Nicolas Tourriol (CANAL+) : “Le commentaire est une musique qui varie beaucoup selon le support”

14
novembre
2013

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Catégorie : Interview

Présentateur des décodeurs et commentateurs de la Ligue 1 pour Canal+, Nicolas Tourriol à accepter de répondre aux questions d'Au Premier Poteau.

Il est d’un naturel discret, et s’épanche donc rarement dans les médias. Nicolas Tourriol (28 ans) est un des journalistes les plus en vue du service des sports de CANAL+, puisqu’il présente les Décodeurs sur Infosport+ la semaine et commente la Ligue 1 pour Jour de Foot sur CANAL+ le week-end. L’homme le plus célèbre de Cadillac a donc fait une petite fleur à Au Premier Poteau. Il se confie donc ici, entre Cyril Linette, Salif Keita et… Pontus Wernbloom.

“Comment est-ce que tu entres à Infosport+ ?

J’y suis arrivé il y a bientôt quatre ans, en provenance de Radio France. J’ai eu l’opportunité de venir à Paris faire des tests pour des sujets. Cela s’est bien passé, donc j’ai pu commencer à piger pour Infosport+, qui s’appelait encore à l’époque Infosport, début 2009.

Tu vis tes premières Matinales Sport avec Isabelle Ithurburu et Sophie Ferracci.

Oui ! Je me suis directement bien entendu avec elles d’ailleurs. Deux femmes pleines de vie, avec lesquelles j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler. J’ai toujours de bons contacts avec elles évidemment.

Comment intervient la proposition de passer sur la Premium ?

A l’été 2012, à la suite d’un entretien avec Cyril Linette (le directeur des sports du groupe CANAL+, ndlr), ce dernier m’a proposé de travailler sur le Canal Champions Club, en compagnie de Nathalie Iannetta. J’étais bien évidemment surpris : je sortais à peine des directs matinaux sur Infosport de la Coupe du Monde de rugby néo-zélandaise, j’effectuais des remplacements sur les Décodeurs, Sports week-end et j’étais déjà très heureux de ma situation. Proposition extraordinaire que j’ai bien évidemment accepté ! Cela n’a duré qu’un an mais j’ai énormément appris. Je commente aussi depuis lors des matches pour Jour de Foot le samedi soir.

NICOLAS TOURRIOL

Tu as enchaîné en janvier dernier avec Jour de CAN pendant la Coupe d’Afrique des Nations sud-africaine. Tu connaissais le football africain ?  

Oui ! Mon père a vécu plus jeune au Cameroun et au Mali, où il a joué avec Salif Keita, une des légendes du football africain (ancien joueur de Saint-Etienne et de Marseille, ndlr). Je me souviens aussi avoir vibré lors des Coupes du Monde de 1990 et 1994 pour les Lions Indomptables. Donc quand la proposition conjointe de Karim Nedjari et Laurent Jaoui est tombée, je n’ai pas hésité. Je considérais que c’était une bonne occasion de progresser (et ce fut le cas), puisque c’était quasiment une quotidienne d’un mois auprès de références comme Rigobert Song, Patrick Mboma ou Pape Diouf. Un grand merci d’ailleurs aux sélections burkinabé et malienne, qui nous ont permis de pleinement vivre l’événement de l’intérieur via nos envoyés spéciaux. Le niveau était certainement hétérogène, mais on a tout de même pris beaucoup de plaisir en plateau.

Tu as fait du commentaire en radio, sur France Bleu Gironde notamment. Tu commentes désormais les affiches de Ligue 1 dans Jour de Foot. L’image en est bien évidemment une, mais quelles sont les autres principales différences dans la façon de faire vivre la rencontre sur ces deux supports ?

En radio, l’image c’est ta voix. Or en télévision, il faut savoir laisser parler l’image, et donc ne surtout pas la polluer. Le commentaire est une musique qui, bien sûr, varie beaucoup selon le support : en télé, tu échanges beaucoup avec le car régie et la réalisation pour les ralentis à montrer. L’objectif restant toujours le même : transmettre la passion qui nous anime et les sensations qu’on ressent dans le stade.

