de compositions d’équipe différentes (86) par rapport au nombre de rencontres qu’il a dirigé (88) explique à quel point Sagnol a échoué. La stabilité a été le gros point noir de son passage sur le banc girondin.

Si l’instabilité tactique a été de mise à Bordeaux, on ne peut pas en dire autant à Marseille. Et pourtant, les résultats sont les mêmes, sinon pire.

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Sourire ultra bright, costume impeccable, regard charmeur envers les journalistes et première victoire écrasante, voilà comment Michel, en une semaine, a conquis la presse française, ravie voir débarquer l’anti-Bielsa sur le boulevard Michelet. Malheureusement, notre ami espagnol est un anti-Bielsa jusqu’au bout à la fois dans son rapport à la presse, dans sa manière de toujours se défausser et dans son absence totale de management ou d’intelligence tactique. Nous avions El Loco, nous voilà avec El Calimero, Monsieur ce n’est pas ma faute.

Nous avions un Vélodrome imprenable ou presque l’an passé, nous voilà avec toujours ce Vélodrome imprenable cette année. Le seul problème, c’est qu’il est imprenable pour nous. 6 mois sans victoire à domicile – un triste record pour Michel qui disait vouloir marquer l’histoire du club et qui l’a assurément fait. Tel le ying et le yang de la médiocrité, Sagnol et Michel se répondent parfaitement. Frilosité frileuse contre instabilité instable pour un même résultat pathétique et grotesque. Si l’OM et les Girondins sont les précieuses ridicules, elles le doivent en partie à leur metteur en scène.

La désinvolture des joueurs

Responsabiliser l’entraîneur est une conséquence logique en temps de crise. Mais à Bordeaux, les joueurs n’ont pas assez appris de leurs erreurs. Chaque partie “abordable” pour les Girondins a débouché sur un spectacle de cirque.

Toulouse qui n’a pas mis un pied devant l’autre pendant trois mois se retrouve à taper son ennemi de la Garonne quatre buts à zéro, ayant face à elle une opposition méprisante. Même les actuels dix-huitièmes de Ligue 1 se sont moqués du club au scapulaire. Reims, qui n’a pas gagné chez lui depuis des lustres avant la réception… des Girondins, avec lesquels ils se sont amusés, quatre buts à un. Pour citer un dernier exemple, prenons simplement le Lille-Bordeaux, demi-finale de Coupe de la Ligue. Le “match de la saison” annoncé par Willy Sagnol. Résultat : 5-1, contre une formation lilloise qui n’avait jamais mis plus de deux buts en Ligue 1 avant cette partie. Difficile d’incriminer le coach, qui avait pris ses responsabilités (en sortant Poko dès la 25e, lui qui prenait des litres de bouillon par Boufal).

Les joueurs n’ont jamais été, collectivement, à la hauteur des événements importants, cette saison. Ils ont même démissionné assez vite, dans la préparation des matchs ainsi que dans les rencontres en elles-même. Dès qu’ils prenaient deux buts, la défense ouvrait grand les écoutilles. Aujourd’hui, rassurons-nous, ça va un peu mieux. Reste à savoir ce qu’ils vont être capable de donner dans une rencontre aussi importante que celle qui se profile dimanche, contre l’ennemi juré, l’Olympique de Marseille. Espérons que l’électrochoc Ramé perdure.

D’électrochoc il n’y en eût pas sur les bords de la Méditerranée tant l’encéphalogramme demeure plat et la vie insipide.

Oui nous avons le sentiment que les joueurs se foutent de nous et participent au joyeux bordel ambiant. Lorsque Mendy explique aux supporters qu’il continuera à aller en boite et que c’est comme ça, lorsque Cabella se branche sur Periscope à 3h du matin deux jours avant un match, lorsque plusieurs joueurs font les pitres sur les photos à l’entrainement alors que la situation est dramatique, les supporters se retrouvent chauffés à blanc.

Pas une victoire depuis 6 mois à domicile et il y a encore quelques semaines nos mastres, aussi déconnectés de la réalités que nos chers dirigeants politiques, venaient nous expliquer la bouche en cœur que l’objectif était le podium alors que leur niveau de jeu abyssal ne leur permet même pas d’être assuré du maintien dans une Ligue 1 médiocre comme jamais. L’électrochoc, en revanche, ce sont les supporters qui le subissent de plein fouet match après match tant les prestations ridicules de nos chers messieurs nous couvrent de honte. Même Mandanda et Diarra sont à bout de nerfs et n’en peuvent plus du comportement en dilettante de leurs partenaires. Comment ne pas évoquer le premier quart d’heure d’OM-Rennes, véritable climax ? Nous pensions avoir touché le fond, ils nous ont montré que nous creusions encore.

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Avant cette rencontre qui s'annonce sous haute tension, nos rédacteurs pro FCGB et pro OM dressent le bilan de ces deux grands clubs en souffrance.

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Nous l’avons vu, nos précieuses ridicules nous donnent des cheveux blancs, de l’hypertension et du fil à retordre cette année. Et pourtant, les supporters sont toujours là. Irrationnel me direz-vous ? Tout à fait. Il y a, dans la condition de supporter, une certaine forme de masochisme et de naïveté puisque match après match nous espérons le réveil. Celui-ci ne vient pas et nos illusions envolées ont laissé place à la peur de la catastrophe. Faut-il se taillader les veines pour échapper à cet honteux spectacle ? Il vaut mieux en rire, puisque « rire est le propre de l’Homme » comme le dit le Gargantua de Rabelais.

Auteur : Clément Finot

Clément, 18 ans, ambition journaliste sportif. Supporter et fan absolu des Girondins depuis 2007, mais surtout, de la mauvaise foi du président Triaud. Sinon, amoureux du Barca et de l'AC Milan

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