#NeTuezPasLeFoot : Quand la LFP accuse les supporters de son propre crime

14
décembre
2016

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Catégorie : Ligue 1

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Une semaine après les jets de pétard qui ont visé Anthony Lopes lors de Metz – Lyon, la Ligue s’est lancée dans une vaste opération “d’apaisement” à travers le hashtag #NeTuezPasLeFoot. Arboré sur les t-shirts des joueurs à l’échauffement, ce slogan n’a en réalité fait qu’alimenter la surenchère médiatique.

L’exploitation malsaine d’un incident exceptionnel

Nous n’allons pas vous relater une énième fois les faits qui se sont produits au stade Saint-Symphorien le 3 décembre dernier, en marge de la rencontre Metz – Lyon. Si vous suivez un temps soit peu le foot, vous connaissez les images par cœur. Normal, médias et réseaux sociaux n’allaient pas se priver de nous passer en boucle une scène qui peut susciter la polémique, d’autant plus quand celle-ci est provoquée par la méchante secte des tribunes populaires. Si les coupables ont agi de manière stupide – ils seront d’ailleurs condamnés à juste titre pour cela – la réaction de la LFP avec son mot-dièse #NeTuezPasLeFoot l’est presque tout autant.

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D’abord parce qu’elle généralise à l’ensemble des supporters l’action de 2-3 individus décérébrés. Cela va peut-être étonner les têtes pensantes de la Ligue mais, NON, tous les passionnés ne se rendent pas au stade avec l’idée de balancer des engins pyrotechniques sur le gardien adverse ! En outre, une telle initiative ne risque pas de réchauffer les relations entre groupes ultras et instances dirigeantes. Pire, elle apparaît même comme une provocation, alors que la politique de répression de la LFP n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui.

Qu’est-ce que tuer le foot ?

En effet, nous vivons une époque où les tribunes ont de plus en plus de mal à se remplir. On peut regarder la situation avec des œillères, comme le font certains, et rejeter la faute sur le contexte économique actuel. Ou alors, faire la liste de tout ce qui participe à la désertification de nos stades, et provient finalement d’un épicentre unique : la LFP.

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Car tuer le foot, c’est d’abord multiplier les matchs aux horaires improbables, en milieu de semaine ou le vendredi : bref, quand les gens travaillent. Tuer le foot, c’est interdire de déplacement des supporters qui ne demandent qu’à soutenir leur équipe dans un derby. Tuer le foot, c’est censurer les revendications des Ultras. Enfin, tuer le foot, c’est aussi priver un club de sa montée en Ligue 2, gagnée sur le terrain (RIP Luzenac).

Comme un symbole du raisonnement absurde de la Ligue, l’une des plus belles tribunes de France a été fermée en ce week-end où il ne fallait surtout pas assassiner le ballon rond ; il s’agit du kop nord de Saint-Etienne, où résident les Magic Fans depuis 25 ans. Un anniversaire qu’ils ont fêté avec trop de fumigènes au goût de la LFP, alors que la France du foot avait salué de façon unanime les superbes animations proposées par ce groupe, à l’occasion du match ASSE – Monaco.

Par sa réflexion binaire, la maison mère du football professionnel français s’est donc une nouvelle fois tournée en ridicule. A la tête de celle-ci, Nathalie Boy de la Tour voit alors se dessiner l’un des grands défis de son mandat : entamer une procédure de reconsidération des supporters, sans laquelle le football hexagonal pourrait vraiment mourir.

Auteur : Boris Daube

Supporter inconditionnel du TFC, je consomme le foot sans modération. In Paul Pogba I trust.

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