“La présentation est une véritable passion pour moi”

 

Tu as gardé un pied sur Infosport+, avec la présentation des Décodeurs : souhait de ta part ?

Oui, un peu. La saison passée, j’oeuvrais dans trois fonctions différentes : le CCC en tant que co-présentateur, Jour de Foot comme commentateur et l’Equipe du Dimanche et le Canal Football Club pour les sujets. Et en fin de saison, en discutant avec Cyril Linette, on s’est dit que les Décodeurs pouvait être un bon exercice pour moi car 22h30 le soir, c’est le carrefour : la fin des matches, des images fraîches, les interviews d’après-match…. Je ne cache pas aussi que la présentation est une véritable passion pour moi, et que cela m’avait manqué la saison dernière. Donc pouvoir donner la parole à des David Berger, Sébastien Dupuis, Philippe Fleys, Philippe Groussard ou encore Margot Laffite, pour « décoder » les images puisque on en a les droits, c’est idéal et ce n’est que du plaisir personnellement. Les Décodeurs, c’est vraiment l’émission que j’affectionne.

Qu’est-ce qui te plaît dans l’exercice de la présentation ?

Ce que j’aime, c’est que bien que tu aies préparé rigoureusement ton émission, tes sujets d’antenne, tes thèmes de débat, en direct (de surcroît dans le sport) il y souvent  une part d’imprévu. Exemple : il y a peu, en pleine émission des Décodeurs, on apprend que Nanterre s’est imposé à Barcelone en Euroligue. Et bien on a dû et on a pu enchaîner directement là-dessus, en totale improvisation, avec notre consultant Geoffroy Garétier. J’aime quand c’est préparé mais qu’il y a de l’imprévu quand même ! (rires)

Quelles sont tes références dans le métier ?TOURRIOL 3

Difficile de ne pas dire Hervé Mathoux. Pour moi c’est le meilleur, tout simplement ! Au niveau des commentateurs, Thierry Gilardi et Philippe Bruet sont des voix qui m’ont marqué étant jeune. Après, un présentateur comme Denis Brogniart, j’ai l’impression que quelque soit l’évènement sur lequel tu le mets, ça va rouler. Quand tu le vois à l’écran, ça parait simple ! Et quelqu’un comme Thomas Thouroude, je sais que si je me pose sur le canapé pour le regarder, je passerai forcément un bon moment. Dans un autre style, j’aime bien Messaoud Benterki pour ce qu’il dégage. Quant à lui, Thierry Ardisson a un style unique que j’apprécie également beaucoup.

Tu as récemment commenté l’équipe de Suède.  Elle affrontera en barrages le Portugal pour ce qui sera une des affiches de ces matches couperet. Elle était d’ailleurs adversaire potentiel de l’équipe de France. Comment l’as-tu trouvée, et quels sont ses points forts ?

Je les ai effectivement commentés en août, lors d’un match amical contre la Norvège (victoire 4-2 des Suédois, ndlr). Hormis l’extraterrestre Ibra, Kim Kallström est toujours aussi bon qu’à l’époque lyonnaise. Mais il y a un joueur qui m’a beaucoup plu : c’est Pontus Wernbloom, le milieu de terrain du CSKA Moscou. Au niveau box-to-box comme on dit, c’est pas mal : il a du coffre et un abattage très intéressant.

Pour finir, que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Que la santé aille pour moi et mes proches, et que la vie soit belle ! (rires) J’espère continuer à m’éclater et à progresser sereinement au sein de cette fantastique maison qu’est le groupe CANAL+ .”

Crédit photos : Philippe MAZZONI/Daniel BARDOU/Maxime BRUNO

Propos recueillis en exclusivité pour Au Premier Poteau par Bruno AHOYO. Mention obligatoire.

Auteur : Bruno Ahoyo

Journaliste. Belge. J'adore le sport, l'histoire, la culture et les médias.

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